Le parcours d'un étudiant ukrainien à Gatineau bloqué par l'immigration
Le parcours sans faute de Danylo Bahinskyi, un jeune Ukrainien établi à Gatineau, se bute aujourd'hui aux dédales administratifs de l'immigration. Alors que ses efforts scolaires devaient lui ouvrir tout naturellement les portes du cégep de l'Outaouais en ce mois de juin 2026, l'étudiant se retrouve paralysé par les rouages gouvernementaux, illustrant de manière concrète les tensions politiques qui secouent régulièrement l'Assemblée nationale sur les questions d'accueil et d'éducation en région.
Cette impasse administrative survient dans une région, l'Outaouais, dont le développement éducatif est déjà sous la loupe des parlementaires. Lors de la séance du 25 février 2026, le chef de l'opposition officielle, André Fortin, avait vivement interpellé le gouvernement de la Coalition avenir Québec sur ses engagements non tenus dans la région. Le député libéral avait alors dressé une liste de dossiers en souffrance, ciblant explicitement le cégep régional et le campus de l'Université du Québec en Outaouais, tandis que le premier ministre François Legault défendait ses choix en invoquant les investissements globaux du Plan québécois des infrastructures.
Au-delà des infrastructures régionales, le cas de ce jeune Ukrainien résonne avec les vifs débats sur les programmes d'immigration qui ont marqué cette même journée à l'Assemblée nationale. Bien que les députés aient adopté à l'unanimité une motion de solidarité envers l'Ukraine, accompagnée d'une minute de silence, la gestion des dossiers d'immigration demeure un sujet de discorde. Le député de Saint-Henri—Sainte-Anne pour Québec solidaire avait alors dénoncé les réformes gouvernementales, notamment l'abolition du Programme de l'expérience québécoise. En réplique, le ministre Jean-François Roberge avait rappelé que la délivrance des permis relevait de la responsabilité fédérale, tout en vantant le nouveau Programme de sélection des travailleurs qualifiés destiné à prioriser les secteurs en forte demande.
Coincé entre les exigences provinciales et les compétences fédérales, le sort de Danylo Bahinskyi met en lumière le fossé qui sépare parfois les déclarations de solidarité internationale des réalités bureaucratiques vécues sur le terrain. Pour ce jeune immigrant de Gatineau, l'accès aux études supérieures au cégep de l'Outaouais dépend désormais d'un dénouement rapide au sein d'un système d'immigration dont les règles continuent de diviser profondément les élus à Québec.