SumInfo

Séance du 4 juin 2026

M. Fontecilla
8%
Mme Maccarone
7%
Mme Gentilcore
7%
Mme Garceau
7%
M. Tanguay
6%

Résumé & points clés

11 cartes

Résumé de la séance

La séance de l'Assemblée nationale du Québec du 3 juin 2026, présidée par la vice-présidente, a débuté par des déclarations de députés soulignant des anniversaires d'organismes et des hommages. Le projet de loi n° 8, encadrant la langue d'enseignement en formation professionnelle et aux adultes, a été présenté. La période de questions a été dominée par les critiques de l'opposition sur la perte de 130 000 emplois à temps plein sous la CAQ, le recul de la productivité, la dette de la SAAQ, la position ambigüe du gouvernement sur les énergies fossiles, le déclin du français et le refus de prolonger le moratoire sur les évictions. Le gouvernement a défendu son bilan en évoquant le contexte tarifaire et ses actions. Des motions sans préavis ont été adoptées, notamment sur la loi 79 (enfants autochtones disparus), la Semaine des personnes handicapées et le personnel politique. Les crédits budgétaires 2026-2027 ont été adoptés. En soirée, les principes de plusieurs projets de loi ont été adoptés : le projet de loi n° 3 sur la carte électorale (adopté avec l'appui transpartisan), le projet de loi n° 4 (loi Gabie Renaud) sur la protection des partenaires intimes, le projet de loi n° 22 bonifiant les pouvoirs des municipalités, le projet de loi n° 24 contre l'usurpation d'image, et le projet de loi n° 23 réformant la loi P-38 sur la santé mentale (adopté sur division).

Projet de loi n° 3 — Loi visant à assurer la représentation effective des électeurs

Le débat sur le projet de loi n° 3, visant à assurer la représentation effective des électeurs, a été marqué par un large consensus transpartisan. Les députés de la CAQ, du PLQ, de QS et du PQ ont souligné la nécessité de préserver les circonscriptions de la Gaspésie et de l'île de Montréal, menacées de disparition par la dernière révision de la carte électorale. Pour y remédier, le projet de loi porte le nombre total de circonscriptions à 127, en maintenant 12 circonscriptions de l'ancienne carte (4 en Gaspésie–Bas-Saint-Laurent, 8 à Montréal) et en entérinant le reste de la nouvelle délimitation. Il prévoit aussi la création d'un comité indépendant chargé de moderniser les critères de délimitation. En opposition, le député de Saint-Jérôme et la députée de Rimouski ont critiqué l'ingérence des parlementaires dans un processus qui devrait relever de la Commission de la représentation électorale, invoquant l'État de droit et le manque de consultations. Le principe du projet de loi a été adopté sur division.

Reprise du débat sur la motion de la première ministre proposant que l'Assemblée approuve la politique générale du gouvernement et sur les motions formulant un grief

Dans ce débat parlementaire, les députés d'opposition critiquent sévèrement le gouvernement caquiste pour sa gestion financière, qualifiée de dépensière et inefficace, avec un déficit record, une décote de crédit et des gaspillages comme Northvolt et SAAQclic. Ils dénoncent la détérioration des services publics, notamment en santé, éducation et violence conjugale, et l'absence de résultats concrets après huit ans au pouvoir. La nouvelle première ministre est perçue comme poursuivant les mêmes politiques. Des motions de grief sont déposées par le Parti libéral (gestion et services), le Parti québécois (économie interventionniste) et le député des Îles-de-la-Madeleine (urgences). Le PLQ se positionne comme alternative avec Charles Milliard, promettant rigueur et services, tandis que le PQ propose une réduction des subventions et une baisse d'impôt pour les PME. Les votes sur les motions sont reportés.

Souligner le cinquième anniversaire de la mise en oeuvre de la Loi autorisant la communication de renseignements personnels aux familles d'enfants autochtones disparus ou décédés à la suite d'une admission en établissement

L'Assemblée nationale souligne le cinquième anniversaire de la mise en œuvre de la Loi n° 79, qui permet aux familles d'enfants autochtones disparus ou décédés après une admission en établissement d'accéder aux renseignements personnels. Les intervenants, dont le ministre M. Lafrenière et les députés de l'Acadie, Jean-Lesage et Jean-Talon, ont salué le travail des organisations Awacak — Petits êtres de lumière et de la Direction du soutien aux familles, ainsi que l'approche transpartisane. Actuellement, 142 familles sont accompagnées à la recherche de 239 enfants. La motion, adoptée à l'unanimité, a été suivie d'une minute de silence. Les députés ont rappelé l'importance de la vérité, de la justice et de la réconciliation, et ont rendu hommage à la résilience des familles et des lanceurs d'alerte comme Anne Panasuk.

Maintien des emplois dans les entreprises québécoises

Dans ce débat, M. Fortin (opposition) critique la performance économique du gouvernement caquiste, soulignant la perte nette de 130 000 emplois à temps plein au Québec sur un an, contrastant avec les 136 000 créés en Ontario. Il accuse le gouvernement de ne pas soutenir l'industrie forestière, la construction et le jeu vidéo, pointant la suppression du crédit d'impôt pour ce dernier. Mme Fréchette (première ministre) attribue les pertes à la guerre tarifaire américaine touchant l'aluminium, l'acier, le bois d'œuvre et le manufacturier. Elle défend les mesures gouvernementales : baisse du taux d'imposition des PME (de 3,2 % à 2,2 %), abolition de la redevance forestière, réduction des coûts d'approvisionnement, fin du système d'enchères, soutien à la transformation du bois et plan énergétique de 200 milliards $ via Hydro-Québec.

