SumInfo

Séance du 2 juin 2026

Mme Roy (Montarville)
17%
M. Paradis
6%
Mme Rotiroti
5%
Mme Massé
5%
M. Beauchemin
4%

Résumé & points clés

11 cartes

Résumé de la séance

Lors de la séance du 2 juin 2026 à l'Assemblée nationale, les travaux ont débuté par des déclarations de députés soulignant divers anniversaires et engagements communautaires. La période de questions a été dominée par des échanges tendus sur la protection des données de santé (menace du CLOUD Act américain), la crise du logement (pénurie de logements abordables et expulsion d'aînés), la gestion des blocs d'énergie (pénurie pour les PME québécoises), et la lutte contre le crime organisé dans les communautés autochtones (plan d'action du ministre Lafrenière). Plusieurs motions sans préavis ont été adoptées à l'unanimité pour condamner un rassemblement suprémaciste blanc tenu à Shawinigan. En commission plénière, la présidente de l'Assemblée a présenté les crédits budgétaires 2026-2027 (227 M$), soulignant les rénovations du salon bleu, l'ouverture de l'institution, l'importance de la place des femmes (prix Femmes engagées) et les enjeux de sécurité. Le débat sur le discours d'ouverture s'est poursuivi en soirée, avec des critiques de l'opposition (PLQ, QS, PQ) sur le bilan de la CAQ : endettement, perte de productivité, crise du logement, inaction climatique, et relations avec les Premières Nations. Des motions de grief ont été déposées par plusieurs députés.

Reprise du débat sur la motion de la première ministre proposant que l'Assemblée approuve la politique générale du gouvernement et sur les motions formulant un grief

Dans ce débat sur le discours d'ouverture de la première ministre et les motions de grief, les oppositions (Québec solidaire, Parti libéral, Parti québécois) ont critiqué le gouvernement caquiste sur plusieurs fronts. Québec solidaire a dénoncé la stigmatisation des immigrants et le manque d'ambition pour le vivre-ensemble, plaidant pour un projet collectif indépendantiste et une meilleure protection de la culture. Le Parti libéral a fustigé la gestion des finances publiques, l'endettement record, la baisse de productivité et le fardeau réglementaire accru pour les PME. Le Parti québécois a reproché au gouvernement son virage fédéraliste et ses promesses électoralistes sans effets structurants. Des députées caquistes ont souligné le symbole d'une femme première ministre et les avancées contre la violence conjugale. Des motions de grief ont été déposées sur l'immigration, les finances, les relations internationales, les infrastructures, les droits autochtones et la pauvreté. Le débat a été suspendu et reprendra.

Étude des crédits de l'Assemblée nationale

L'étude des crédits 2026-2027 de l'Assemblée nationale a été l'occasion pour la présidente Nathalie Roy de présenter un budget total de 227 millions de dollars, en hausse de 11 millions. Les discussions ont porté sur la rénovation réussie du Salon bleu, la sécurité accrue (668 dossiers traités, +34 %), la halte-garderie (2 151 réservations), le Commissaire au respect (146 dossiers), l'accessibilité universelle, l'utilisation prudente de l'IA, le Prix Femmes engagées (trois lauréates parmi 300 candidatures) et l'accompagnement des députés en fin de mandat. Les échanges ont souligné la collaboration non partisane et l'importance de l'ouverture de l'institution.

Plan d'action pour lutter contre le crime organisé dans les communautés autochtones

Lors de la période des questions, Mme Massé interpelle le vice-premier ministre M. Lafrenière sur l'absence d'un plan d'action pour lutter contre le crime organisé dans les communautés autochtones, citant Kanesatake comme zone de non-droit. Elle dénonce l'inaction gouvernementale face aux crimes contre la personne, économiques et environnementaux. M. Lafrenière répond en évoquant les mesures du projet de loi n° 13, notamment la création de régies de police autochtones et l'interdiction des signes d'organisations criminelles. Il mentionne également une approche en trois étapes : prévention, escouade spécialisée contre le crime organisé, et travail en collaboration avec les communautés. Mme Massé insiste sur l'urgence du plan, soulignant la peur qui règne dans les communautés. Le ministre réaffirme sa volonté d'agir sans imposer, en partenariat avec les Premières Nations.

Tarification personnalisée dans le domaine de l'alimentation

Lors d'une période de questions à l'Assemblée nationale, le député M. Boissonneault (opposition) interpelle le ministre de la Justice, M. Jolin-Barrette, sur la hausse du coût du panier d'épicerie au Québec, qui a augmenté de 27 % en cinq ans. Il dénonce l'inaction du gouvernement de la CAQ face à la tarification dynamique, une pratique qui utilise les données des consommateurs pour ajuster les prix en temps réel, déjà utilisée dans d'autres secteurs. Il demande si le gouvernement est prêt à agir contre cette pratique dans le secteur alimentaire. Le ministre répond que des mesures ont déjà été prises pour l'affichage des prix et la politique d'exactitude, et que l'Office de la protection du consommateur travaille sur la tarification personnalisée. Il se dit ouvert à collaborer. M. Boissonneault soulève aussi la question de la concurrence et de la réglementation désuète qui freine l'arrivée de nouveaux joueurs. Le ministre convient que davantage de concurrence pourrait faire baisser les prix.

