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11 cartesRésumé de la séance
Le débat parlementaire du 14 mai 2026 à l'Assemblée nationale du Québec a couvert plusieurs enjeux majeurs. En affaires courantes, deux projets de loi d'initiative parlementaire ont été adoptés : le projet de loi n° 690 sur le droit à l'alimentation et le projet de loi n° 599 sur la Journée nationale de sensibilisation aux personnes immunosupprimées. Des pétitions ont été déposées contre le chapitre I du projet de loi n° 20 (logement) et pour la révision de l'indice de milieu socio-économique (IMSE) dans les écoles. La députée de Chomedey a présenté ses excuses à la suite d'un rapport de la Commissaire à l'éthique. En période de questions, l'opposition a critiqué la gestion du projet informatique SIFA (santé), les investissements dans Nemaska Lithium, les dépenses par cartes de crédit gouvernementales, le financement insuffisant des infrastructures municipales, l'impact du projet de loi n° 20 sur les coopératives d'habitation, l'augmentation de l'itinérance et l'ouverture du gouvernement à l'exploration des gaz de schiste. Le gouvernement a défendu ses actions en soulignant les rattrapages en infrastructures, les programmes de prévention de l'itinérance, et la nécessité d'une réflexion sur l'autonomie énergétique. Une motion sans préavis soulignant la Journée internationale contre l'homophobie, la transphobie et la biphobie a été adoptée à l'unanimité.
Projets de loi d'initiative parlementaire
Deux projets de loi ont été présentés et adoptés sans opposition. Le projet de loi n° 690, présenté par M. Grandmont (Taschereau), vise à reconnaître et protéger le droit à l'alimentation en créant un cadre gouvernemental et un comité national, et en modifiant la Charte des droits et libertés. Le projet de loi n° 599, présenté par M. Arseneau (Îles-de-la-Madeleine), proclame le 5 novembre de chaque année Journée nationale de sensibilisation aux enjeux vécus par les personnes immunosupprimées.
Pétitions et éthique
Deux pétitions ont été déposées par M. Fontecilla (Laurier-Dorion) demandant le retrait du chapitre I du projet de loi n° 20, craignant qu'il nuise aux coopératives d'habitation en instaurant un guichet unique et des pénalités financières. Une pétition de Mme Poulet (Laporte) demande la révision de l'IMSE pour éviter des baisses de financement aux écoles défavorisées malgré des besoins stables. La députée de Chomedey, Mme Lakhoyan Olivier, a fait une déclaration pour accepter les conclusions et la sanction du rapport de la Commissaire à l'éthique, présentant ses excuses pour avoir enfreint le code d'éthique dans des activités partisanes.
Projets de transformation numérique (SIFA)
L'opposition (Mme Setlakwe, Mont-Royal—Outremont) a dénoncé le fiasco du projet SIFA au ministère de la Santé, citant un rapport accablant de l'AMP recommandant l'arrêt du projet en raison de dépassements de coûts et d'une mauvaise gestion. La ministre de la Cybersécurité et du Numérique, Mme Duranceau, a reconnu les défis et indiqué qu'un rapport de l'AMP sur les contrats informatiques sera déposé. La ministre de la Santé, Mme Bélanger, a précisé que le projet était sur pause à son arrivée et qu'elle attendait le rapport de l'AMP pour décider; Santé Québec a six mois pour préparer un plan d'action.
Investissement dans Nemaska Lithium
M. Beauchemin (Marguerite-Bourgeoys) a questionné la valeur de l'investissement de 1,2 milliard dans Nemaska Lithium, évoquant des mises à pied et une pause chez Rio Tinto. Le ministre de l'Économie, M. Drainville, a défendu le projet en affirmant que l'usine continue de se construire avec 500 travailleurs, que l'investissement a conservé sa valeur, et que le seul gouvernement ayant perdu de l'argent dans ce projet est le précédent gouvernement libéral (70 millions). Il a souligné que le projet est géré avec un partenaire sérieux.
Dépenses par cartes de crédit gouvernementales
M. Tanguay (LaFontaine) a accusé le gouvernement de dépenses inconsidérées sur les cartes de crédit, citant un rapport du Vérificateur général et des révélations de presse (ex : achat d'un chandail de hockey par l'ex-premier ministre). Il a reproché à la présidente du Conseil du trésor, Mme Duranceau, d'avoir bloqué l'accès à ces informations lors de l'étude des crédits. Mme Duranceau a répondu que des rappels ont été faits pour payer les cartes à temps et que les gestionnaires sont imputables, mais a rejeté l'idée de rendre publics tous les comptes.
Financement des infrastructures municipales
Mme Ghazal (cheffe du deuxième groupe d'opposition) a souligné que les municipalités gèrent 60 % des infrastructures mais reçoivent seulement 5 % du PQI, freinant la construction de logements. La première ministre, Mme Fréchette, a répondu que le gouvernement a augmenté les investissements considérablement et a annoncé la pérennisation des pouvoirs spéciaux pour accélérer la construction de logements abordables, ainsi qu'une réduction de la bureaucratie (éliminer deux formulaires pour chaque nouveau).
Projet de loi n° 20 et coopératives d'habitation
M. Fontecilla a demandé le retrait du chapitre I du projet de loi n° 20, craignant qu'il nuise à l'autonomie des coopératives et à la mixité sociale. La ministre responsable de l'Habitation, Mme Boivin Roy, a rappelé les objectifs du projet de loi (logement abordable, guichet centralisé) et a affirmé être en dialogue avec les coopératives pour analyser leurs préoccupations, sans promettre de retrait.
Lutte contre l'itinérance
M. Cliche-Rivard (Saint-Henri—Sainte-Anne) a dénoncé l'augmentation de l'itinérance (12 000 personnes), dont 53 % due à des expulsions. Le ministre responsable, M. Carmant, a mis en avant les nouveaux programmes de supplément au loyer et d'accompagnement (PRISM, etc.) visant à prévenir les sorties de logement et à retirer les personnes de la rue. Il a affirmé que le gouvernement a les outils pour renverser la tendance.
