SumInfo

Séance du 25 février 2026

M. Morin
11%
Mme Cadet
11%
M. Cliche-Rivard
8%
M. Derraji
7%
Mme Ghazal
5%

Résumé & points clés

11 cartes

Résumé de la séance

Le débat parlementaire du 25 février 2026 à l'Assemblée nationale du Québec a porté sur plusieurs sujets. En questions orales, l'opposition libérale a accusé le gouvernement de la CAQ d'avoir brisé de nombreuses promesses envers les régions (Outaouais, Abitibi, Gaspésie, Chaudière-Appalaches, Mauricie), notamment concernant le tramway de Gatineau, l'hôpital d'Amos, le train de la Gaspésie, les infrastructures scolaires et hospitalières. Québec solidaire a plaidé pour un plafonnement des hausses de loyer à l'inflation, appuyé par 80 % des Québécois selon un sondage. Le Parti québécois a critiqué l'entente avec les médecins omnipraticiens, dénonçant une capitulation du gouvernement. Des motions sans préavis ont rendu hommage à Jean Dorion, exprimé la solidarité envers l'Ukraine et demandé une enquête sur les contrats informatiques fédéraux. En affaires du jour, deux grands débats ont eu lieu : l'adoption du principe du projet de loi n° 1 (constitution québécoise) et la motion du Parti libéral sur la tenue d'états généraux de l'éducation. Le PL n° 19 (services médicaux) a été adopté en fin de séance. Les positions des partis sont restées marquées : la CAQ défend son bilan, l'opposition libérale critique les promesses non tenues, Québec solidaire et le Parti québécois réclament des réformes structurelles.

Motion proposant que l'Assemblée reconnaisse la nécessité de tenir des états généraux sur le système d'éducation

Le débat porte sur une motion du Parti libéral du Québec demandant à l'Assemblée nationale de reconnaître la nécessité de tenir des états généraux sur le système d'éducation. La députée de Bourassa-Sauvé (PLQ) soutient que le réseau fait face à de multiples crises : décrochage des élèves et du personnel, violence scolaire, pénurie d'enseignants qualifiés, manque de vision à long terme. Elle est appuyée par Québec solidaire et le Parti québécois, qui ajoutent l'enjeu de l'école à trois vitesses. La ministre de l'Éducation (CAQ) s'oppose à la motion, affirmant que le gouvernement a déjà consulté et investi massivement (budget passé de 14,9 à 23,5 milliards), et que la priorité est la stabilité et l'apaisement du réseau. Des députés caquistes soulignent les réalisations : création de l'INEE, projets de loi sur la sécurité, construction d'écoles. Le vote est reporté au lendemain.

Projet de loi n° 19 — Loi visant notamment l'amélioration de l'accès aux services médicaux et la prise en charge médicale de la population

Le débat sur le projet de loi n° 19, visant l'amélioration de l'accès aux services médicaux, a opposé la ministre de la Santé, qui défend l'entente avec la FMOQ prévoyant la prise en charge de 500 000 patients d'ici juin 2026, dont 180 000 vulnérables, via un nouveau mode de rémunération par capitation et une meilleure collaboration interprofessionnelle. Les oppositions (QS et PLQ) ont critiqué le recul par rapport aux promesses initiales, l'absence de garanties réelles pour les patients, le paiement de médecins sans visite effective, l'exode des omnipraticiens vers le privé, et la fermeture de salles d'opération. Ils ont déploré que le gouvernement ait ignoré un rapport d'experts sur la première ligne et préféré la confrontation. Malgré tout, les oppositions annoncent leur vote favorable, tout en exprimant des réserves sur l'efficacité du dispositif.