Extension du moratoire sur les évictions

La députée de Québec solidaire, Mme Ghazal, interpelle la première ministre sur la crise du logement et l'augmentation de l'itinérance due aux évictions. Elle propose de prolonger le moratoire sur les évictions, en vigueur depuis 2024 et devant expirer bientôt, comme solution simple et sans coût. La première ministre, Mme Fréchette, reconnaît le problème et énumère les mesures gouvernementales : un crédit d'impôt solidarité, un programme de prévention de l'itinérance de 28 millions $ et un moratoire pilote à Montréal, Québec et Gatineau. Elle affirme vouloir évaluer les résultats avant de décider d'une prolongation, tout en soulignant les actions sur l'offre de logements abordables et l'accompagnement des personnes en situation d'itinérance. Mme Ghazal insiste sur l'urgence de la situation et demande un vote sur une motion de prolongation, mais la première ministre maintient sa position.

M. Fontecilla

M. Fontecilla intervient sur trois dossiers législatifs. Il presse le gouvernement de prolonger le moratoire sur les évictions avant la fin de la session, car les avis d'éviction pourraient commencer dès l'automne. Il salue le projet de loi n° 22 qui donne plus de pouvoirs aux municipalités, mais s'inquiète de l'extension des droits de mutation et de la gouvernance du projet Namur-Hippodrome. Il appelle à la prudence concernant les réformes du Tribunal administratif du logement (TAL). Sur le projet de loi n° 23 (réforme de la loi P-38 sur l'hospitalisation forcée), il exprime de sérieuses réserves : l'élargissement du critère de dangerosité, la fusion des gardes augmentant la détention sans contrôle judiciaire, et les risques de discrimination envers les aînés et les Autochtones. Il note que plusieurs organismes (Protecteur du citoyen, Commission des droits de la personne) ont levé des drapeaux rouges. Il juge le processus précipité et ne peut appuyer le projet de loi en l'état, mais reste ouvert aux amendements.

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Mme Maccarone

Dans son intervention, Mme Maccarone annonce que l'opposition officielle votera en faveur du principe du projet de loi n° 4 (Loi de Clare / Loi de Gabie Renaud), tout en exprimant des préoccupations. Elle souligne l'importance de l'accès à l'information pour protéger les victimes potentielles de violence conjugale, mais insiste sur la nécessité d'un projet de loi rigoureux et applicable, avec des ressources adéquates. Elle salue l'élargissement de la définition de partenaire intime et l'inclusion des mineurs de 14 ans et plus. Toutefois, elle identifie plusieurs angles morts : le manque de financement pour les maisons d'hébergement (96 % pleines), le risque de faux sentiment de sécurité (46 % des auteurs de féminicides sans antécédents), les sanctions pénales contre les victimes qui partagent l'information, le signalement automatique à la DPJ, le rôle des tiers, les délais et la charge de travail de la SQ, et l'absence de sécurisation culturelle pour les femmes autochtones. Elle appelle à une co-construction et à des ressources pérennes pour que le droit de savoir soit accompagné du pouvoir d'agir.

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Mme Gentilcore

Mme Gentilcore critique la CAQ pour ses dépenses excessives et sa gestion économique inefficace, citant les fiascos de Northvolt et Nemaska Lithium, et la faible croissance du PIB par habitant. Elle propose la vision du Parti québécois : réduire les subventions, fermer le Fonds de développement économique, et baisser les impôts des PME. Elle soutient le projet de loi n° 4 (Gabie Renaud) sur la divulgation des antécédents violents, mais souligne l'importance des ressources pour les victimes, les préoccupations sur la protection de la jeunesse, le faux sentiment de sécurité, et le rôle des tiers. Elle appelle à une campagne nationale contre la violence conjugale.

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Mme Garceau

Dans son intervention, Mme Garceau critique sévèrement le discours inaugural de la première ministre, dénonçant l'absence de changements et la poursuite de mauvaises décisions. Elle souligne le déficit record, la dette croissante et la décote historique laissés par la CAQ. Elle s'attarde particulièrement à la violence faite aux femmes, déplorant le sous-financement des maisons d'hébergement, l'augmentation des féminicides et le manque de vision globale du gouvernement. Elle accueille favorablement le projet de loi n° 4 (loi de Clare) mais critique son dépôt tardif et s'inquiète des ressources insuffisantes pour sa mise en œuvre, notamment en hébergement. Elle mentionne l'importance de l'accompagnement des victimes et la nécessité d'un financement adéquat, tout en soulevant des préoccupations concernant l'obligation de signalement à la DPJ qui pourrait dissuader les femmes de demander de l'aide.

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M. Tanguay

Dans cette intervention, M. Tanguay critique sévèrement le gouvernement caquiste, l'accusant de mauvaise gestion des finances publiques et de dégradation des services essentiels. Il cite des exemples concrets comme une dame de 71 ans incapable d'obtenir un médecin de famille, le gaspillage de SAAQclic (1,2 milliard $) et l'échec de Northvolt. Il souligne la décote de la cote de crédit du Québec sous la CAQ, contrairement aux hausses sous les libéraux. Il s'oppose au Parti québécois, qualifiant la séparation de barrière économique, et critique la proposition de déchirer l'entente avec Terre-Neuve. Il vante le leadership de Charles Milliard et la rigueur libérale pour relancer l'économie et améliorer les services. Enfin, il appuie le projet de loi n° 3 sur la carte électorale, saluant la quasi-unanimité transpartisane pour faire avancer le Québec.

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