Gaz de schiste
M. Paradis (Jean-Talon) a rappelé l'interdiction de la fracturation hydraulique votée unanimement, mais la première ministre et la ministre de l'Environnement, Mme Déry, ont ouvert la porte à une discussion sur l'autonomie énergétique. La ministre a précisé qu'il n'est pas question de forer demain matin. Le ministre de l'Énergie, M. Drainville, a réaffirmé la priorité aux énergies vertes (200 milliards d'investissements) mais a reconnu la nécessité d'une réflexion responsable.
Motions sans préavis
Une motion conjointe sur la Journée internationale contre l'homophobie, la transphobie et la biphobie a été adoptée à l'unanimité après un débat de rigueur. Plusieurs autres motions (sur les impôts, la protection de la faune, l'IMSE) n'ont pas obtenu le consentement nécessaire.
Souligner la Journée internationale contre l'homophobie, la transphobie et la biphobie
L'Assemblée nationale du Québec a souligné la 24e édition de la Journée internationale contre l'homophobie et la transphobie, une initiative lancée en 2003 par la Fondation Émergence. La motion, présentée par Mme Massé et plusieurs autres députés, insiste sur le thème « L'Effet Allié », qui met en lumière le rôle crucial des alliés dans la construction d'une société inclusive. Les intervenants ont dénoncé la montée des discours haineux et de la violence envers les personnes LGBTQ+, tout en rappelant les avancées historiques du Québec en matière de droits, comme l'interdiction des thérapies de conversion. Ils ont souligné l'importance de l'engagement collectif pour contrer l'intolérance et protéger les plus vulnérables, notamment les jeunes trans. La motion a été adoptée à l'unanimité.
Présentation de la motion
Mme Massé, députée de Sainte-Marie–Saint-Jacques, a sollicité le consentement pour présenter une motion conjointe soulignant la 24e édition de la Journée internationale contre l'homophobie et la transphobie, qui aura lieu le 17 mai 2026. La motion reconnaît l'importance des alliés et la campagne « L'Effet Allié » de la Fondation Émergence, et réaffirme le rôle du Québec comme leader dans la lutte contre l'homophobie et la transphobie.
Intervention de Mme Massé
Mme Massé a remercié la Fondation Émergence et rappelé que la lutte contre l'homophobie et la transphobie est une responsabilité collective. Elle a souligné l'augmentation des propos haineux et de la violence, particulièrement envers les personnes trans, et a insisté sur l'importance du thème « L'Effet Allié » qui invite à ne pas laisser les personnes de la diversité sexuelle et de genre se défendre seules. Elle a appelé à agir concrètement pour promouvoir l'inclusion.
Intervention de Mme Biron, ministre de la Condition féminine
Mme Biron a salué les représentants de la Fondation Émergence et du Conseil LGBT présents dans les tribunes. Elle a rappelé les étapes clés des droits LGBTQ+ au Québec : l'interdiction de la discrimination en 1977, l'union civile en 2002, la création du Bureau de lutte contre la transphobie et l'homophobie, et l'interdiction des thérapies de conversion. Elle a noté une montée inquiétante de l'intolérance et des discours haineux, et appelé à la responsabilité collective.
Intervention de Mme Maccarone
Mme Maccarone, députée de Westmount–Saint-Louis, a évoqué la lecture de propos haineux entendus dans les écoles l'année précédente et constaté que le climat ne s'est pas amélioré. Elle a dénoncé le silence des témoins et appelé chacun à être un allié actif, même lorsque c'est inconfortable. Elle a insisté pour que la Chambre ne se contente pas de condamner la haine, mais devienne une force de protection.
Intervention de Mme Gentilcore
Mme Gentilcore, députée de Terrebonne, a rappelé les avancées historiques du Québec sous le gouvernement de René Lévesque et les mesures récentes comme le marqueur X. Elle a cité deux incidents récents de violence homophobe : un enseignant de secondaire menacé et un attaché de presse du maire de Québec victime de propos haineux. Elle a réaffirmé le soutien du Parti québécois à la paix sociale et au respect des minorités.
Adoption de la motion
La motion a été adoptée à l'unanimité. Le député de Saint-Henri–Sainte-Anne a demandé qu'une copie soit envoyée à la Fondation Émergence et au Conseil québécois LGBTQ.
Financement des infrastructures municipales
Le débat porte sur le financement des infrastructures municipales. Mme Ghazal (QS) critique le gouvernement caquiste pour son désengagement, mentionnant que les villes gèrent 60 % des infrastructures mais ne reçoivent que 5 % du PQI. Elle cite l'exemple de Trois-Rivières, où sept projets de logement sont en suspens faute de fonds pour des stations de pompage. La première ministre, Mme Fréchette (CAQ), se défend en soulignant les investissements massifs de son gouvernement et le rattrapage nécessaire après des années de sous-investissement. Elle annonce un dialogue accru avec les municipalités, la pérennisation des pouvoirs spéciaux pour accélérer le logement abordable, et une réduction de la bureaucratie (deux formulaires éliminés pour tout nouveau). Mme Ghazal réplique que les villes ont besoin d'investissements concrets, pas de réflexions, et suggère d'abandonner le projet de troisième lien pour libérer des fonds.
Sous-financement des infrastructures municipales
Mme Ghazal interpelle la première ministre sur le déséquilibre entre les responsabilités des municipalités (60 % des infrastructures) et leur part du Programme québécois des infrastructures (PQI), qui ne représente que 5 %. Elle cite des rencontres avec les maires de Sherbrooke, Trois-Rivières et Gatineau, qui placent les infrastructures au premier rang de leurs priorités. À Trois-Rivières, sept projets de logement totalisant des centaines d'unités sont mis en pause faute de capacité des stations de pompage. Mme Ghazal souligne que construire des logements nécessite aussi des réseaux d'égout, d'aqueduc et des rues, et que le retard dans ces investissements aggrave les coûts futurs.
Réponse du gouvernement et rattrapage
Mme Fréchette réplique que son gouvernement a hérité d'un « déficit immense » en infrastructures, laissé par les libéraux, et qu'il s'est engagé dans un grand rattrapage. Elle mentionne les investissements dans la santé, les écoles et les infrastructures. Elle annonce l'ouverture d'un dialogue avec les municipalités pour améliorer le suivi des coûts et du financement. Elle se félicite de l'accueil positif reçu aux assises de l'UMQ le matin même.