Projet de loi n° 1 — Loi constitutionnelle de 2025 sur le Québec

Le débat sur l'adoption du principe du projet de loi n° 1, Loi constitutionnelle de 2025 sur le Québec, a opposé le ministre de la Justice Simon Jolin-Barrette (CAQ) à l'opposition, principalement le député libéral de l'Acadie et la députée de Vaudreuil. Le ministre a défendu le projet comme un outil nécessaire pour rassembler les Québécois autour de valeurs communes, protéger les institutions et l'identité nationale, et combler une anomalie historique. Il a invité les oppositions à faire preuve d'ouverture. En réaction, les libéraux ont critiqué le processus comme partisan et non consensuel, soulignant l'absence de consultation préalable avec les Premières Nations et les municipalités, et le caractère potentiellement inconstitutionnel de certaines dispositions. Ils ont dénoncé plusieurs articles, notamment ceux limitant la capacité des organismes publics à contester des lois (article 5 de la Loi sur l'autonomie constitutionnelle), l'enchâssement de l'interruption volontaire de grossesse (finalement retiré), et l'impact sur les droits individuels et l'État de droit. Le Parti libéral a annoncé qu'il voterait contre le principe, tandis que le gouvernement insiste pour poursuivre l'étude détaillée.

Exprimer la solidarité de l'Assemblée envers le peuple ukrainien

L'Assemblée nationale du Québec a adopté à l'unanimité une motion exprimant sa solidarité envers le peuple ukrainien, quatre ans après l'invasion russe. Le premier ministre François Legault a réaffirmé le soutien du Québec à l'aide canadienne, salué la résilience ukrainienne et la présence du consul honoraire Eugène Czolij. Le chef de l'opposition Marc Fortin a dénoncé les pertes humaines – 100 000 soldats, 15 000 civils, près de 200 enfants – et réitéré l'appui indéfectible du Parti libéral. Le député de Laurier-Dorion, M. Fontecilla, a insisté sur la tragédie humaine, l'importance du droit international et une paix juste par la diplomatie. Le député de Jean-Talon, M. Paradis, a rappelé les crimes depuis 2014, les enfants kidnappés, et appelé à des actes concrets pour renforcer les alliances démocratiques. Une minute de silence a été observée. Un échange subséquent a porté sur le refus de consentement à une motion référendaire et une question sur le projet de loi n° 496. La motion sur l'Ukraine a été adoptée sans opposition.

Rendre hommage à M. Jean Dorion et offrir des condoléances à sa famille et à ses proches

L'Assemblée nationale a rendu hommage à Jean Dorion, sociologue, militant indépendantiste et ancien député du Bloc québécois, décédé le 23 janvier dernier. La motion, présentée par le député d'Hochelaga-Maisonneuve et cosignée par plusieurs élus, souligne son engagement indéfectible pour le Québec, notamment à la tête de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal où il a défendu la langue française, créé le Prix du Mérite en histoire et relancé le défilé de la fête nationale. Son parcours, guidé par un souverainisme démocratique et inclusif, l'a mené au cabinet de ministres, à la députation fédérale et au poste de délégué général du Québec au Japon. Les orateurs ont salué sa vision inclusive de l'identité québécoise, son humanisme et son engagement pour la laïcité. La motion a été adoptée, suivie d'une minute de silence.

M. Morin

M. Morin, porte-parole libéral, déclare que le Parti libéral du Québec n'est pas opposé à une constitution, citant des travaux historiques de Paul Gérin-Lajoie et Benoît Pelletier. Cependant, il critique sévèrement le projet de loi n° 1 du gouvernement caquiste, qu'il qualifie de « constitution caquiste » rédigée sans consensus et avec des consultations insuffisantes. Il souligne l'échec de l'article 29 sur l'avortement, retiré après une levée de boucliers, et le traitement inadéquat des Premières Nations, consultées en quelques minutes seulement. Le projet affaiblirait les droits fondamentaux en modifiant la Charte québécoise et en limitant la capacité d'organismes publics à contester des lois avec des fonds publics (article 5 de la Loi sur l'autonomie constitutionnelle). Il menace aussi l'autonomie universitaire et la liberté académique. M. Morin annonce que les libéraux voteront contre le principe et invite le ministre à retirer son projet.

