Le Parti libéral suspend sa menace de poursuite contre Paul St-Pierre Plamondon
Le Parti libéral du Québec a annoncé jeudi qu'il ne donnait pas suite, pour l'instant, à sa menace de poursuivre Paul St-Pierre Plamondon. Le chef du Parti québécois avait récemment employé l'expression « crime organisé » pour désigner la formation politique, une sortie qui avait immédiatement suscité une mise en demeure et la perspective d'une action en justice.
Cette décision de temporiser survient alors que M. Plamondon multiplie les critiques acerbes à l'Assemblée nationale. Le 6 mai, lors de la réplique au discours d'ouverture, il avait fustigé le bilan économique du gouvernement, parlant de croissance anémique et de subventions perdues, tout en dénonçant le déclin du français. Le 4 juin, il est revenu à la charge sur la question linguistique, déplorant le report à 2028 de l'exigence du niveau 4 de français pour les immigrants. Le 9 juin, il a critiqué l'augmentation de 375 % des immigrants temporaires sous la Coalition avenir Québec et les « débordements extrêmes » dans les écoles de la capitale.
Ces interventions, principalement dirigées contre le gouvernement caquiste, illustrent le ton combatif adopté par le chef péquiste. La charge contre le PLQ, hors de l'enceinte parlementaire, a poussé les libéraux à réagir vivement. Si aucun motif officiel n'a été fourni pour expliquer le report de la poursuite, ce répit laisse planer l'incertitude sur la suite des relations entre les deux partis d'opposition.
Le climat de tension ne se limite pas aux déclarations publiques. Dans l'hémicycle, les lignes de fracture se sont récemment matérialisées autour du projet de loi n° 2, qui reconduit pour cinq ans la clause dérogatoire permettant d'exclure la Charte de la langue française de l'application des chartes des droits. Le Parti québécois a appuyé la mesure, alors que le Parti libéral a vote contre, dénonçant une atteinte aux droits fondamentaux. Cet échange a rappelé les profondes divergences sur l'identité et la langue, thèmes de prédilection de Paul St-Pierre Plamondon.
Pour l'heure, le chef péquiste n'a pas retiré ses propos, et les libéraux se réservent le droit de relancer leur démarche judiciaire. En attendant, rien n'indique que les passes d'armes verbales s'apaiseront, que ce soit au Salon bleu ou sur la place publique.