Logement et mesures concrètes
La première ministre rappelle que 17 000 logements abordables ont déjà été construits et que 10 000 autres sont en chantier. Elle annonce que le pouvoir spécial temporaire octroyé aux villes pour accélérer la construction de logements devient permanent, mesure bien accueillie par les municipalités. Elle insiste sur le maintien de la cadence pour répondre aux besoins criants.
Réduction de la bureaucratie
Mme Fréchette annonce une règle : pour tout nouveau formulaire créé, deux devront être éliminés, allégeant ainsi la charge administrative des municipalités.
Critiques de l'opposition
Mme Ghazal estime que le gouvernement refuse d'augmenter la part des infrastructures municipales. Elle interroge directement : « À combien est-ce qu'elle va l'augmenter ? » et presse la première ministre de répondre aux besoins immédiats, comme à Trois-Rivières. Elle suggère que l'abandon du projet de troisième lien libérerait des fonds pour les infrastructures locales.
Autres enjeux
Mme Fréchette évoque aussi la collaboration avec les municipalités sur l'itinérance et l'immigration, soulignant la nécessité de régionaliser davantage l'immigration et de retenir les francophones déjà intégrés.
Plan de lutte contre l'itinérance
Lors du débat sur le plan de lutte contre l'itinérance, M. Cliche-Rivard critique l'insuffisance des mesures gouvernementales, soulignant que chaque année davantage de personnes deviennent sans-abri que celles qui en sortent. Il mentionne que 53 % des itinérants ont été expulsés en raison de hausses de loyer excessives et demande une coordination avec la ministre de l'Habitation. En réponse, M. Carmant défend les initiatives récentes, notamment des suppléments au loyer pour prévenir les évictions et des programmes de santé mentale et de toxicomanie. Il affirme que ces actions visent à 'mettre la main sur le robinet' et à renverser la tendance, tout en soulignant que le Québec est la seule province à offrir un hébergement spontané avec accompagnement psychosocial. M. Cliche-Rivard juge ces mesures insuffisantes, pointant du doigt 64 % d'augmentation des loyers depuis 2018 et le nombre limité de logements subventionnés.
Insuffisance des mesures actuelles
M. Cliche-Rivard ouvre le débat en qualifiant les annonces gouvernementales de 'nettement insuffisantes'. Il souligne un problème structurel : le nombre de personnes entrant dans l'itinérance dépasse celui des personnes qui en sortent chaque année. Il cite des statistiques : 12 000 personnes vivent dans les rues au Québec, et 53 % d'entre elles ont été expulsées de leur logement en raison de hausses de loyer 'sans bon sens'. Il interpelle le ministre sur l'absence de coordination avec la ministre de l'Habitation pour freiner la flambée des loyers.
Réponse gouvernementale et initiatives
M. Carmant réplique en mettant en avant les actions récentes. Il mentionne un programme de supplément au loyer en prévention des évictions, avec la présence d'organismes communautaires au Tribunal administratif du logement. Ce programme, déployé d'abord dans trois grands centres, sera étendu à d'autres villes comme Saint-Jérôme et Drummondville. Il cite également les équipes PRISM pour la santé mentale (11 équipes au Québec) et un nouveau programme pour les toxicomanes, visant à accompagner les personnes en situation d'itinérance dans la gestion de leur dépendance avant de les loger. Selon lui, ces mesures permettent de 'garder les gens chez eux' et de 'mettre la main sur le robinet' pour diminuer les entrées dans l'itinérance.
Nécessité de mesures structurelles
En complémentaire, M. Cliche-Rivard critique le rythme des actions : 1 000 nouveaux logements subventionnés en trois ans, soit 333 par an. Il demande ce qu'il advient des 11 667 autres personnes qui ont besoin de logements. Il rappelle une hausse des loyers de 64 % depuis 2018, qualifiant la situation d''hémorragie'. Il presse le gouvernement d'adopter des 'mesures structurantes, crédibles, réelles' pour enrayer la crise.
Engagement à renverser la tendance
M. Carmant insiste sur le caractère innovant des programmes québécois, notamment le fait que le Québec est 'la seule province au Canada où l'itinérance est spontanément logée' avec un accompagnement psychosocial. Il réitère sa confiance dans la capacité du gouvernement à 'renverser la tendance' et à 'mettre fin à cette crise de l'itinérance' en combinant prévention des évictions et sortie de l'itinérance.
Dépenses par cartes de crédits des ministères et organismes
Lors du débat sur l'étude des crédits, M. Tanguay (opposition libérale) accuse le gouvernement caquiste d'être gaspilleur et de vivre sur les cartes de crédit, citant un rapport du Journal de Montréal (octobre 2024) révélant 48 M$ de dépenses injustifiées, dont un chandail autographié par Guy Lafleur à 1 282 $. Il reproche à la présidente du Conseil du trésor, Mme Duranceau, de refuser l'accès aux données des cartes de crédit, jugeant cela non pertinent. Mme Duranceau rétorque que la question n'a pas été soulevée lors des crédits précédents et qu'il faut se concentrer sur des projets prioritaires comme la transformation numérique. Elle rappelle que des rappels ont été faits pour payer les cartes à temps et insiste sur l'imputabilité des gestionnaires. Elle mentionne aussi que les gouvernements antérieurs (libéraux et péquistes) n'étaient pas exemplaires. M. Tanguay réplique qu'une directive d'octobre 2024 limite les paiements mensuels à 5 000 $ par carte, mais que certaines cartes au ministère des Transports ont une marge de 50 000 $.
Accusations de l'opposition
M. Tanguay (Parti libéral du Québec) attaque le gouvernement de la CAQ sur sa gestion des cartes de crédit. Il rappelle qu'en octobre 2024, le Journal de Montréal, via une demande d'accès à l'information, a révélé 48 M$ de dépenses injustifiées, dont l'achat par l'ex-premier ministre d'un chandail du Canadien autographié par Guy Lafleur pour 1 282 $, ainsi que des intérêts impayés de dizaines de milliers de dollars. Il souligne que le nombre de cartes est passé de 5 400 en 2020 à 12 600 un an plus tard, selon un rapport dévastateur du Vérificateur général. Il critique la présidente du Conseil du trésor, Mme Duranceau, pour avoir refusé l'accès aux données lors de l'étude des crédits, la jugeant non pertinente.