Prise en charge des patients via le Guichet d'accès à la première ligne

Lors d'un échange à l'Assemblée nationale, le député M. Derraji (opposition) a critiqué le gouvernement caquiste pour avoir gonflé artificiellement les chiffres d'inscription au Guichet d'accès à la première ligne (GAP), visant 500 000 patients. Il a cité un article du Devoir révélant que Québec avait levé des mécanismes de validation pour atteindre sa cible, et a mentionné qu'une personne décédée et une dame de 90 ans en CHSLD figuraient sur la liste. La ministre de la Santé, Mme Bélanger, a défendu son gouvernement, affirmant que 556 473 patients sont désormais affiliés à un GMF ou un médecin de famille, et que 7,7 millions de Québécois ont accès à un médecin de famille. Elle a reproché à l'opposition de transformer une bonne nouvelle en mauvaise et a comparé le travail de son gouvernement à celui des libéraux, qui n'étaient pas soutenus par leur premier ministre.

Mme Roy (Montarville)

La présidente de l'Assemblée nationale, Mme Roy, présente le budget 2026‑2027 (227 M$), en hausse principalement due aux conventions collectives et à l'amortissement. Elle souligne la réussite des rénovations du salon bleu (coût total d'environ 42 M$), qui rouvrira à l'automne avec une configuration en fer à cheval. Elle insiste sur l'ouverture de l'institution, avec une augmentation de 51 % des visiteurs en quatre ans, et sur les activités éducatives et citoyennes. Elle aborde la sécurité des élus (668 dossiers traités, +34 %), le prix Femmes engagées, la halte-garderie pérennisée, l'accessibilité universelle, l'usage prudent de l'IA, et les partenariats internationaux. Elle remercie les parlementaires et le personnel pour leur collaboration.

Voir les citations (41)

M. Paradis

Dans ce discours, M. Paradis du Parti québécois critique sévèrement le gouvernement caquiste, qu'il accuse de privilégier les intérêts électoralistes plutôt que les besoins réels des Québécois. Il soulève des contradictions entre la ministre de la Cybersécurité et son sous-ministre concernant la protection des données face au CLOUD Act américain. Il dénonce les mesures fiscales annoncées (comme la réduction de taxes sur les noix salées) comme étant inefficaces et coûteuses, tandis que le gouvernement maintient un « bar ouvert » de subventions aux grandes entreprises (Nemaska Lithium, Northvolt). Il fustige l'augmentation de la fonction publique malgré une promesse de réduction, et l'échec de la simplification administrative illustré par les scandales informatiques (SAAQlic). Il critique le projet de troisième lien comme une « fumisterie » coûteuse, au détriment de projets concrets pour la capitale nationale. Enfin, il déplore un virage provincialiste dans les relations internationales, incluant la rupture de contrats avec des organisations sans justification professionnelle.

Voir les citations (4)

Mme Rotiroti

Dans son discours, Mme Rotiroti (PLQ) critique sévèrement le gouvernement caquiste, qu'elle accuse de continuité dans l'échec malgré un prétendu « nouveau départ » mené par la nouvelle première ministre. Elle dénonce l'inaction en matière de logement, l'explosion du chômage des jeunes (12-14 %), les coupes dans les organismes communautaires et la gestion déficiente des infrastructures, illustrée par le dossier de l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont, où l'argent a été débloqué sous pression politique. Sur le plan économique, elle fustige le refus de blocs d'énergie aux PME, la priorisation de projets comme Northvolt et l'augmentation de la bureaucratie malgré cinq projets de loi sur l'allègement réglementaire. Elle critique aussi la constitution rédigée en vase clos et les listes d'attente en francisation. Mme Rotiroti oppose les propositions libérales : discipline budgétaire, construction de 100 000 logements par an, soutien aux PME, états généraux sur l'éducation et déploiement de la télésanté. Elle conclut que le Québec ne va pas mieux qu'il y a huit ans et que le Parti libéral incarne le véritable renouveau.

Voir les citations (2)

Mme Massé

Mme Massé critique l'inaction du gouvernement face au crime organisé dans les communautés autochtones, notamment à Kanesatake, et réclame un plan d'action. Elle analyse ensuite le discours d'ouverture de la première ministre, déplorant le manque de reconnaissance réelle des Premières Nations et Inuits comme nations distinctes. Elle rappelle les engagements pris suite au rapport Viens (2019) et la motion unanime de 2019 pour mettre en œuvre la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones (DNUDPA), mais constate l'absence de progrès législatif. Elle cite l'exemple de la Colombie-Britannique qui a adopté une loi de mise en œuvre. En conclusion, elle annonce avoir déposé un projet de loi (projet de loi de l'opposition) pour coconstruire avec les Premiers Peuples les lois qui les concernent, offrant un guide pour une relation d'égal à égal.

Voir les citations (5)

M. Beauchemin

Dans une motion de grief, M. Beauchemin critique sévèrement la gestion financière du gouvernement de la Coalition avenir Québec. Il dénonce l'augmentation rapide de la dette de 100 milliards de dollars en huit ans, le dépassement systématique des limites de dépenses prévues, et le manque de gains de productivité dans l'économie québécoise. Il fustige également l'ajout de 12 000 fonctionnaires et de 2,4 milliards de fardeau administratif pour les PME, ainsi que des projets gaspilleux comme Northvolt, Nemaska Lithium et Flying Whales. Il accuse le gouvernement de privilégier des mesures électoralistes, comme un crédit d'impôt après avoir imposé une taxe sur les assurances, au détriment d'un retour à l'équilibre budgétaire. Il souligne que la cote de crédit du Québec est maintenue sans perspective positive, signe d'une gestion inappropriée selon lui.

Voir les citations (3)