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Mme Cadet

Mme Cadet critique le gouvernement caquiste pour ses promesses brisées en éducation, notamment l'absence d'agrandissements d'écoles et la baisse des professionnels. Elle défend la tenue d'états généraux sur l'éducation, appuyée par une large coalition (FAE, CSQ, etc.). Elle aborde les enjeux de pénurie enseignante, de rétention, de violence scolaire et d'infrastructures. Elle appelle à une vision à long terme pour le réseau, loin de la gestion à courte vue du gouvernement actuel.

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M. Cliche-Rivard

Dans cette intervention, M. Cliche-Rivard dénonce d'abord la réforme du PEQ du gouvernement caquiste, qui, selon lui, force des milliers de travailleurs de la santé et de l'éducation à quitter le Québec, fragilisant les services publics. Il critique le ministre de l'Immigration et interpelle la ministre de la Famille pour défendre les éducatrices en CPE. Ensuite, il s'exprime sur le projet de loi n° 19, qui vise à améliorer l'accès aux services médicaux. Il retrace le psychodrame entourant les précédentes réformes, notamment le bâillon sur le projet de loi n° 2 (loi n° 25). Il salue le changement d'attitude de la nouvelle ministre de la Santé, mais souligne que l'entente avec la FMOQ manque de garanties concrètes : les 500 000 nouvelles inscriptions pourraient n'être que des affiliations collectives sans suivi médical réel. Il déplore l'exode des médecins vers le privé (700 omnipraticiens désaffiliés) et la fermeture de 134 salles d'opération faute de personnel. Il plaide pour ouvrir ces salles plutôt que de recourir au privé. Enfin, il s'inquiète de l'échéance du 30 juin 2026, qui tombe en pleine campagne électorale, et réclame des indicateurs clairs pour évaluer les résultats.

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M. Derraji

M. Derraji, député libéral, critique sévèrement la gestion caquiste de la première ligne depuis 2018. Il rappelle la promesse non tenue d'un médecin de famille pour tous, remplacée par le GAP (guichet d'accès à la première ligne) qui offre des rendez-vous ponctuels sans suivi. Il dénonce le démantèlement des cliniques sans rendez-vous et le bras de fer avec les médecins, illustré par le projet de loi n° 106, ignoré au profit d'un rapport d'experts du 31 mars 2025. Ce rapport, qu'il résume, propose six orientations : développement des ressources humaines, inscription à un professionnel principal (médecin ou IPS), gouvernance de proximité, investissement dans la recherche, financement public spécifique, et suivi populationnel. M. Derraji regrette que le gouvernement ait préféré trois projets de loi vides plutôt que d'appliquer ces recommandations, laissant les patients sans médecin de famille et poussant vers le privé. Il conclut que le chaos actuel est le fruit de huit ans d'échecs caquistes.

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Mme Ghazal

Mme Ghazal, députée de Québec solidaire, aborde deux thèmes principaux. D'abord, elle presse le gouvernement de limiter les hausses de loyer à l'inflation, citant un sondage montrant que 80 % des Québécois et 82 % des propriétaires y sont favorables. Elle dénonce l'inaction de la CAQ qui profite aux spéculateurs immobiliers. Ensuite, elle appuie la motion du Parti libéral pour des états généraux sur l'éducation, mais insiste sur la nécessité d'aborder le problème de l'école à trois vitesses, qu'elle qualifie de trahison de l'esprit du rapport Parent. Elle cite Guy Rocher et des études scientifiques pour démontrer que l'élitisme précoce nuit à l'excellence. Elle propose un réseau scolaire commun pour garantir l'égalité des chances, évoquant son projet de loi n° 895 et le travail de l'organisme École ensemble. Elle invite le chef libéral Charles Milliard à aller au bout de sa démarche en s'attaquant à ce problème fondamental.

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