Réponse de la ministre
Mme Duranceau (CAQ) se dit surprise que cette question n'ait pas été posée lors des crédits précédents, où l'on a plutôt discuté de télétravail, de la démission de l'ancienne présidente de la Commission de la fonction publique, et de l'AMP (projets informatiques). Elle estime que la priorité est la transformation numérique et une gouvernance adéquate, en s'appuyant sur les recommandations du rapport Gallant et de l'AMP. Elle rappelle que les gouvernements libéraux et péquistes des 25 dernières années n'étaient pas non plus exemplaires en matière de projets informatiques.
Défense de l'imputabilité
Mme Duranceau affirme que la gestion des cartes de crédit relève du gros bon sens : il faut payer à temps. Des rappels administratifs ont été faits par le Conseil du trésor, et chaque sous-ministre est responsable de la gestion de son personnel. Elle insiste sur l'imputabilité des gestionnaires, qui sont payés pour assumer ces responsabilités.
Nouveaux échanges
En complémentaire, M. Tanguay précise qu'une directive émise en octobre 2024, après le scandale, limite les paiements mensuels par carte à 5 000 $, mais que 24 cartes au ministère des Transports ont une marge de 50 000 $. Il dénonce que la ministre ait ordonné à tous les ministères de ne pas fournir les réponses sur les cartes de crédit. Mme Duranceau répète que les directives de bon sens ont été rappelées et que le suivi est assuré. Elle conclut qu'il faut payer à temps pour une saine gestion des finances publiques.
Position du gouvernement concernant l'exploration et l'exploitation des gaz de schiste
Lors de la période de questions, M. Paradis (opposition) a interpellé la ministre de l'Environnement et le ministre de l'Énergie sur la position du gouvernement concernant l'exploration et l'exploitation des gaz de schiste. Il a rappelé que l'Assemblée nationale avait voté contre la fracturation hydraulique, mais que la première ministre et la ministre de l'Environnement avaient récemment ouvert la porte à cette possibilité. M. Paradis a cité le ministre de l'Énergie, qui s'était engagé pendant sa course à la direction à toujours choisir l'eau plutôt que le gaz. Mme Déry a répondu que la priorité gouvernementale est de doubler la production d'électricité verte d'ici 2050 via le plan d'Hydro-Québec de 200 milliards, mais que le gouvernement est ouvert à une discussion sur l'autonomie énergétique, sans toutefois envisager de forer à court terme. M. Drainville a réaffirmé l'objectif de sécurité énergétique et le choix des énergies vertes, tout en reconnaissant la nécessité d'une réflexion sur toutes les formes d'énergie, dans le respect de l'acceptabilité sociale et de la protection de l'eau et de l'environnement.
Accusation d'incohérence gouvernementale
M. Paradis a ouvert le débat en rappelant que le Québec et l'Assemblée nationale se sont prononcés contre la fracturation hydraulique, notamment par une loi votée unanimement. Il a souligné que le 26 mars dernier, les députés de la CAQ ont réitéré leur appui à cette loi. Or, selon lui, la première ministre et la ministre de l'Environnement ont récemment évoqué la possibilité de rouvrir le dossier du gaz de schiste. Il a cité le ministre de l'Énergie, qui avait clairement affirmé pendant la course à la direction de la CAQ : « La fracturation hydraulique, c'est non. Si vous me demandez de choisir entre l'eau et le gaz, je vais toujours choisir l'eau. » Il demande si la position du ministre est toujours celle du gouvernement.
Réponse de la ministre de l'Environnement
Mme Déry a débuté en se réjouissant de sa première prise de parole en Chambre. Elle a rappelé que la grande priorité énergétique du gouvernement est de doubler la production d'électricité d'ici 2050, notamment grâce au plan d'Hydro-Québec de 200 milliards pour l'hydroélectricité, l'éolien et le solaire, ainsi que l'efficacité énergétique. Concernant les gaz de schiste, elle a indiqué que le gouvernement est « ouvert à avoir une discussion » sur l'autonomie et la souveraineté énergétiques, car le Québec dépend du marché américain pour certaines ressources. Cependant, elle a insisté : « On ne va pas commencer à forer demain matin. On n'en est pas là. » Elle a réitéré son engagement dans la transition énergétique.
Pression de l'opposition et précisions du ministre de l'Énergie
M. Paradis a demandé si le ministre de l'Énergie maintenait son opposition à la fracturation hydraulique, car la ministre de l'Environnement et la première ministre semblent avoir changé de position. Il a insinué que le ministre n'aurait pas l'oreille de la première ministre ou que des lobbyistes des gaz de schiste l'influenceraient. En réponse, M. Drainville, ministre de l'Économie, de l'Innovation et de l'Énergie, a réaffirmé que l'objectif central est la sécurité énergétique du Québec. Il a souligné que le gouvernement a choisi les énergies vertes et investit 200 milliards d'ici 2035 pour doubler la production d'énergie verte. Il a reconnu que le contexte actuel oblige à une réflexion sur toutes les formes d'énergie, mais que cette discussion se fera de manière responsable, dans le respect de l'acceptabilité sociale, des règles de protection de l'eau et de l'environnement.
Mme Duranceau
Mme Duranceau répond à des questions sur deux sujets : les projets informatiques gouvernementaux et le paiement des cartes de crédit dans la fonction publique. Sur les projets informatiques, elle souligne que le gouvernement prend au sérieux le rapport Gallant et a mandaté l'Autorité des marchés publics (AMP) pour une vigie des contrats informatiques. Elle insiste sur la nécessité d'une gouvernance solide et d'une transformation numérique, tout en rappelant que les dépassements de coûts sont un problème récurrent, y compris sous les gouvernements précédents. Concernant les cartes de crédit, elle répète à plusieurs reprises qu'il s'agit d'une question de gros bon sens : payer ses comptes à temps est une règle de base. Elle affirme que des rappels ont été faits par le Conseil du trésor, que les gestionnaires sont imputables et que des directives ont été resserrées. Elle se montre surprise que ces questions n'aient pas été posées lors des crédits précédents, mais se dit satisfaite d'y répondre.
Projets informatiques et gouvernance
Mme Duranceau aborde d'abord la question des projets informatiques gouvernementaux. Elle rappelle que le gouvernement prend au sérieux les recommandations du rapport Gallant. Elle mentionne avoir demandé à l'Autorité des marchés publics (AMP) de réaliser une vigie des contrats informatiques sur 10 à 15 ans pour comprendre les dépassements de coûts. Ce rapport sera bientôt disponible et servira de base pour améliorer la gouvernance. Elle souligne que les projets informatiques sont essentiels à la transformation numérique de l'État, surtout avec l'avènement de l'intelligence artificielle, et qu'il faut une gouvernance solide. Elle note que les problèmes informatiques existaient sous les gouvernements libéraux et péquistes précédents, insinuant que la situation actuelle n'est pas pire.
Paiement des cartes de crédit et responsabilité
Elle consacre ensuite une grande partie de son propos au paiement des cartes de crédit dans la fonction publique. Elle répète à plusieurs reprises qu'il s'agit d'une règle de base de bonne gestion financière : payer ses comptes à temps. Elle indique que des rappels ont été faits par le Conseil du trésor et que les ministères ont reçu des directives resserrées. Elle insiste sur l'imputabilité des gestionnaires, qui sont responsables de la gestion financière de leur équipe. Elle qualifie d'inadmissible le fait de ne pas payer ses cartes de crédit à temps, ce qui entraîne des intérêts inutiles. Elle assure que des correctifs ont été apportés et que des suivis sont effectués.
Réaction aux questions de l'opposition
Mme Duranceau exprime sa surprise que ces questions n'aient pas été posées lors des crédits précédents, où elle dit avoir discuté de sujets comme le télétravail et la démission de la présidente de la Commission de la fonction publique. Elle estime que les sujets abordés (projets informatiques et cartes de crédit) sont importants et qu'elle est prête à en discuter. Elle conclut en réaffirmant que la priorité est de resserrer les règles et d'assurer un suivi rigoureux, plutôt que de simplement rendre les dépenses accessibles.
M. Tanguay
Dans son intervention, M. Tanguay critique sévèrement la gestion des cartes de crédit par le gouvernement caquiste. Il reproche à la présidente du Conseil du trésor d'avoir émis une directive interdisant aux ministères de répondre aux questions sur les cartes de crédit lors de l'étude des crédits, qualifiant cette information de non pertinente. Il rapporte que le nombre de cartes est passé de 5 400 en 2020 à 12 600, avec des dépenses inconsidérées et des frais de crédit, comme l'a souligné le Vérificateur général dans un rapport dévastateur. Il cite des exemples de dépenses abusives, notamment l'achat par l'ancien premier ministre d'un gilet de hockey de Guy Lafleur à 1 282 dollars. Il demande à la première ministre de se démarquer de cette culture du gaspillage et de rendre publiques les transactions sur les cartes de crédit, affirmant que le peuple a le droit de savoir comment son argent est dépensé. Il accuse le gouvernement de cacher des informations et de vivre sur les cartes de crédit, ce qui nuit à la confiance des citoyens.
Accusations de gaspillage et de manque de transparence
M. Tanguay attaque le gouvernement caquiste sur sa gestion des cartes de crédit, le qualifiant de dépensier et gaspilleur. Il affirme que le gouvernement vit sur les cartes de crédit et que son dossier de crédit a subi une décote.
Blocage de l'accès à l'information
Il dénonce la directive de la présidente du Conseil du trésor qui interdit aux ministères de fournir des informations sur les cartes de crédit lors de l'étude des crédits, sous prétexte que ce n'est pas pertinent. Il soutient que c'est un sujet crucial pour la transparence et la bonne gestion des fonds publics.
Explosion du nombre de cartes et des dépenses
Il mentionne qu'en 2020, il y avait 5 400 cartes MasterCard, et que ce nombre a grimpé à 12 600 un an plus tard. Il cite le rapport dévastateur du Vérificateur général de novembre 2024 qui souligne les risques de fraude et de gaspillage, et la perte de confiance des citoyens.
Exemples de dépenses abusives
Il évoque l'achat par l'ancien premier ministre d'un gilet de hockey de Guy Lafleur au coût de 1 282 dollars, payé avec la carte de crédit du gouvernement. Il juge cette dépense inacceptable et la présente comme un symbole du gaspillage caquiste.
Absence de reddition de comptes
Il critique la présidente du Conseil du trésor pour ses contradictions : elle dit que le sujet peut être abordé en crédits, mais elle bloque elle-même l'information. Il appelle la première ministre à intervenir et à exiger la transparence.
Demande de transparence
M. Tanguay insiste sur le droit des citoyens de savoir comment l'argent public est dépensé. Il demande que les comptes de cartes de crédit soient rendus publics, afin d'éviter que des abus comme ceux révélés par le Bureau d'enquête de Québecor ne se reproduisent.
M. Fontecilla
M. Fontecilla dépose deux pétitions totalisant près de 15 000 signatures, demandant le retrait du chapitre I du projet de loi n° 20. Les pétitionnaires estiment que ce chapitre menace l'autonomie des coopératives d'habitation en imposant un guichet unique pour la sélection des membres et des pénalités financières en cas d'augmentation de revenus. M. Fontecilla interpelle la ministre responsable, lui demandant si elle va retirer ces dispositions, soulignant qu'elles nuiraient à la mixité sociale et pousseraient au départ des membres expérimentés.
Dépôt de pétitions
M. Fontecilla dépose deux extraits de pétitions : la première signée par 14 406 personnes, la seconde par 550 personnes. Les deux pétitions sont adressées à l'Assemblée nationale et proviennent de citoyens et citoyennes du Québec. Elles invoquent les mêmes faits : le Québec vit une crise de l'abordabilité sans précédent, 20 % des ménages ont peiné à payer leur loyer en 2025, et le moyen le plus efficace est d'accélérer la construction de logements réellement abordables. Les pétitionnaires estiment que le projet de loi n° 20 contribuera à l'appauvrissement des ménages dépassant des seuils de revenus arbitraires, les incitant à retourner dans un marché spéculatif. Ils soulignent que les ménages actuellement en coopératives y ont accédé conformément aux règles et ont amélioré leurs conditions, et que le départ des membres expérimentés affaiblira les coopératives. Le guichet unique entraverait la sélection basée sur les compétences et valeurs, et le projet de loi menace la survie du modèle coopératif. Les pétitionnaires demandent le retrait du chapitre I du projet de loi n° 20, l'abandon du guichet unique et de toute pénalité financière pour les membres dont les revenus augmentent.
Question à la ministre
Après le dépôt, M. Fontecilla interpelle la ministre responsable. Il rappelle que les membres des coopératives se sont mobilisés contre le projet de loi pour deux raisons : la menace à l'autonomie dans la sélection des membres et les compensations financières qui nuiraient à la mixité sociale. Il demande si la ministre va retirer le chapitre I. Il note que la ministre semble connaître la réalité des coopératives, mais insiste pour une réponse claire : oui ou non. Il réitère que le projet de loi impose des compensations financières qui évinceraient des membres impliqués.
Mme LeBel
Mme LeBel commence par invoquer l'article 35 du règlement pour rappeler le respect et le décorum à l'Assemblée. Elle clarifie ensuite une controverse concernant des chandails signés par le premier ministre lors de conférences fédérales-provinciales, affirmant que ce dernier a payé le sien. Elle propose une motion pour renvoyer le projet de loi d'intérêt privé n° 201, Loi concernant le Monastère des Ursulines de Québec, à la Commission de l'aménagement du territoire. Enfin, elle annonce un calendrier détaillé des séances de commissions parlementaires pour l'étude des crédits budgétaires 2026-2027, couvrant des secteurs comme la culture, l'énergie, la solidarité sociale, la sécurité publique, les régions, Hydro-Québec, le travail, les relations canadiennes, les infrastructures, la santé, l'habitation, la famille et la lutte contre l'intimidation.
Défense du premier ministre et respect du décorum
Mme LeBel intervient d'abord sur une question de respect et de décorum à l'Assemblée, en invoquant l'article 35. Elle aborde ensuite une polémique entourant des chandails signés par le premier ministre lors de conférences fédérales-provinciales. Elle précise que plusieurs chandails ont été signés dans le cadre de la présidence québécoise de la Conférence des premiers ministres et que le premier ministre a payé son propre chandail, dénonçant une déformation de la réalité.
Motion de renvoi du projet de loi privé
Mme LeBel propose une motion de renvoi pour le projet de loi d'intérêt privé n° 201, Loi concernant le Monastère des Ursulines de Québec. Conformément à l'article 267 du règlement, elle demande que ce projet soit renvoyé pour consultation et étude détaillée à la Commission de l'aménagement du territoire, et que le ministre des Affaires municipales soit membre de ladite commission pour la durée du mandat.
Calendrier des commissions parlementaires pour les crédits budgétaires 2026-2027
Mme LeBel donne une série d'avis concernant les séances de commissions consacrées à l'étude des crédits budgétaires 2026-2027. Les détails incluent :
- Commission de la culture et de l'éducation : volet Culture et Communications, aujourd'hui, de 11 h 15 à 13 h 15, salle Louis-Hippolyte-La Fontaine.
- Commission de l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des ressources naturelles : volet Énergie, aujourd'hui, de 11 h 30 à 13 h, salle Pauline-Marois.
- Commission de l'économie et du travail : volet Solidarité sociale et Action communautaire autonome, aujourd'hui, de 11 h 15 à 13 h, salle Marie-Claire-Kirkland.
- Commission des institutions : volet Sécurité publique, aujourd'hui, de 11 h 30 à 13 h et de 14 h à 16 h 30, salle du Conseil législatif.
- Commission de l'aménagement du territoire : volet Régions, aujourd'hui, de 13 h 45 à 14 h 45, salle Louis-Joseph-Papineau.
- Commission de l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des ressources naturelles : volet Hydro-Québec, aujourd'hui, de 14 h à 16 h 30, salle Pauline-Marois.
- Commission de l'économie et du travail : volet Travail, aujourd'hui, de 14 h à 15 h 45, salle Marie-Claire-Kirkland.
- Commission des institutions : volet Relations canadiennes, le mardi 26 mai 2026, de 11 h 30 à 12 h 30, salle Louis-Joseph-Papineau.
- Commission des finances publiques : volet Infrastructures, le mardi 26 mai 2026, de 9 h 45 à 12 h 30, salle Louis-Hippolyte-La Fontaine.
- Commission de la santé et des services sociaux : volet Santé, le mardi 26 mai 2026, de 9 h 30 à 12 h 30, salle Pauline-Marois.
- Commission de l'aménagement du territoire : volet Habitation, le mardi 26 mai 2026, de 9 h 30 à 12 h 30, salle Marie-Claire-Kirkland.
- Commission des relations avec les citoyens : volet Famille, le mardi 26 mai 2026, de 9 h 30 à 11 h 30, salle du Conseil exécutif.
- Commission des relations avec les citoyens : volet Lutte contre l'intimidation, le mardi 26 mai 2026, de 11 h 45 à 12 h 15, salle du Conseil législatif.
Mme Maccarone
Mme Maccarone commence par souligner le Mois du patrimoine asiatique, en reconnaissant la contribution des communautés asiatiques au Québec, particulièrement dans sa circonscription de Westmount—Saint-Louis qui abrite le quartier chinois de Montréal. Elle déplore la montée des discours haineux et rappelle que la diversité est une force. Ensuite, elle sollicite le consentement pour une motion bipartisane visant à dénoncer la fin de l'entente avec PSPNET, un programme de soutien en santé mentale pour les travailleurs de la sécurité publique, et exige son rétablissement immédiat. Enfin, à l'occasion de la Journée internationale contre l'homophobie et la transphobie, elle dénonce la montée de la haine et du silence, et appelle chaque parlementaire à être un allié actif, à ne pas détourner le regard et à défendre la dignité des personnes LGBTQ+, surtout les jeunes. Elle insiste sur le fait que l'indifférence n'est plus une option.
Mois du patrimoine asiatique
Mme Maccarone ouvre son intervention en marquant le Mois du patrimoine asiatique, soulignant l'apport des communautés asiatiques à la culture québécoise, notamment par leur travail, leur créativité et leur engagement dans des secteurs comme l'éducation, la santé, l'entrepreneuriat, les arts et la recherche. Elle témoigne de la contribution exceptionnelle de sa circonscription, Westmount—Saint-Louis, qui abrite le seul quartier chinois francophone en Amérique. Elle insiste sur l'importance de rappeler, dans un contexte de montée des discours haineux, que la diversité est une richesse et une force.
Motion sur la santé mentale des travailleurs de la sécurité publique
Elle sollicite le consentement pour présenter une motion conjointe avec des députés de divers partis (Laurier-Dorion, Îles-de-la-Madeleine, Abitibi-Est, Laporte, Rosemont). La motion rappelle le dévouement des policiers, pompiers, ambulanciers, agents de détention, répartiteurs d'urgence, contrôleurs routiers et équipes de recherche et sauvetage, qui sont confrontés à des situations d'urgence et risquent des chocs post-traumatiques. Elle dénonce la décision du gouvernement caquiste de mettre fin à une entente avec PSPNET, un programme de thérapie en ligne spécialement conçu pour le personnel de la sécurité publique. La motion exige le rétablissement immédiat et la pérennisation du financement à PSPNET pour assurer la santé et la sécurité de ces travailleurs.
Journée internationale contre l'homophobie et la transphobie
Mme Maccarone revient sur un discours de l'année précédente où elle avait lu des propos haineux entendus dans des écoles secondaires. Elle constate qu'un an plus tard, le climat ne s'est pas apaisé : montée de la haine, de la peur, mais surtout du silence — silence des témoins, des mal à l'aise, de ceux qui pensent que ce n'est pas leur combat. Elle affirme que c'est ainsi qu'une société recule, non seulement à cause des cris haineux, mais aussi à cause des gens bien qui cessent de parler. Être un allié, selon elle, ce n'est pas être parfait, mais choisir de ne pas détourner le regard, d'intervenir contre l'intimidation, de refuser les blagues humiliantes, de défendre la dignité même quand c'est inconfortable ou coûteux. Elle souligne que de nombreuses personnes LGBTQ+, surtout les jeunes, reçoivent le message qu'elles dérangent, qu'elles doivent se faire plus petites. Elle refuse que le Québec abandonne les personnes ciblées. Elle invite la Chambre à faire plus que condamner la haine : à être celle qui parle, protège et reste, car l'indifférence et le silence ne sont plus une option.
Journal des débats
_(Neuf heures quarante minutes)_
Bonjour à toutes, bonjour à tous. Prenez place, nous allons débuter nos travaux. Je souhaite la bienvenue à celles et ceux qui sont dans les tribunes avec nous. Bienvenue à l'Assemblée nationale.
Affaires courantes
Déclarations de députés
Nous sommes à la rubrique Déclarations de députés, et, sans plus tarder, je reconnais Mme la députée de Verchères.
Souligner le 20e anniversaire des Diableries de Contrecoeur
Mme Suzanne Roy
Alors, merci, M. le Président. Je souhaite aujourd'hui souligner le 20e anniversaire d'un événement-phare de ma circonscription, Les Diableries de Contrecoeur. Depuis deux décennies, ce festival unique fait rayonner notre culture québécoise en s'inspirant de notre riche imaginaire collectif, notamment par la légende de la chasse-galerie. Derrière ce succès se trouve une équipe passionnée, créative et profondément engagée envers sa communauté, que l'on retrouve en tribunes. Je salue la directrice générale, Cynthia Therrien, la présidente, Marijane Gagné, le trésorier, François Montpetit, et le plus jeune membre de l'équipe, Eliott Dallaire. Grâce à leur énergie et à l'implication remarquable de nombreux bénévoles, Les Diableries sont devenues un rendez-vous incontournable, rassembleur et festif, où se rencontrent musique, tradition et plaisir. Longue vie aux Diableries de Contrecoeur!
Merci, Mme la députée de Verchères. La parole revient maintenant à Mme la députée de La Pinière.
Souligner la Semaine québécoise des popotes roulantes
Mme Linda Caron
Merci, M. le Président. En cette Semaine québécoise des popotes roulantes, je tiens à souligner le travail exceptionnel des bénévoles de toutes les popotes du Québec. Qu'ils travaillent à la préparation ou à la livraison des repas ou encore à l'administration de l'organisme, les équipes des popotes nous rendent un fier service en matière de soutien à domicile. Je m'en voudrais de ne pas nommer la Popote roulante de Brossard, qui est à l'oeuvre depuis 43 ans dans le comté de La Pinière. _Merci pour votre engagement et pour tout le bien que vous répandez autour de vous et dans la communauté. Vous êtes parfois la seule visite qu'une personne aînée reçoit dans la semaine. Vous incarnez donc parfaitement le thème de cette année, Les popotes roulantes : livrer l'essentiel depuis 60 ans._ Merci, et longue vie à toutes les popotes roulantes du Québec!
Merci, Mme la députée de La Pinière. Et la parole revient maintenant à Mme la députée de Soulanges.
Rendre hommage à M. Antoine Forest
Mme Marilyne Picard
Merci beaucoup, M. le Président. Aujourd'hui, je prends la parole afin de rendre hommage au capitaine Antoine Forest, pilote d'avion originaire de Coteau-du-Lac, dont le décès tragique nous a tous profondément bouleversés, ici comme ailleurs. Antoine avait choisi l'aviation, une voie exigeante qui commande discipline, sang-froid et sens du devoir. Ceux qui l'ont connu parlent d'un jeune homme passionné, profondément humain et animé par le désir constant de se dépasser. Il incarnait la détermination, l'engagement et le professionnalisme. Le 22 mars dernier, Antoine a fait preuve d'un courage et d'un dévouement remarquables. Il a effectué son dernier vol. Aujourd'hui, en présence de sa famille ici, à l'Assemblée nationale, je souhaite poser un geste empreint de mémoire et de reconnaissance en remettant, à titre posthume, la Médaille de la députée de Soulanges. Que cet hommage témoigne de toute notre solidarité envers ses proches et de la place qu'Antoine continuera d'occuper dans notre mémoire collective. Merci.
Merci beaucoup, Mme la députée de Soulanges. Alors, au nom de tous les collègues de l'Assemblée, je tiens à exprimer... à me joindre à cette voix de solidarité à l'ensemble de la famille. La prochaine déclaration revient à M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
Souligner le 60e anniversaire du Centre communautaire Hochelaga
M. Alexandre Leduc
Merci, M. le Président. Je souhaite souligner, aujourd'hui, le 60e anniversaire du Centre communautaire Hochelaga, un organisme profondément enraciné dans Hochelaga-Maisonneuve. À l'origine connu sous le nom des Loisirs olympiques Sainte-Marie, le centre a su évoluer au fil des décennies pour devenir un acteur incontournable de la vie communautaire du quartier. Depuis 1966, le Centre communautaire Hochelaga multiplie les initiatives pour répondre aux besoins de la population, des enfants jusqu'aux aînés. Dans un quartier qui connaît à la fois de grands défis sociaux et une forte solidarité communautaire, le centre agit concrètement pour créer un milieu sécuritaire, rassembleur et enrichissant, favorisant le développement des compétences, l'éducation populaire et l'amélioration des conditions de vie. Merci à la directrice, Carole Brière, et à toute l'équipe, aux bénévoles ainsi qu'aux citoyens et citoyennes qui font vivre cette institution essentielle de notre beau quartier. Merci.
Merci, M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve. La prochaine déclaration revient à M. le député de René-Lévesque.
Souligner la mission historique et culturelle du Musée de l'église Sainte-Amélie
M. Yves Montigny
Merci, M. le Président. Aujourd'hui, j'ai l'honneur d'accueillir à l'Assemblée nationale deux femmes de coeur qui viennent... qui veillent, en fait, sur un pilier de notre patrimoine, Mme Johanne Munger, présidente, et Mme Mary-Ellen Beaulieu, vice-présidente, du Musée de l'église Sainte-Amélie. Dominant avec prestance le quartier patrimonial de Baie-Comeau, cet espace muséal incarne l'identité même de notre ville nord-côtière. Inspiré de l'architecture Dom Bellot, il abrite l'oeuvre monumentale de Guido Nincheri. Ses fresques et vitraux d'une finesse époustouflante transportent les visiteurs du monde entier dans l'univers historique unique. Grâce à toutes les personnes qui oeuvrent quotidiennement à sa mission essentielle pour notre communauté, le Musée de l'église Sainte-Amélie s'est mué en un espace d'éducation, de culture et de fierté. Merci aux fondateurs, aux collaborateurs, aux membres du personnel et vraiment aux bénévoles de faire battre le coeur de ce joyau. Merci.
Merci, M. le député de René-Lévesque. Et je reconnais maintenant Mme la députée de Westmount—Saint-Louis.
Souligner le Mois du patrimoine asiatique
Mme Jennifer Maccarone
Merci. Mai est l'occasion de souligner le Mois du patrimoine asiatique et de reconnaître la contribution des communautés asiatiques à la culture québécoise, marquée par des traditions d'histoire et de résilience. Depuis des générations, ces communautés participent à bâtir le Québec par leur travail, leur créativité et leur engagement. Elles enrichissent notre société dans tous les domaines, l'éducation, santé, l'entrepreneuriat, art, recherche, et contribuent au rayonnement du Québec. J'ai la chance de représenter Westmount—Saint-Louis, où se retrouve le quartier chinois de Montréal, le seul quartier chinois francophone en Amérique. Je peux témoigner de l'apport exceptionnel de cette communauté à notre métropole et à notre identité collective. Dans un contexte où les discours haineux et les gestes de division prennent de plus en plus de place, il est important de rappeler que notre diversité est une richesse et une force. Bonnes célébrations du Mois du patrimoine asiatique à toutes et à tous! Happy Asian Heritage Month!
Merci, Mme la députée de Westmount—Saint-Louis. Et je cède maintenant la parole à Mme la députée de Labelle.
Souligner le 125e anniversaire de Ferme-Neuve
Mme Chantale Jeannotte
Merci, M. le Président. Je souligne aujourd'hui le 125e anniversaire de la fière communauté de Ferme-Neuve. Née d'une ferme forestière, qui lui a donné son nom, l'industrie du bois reste son ADN. Mais Ferme-Neuve est aussi un pôle touristique et agroalimentaire incontournable. Que l'on pense aux célèbres Miels d'Anicet, aux fermes laitières, au parc de la Montagne du Diable ou au réservoir Baskatong, la municipalité rayonne partout au Québec. Ce dynamisme, nous le devons à ces bâtisseurs, des pionniers comme la famille Lafontaine, l'olympien Ben Leduc, le Dr Luc Laurin, fondateur du Centre Promo santé, ainsi que des élus dévoués comme l'ex-maire, Gilbert Pilote, et l'actuelle mairesse, Diane Sirard. J'invite donc toute la population à se joindre aux festivités qui sont proposées pour marquer ce 125e anniversaire, dont la grande fête du 125e en juin et la journée J'occupe la rivière, en août, consacrée à la rivière la Lièvre. Je vous souhaite un heureux 125e anniversaire à toutes et à tous!
Merci, Mme la députée de Labelle. Et la parole revient maintenant à Mme la députée de Duplessis.
Saluer la détermination des jeunes athlètes de la Côte-Nord
Mme Kateri Champagne Jourdain
«Kuei», M. le Président. Je souligne aujourd'hui la détermination exceptionnelle de nos jeunes athlètes de la Côte-Nord, de Duplessis. Malgré l'éloignement, ils réussissent à se démarquer sur la scène provinciale, nationale et même internationale. Pensons aux jeunes de l'Académie de judo de Sept-Îles, qui ont participé aux Championnats canadiens la fin de semaine dernière, à Charles Paquet, notre triathlète de Port-Cartier, qui poursuit son parcours depuis les Jeux olympiques, à l'équipe de cheerleading le Husky, qui prendra part au Kick's Graduation de Québec, aux gymnastes du club les Gymnastîles, qui seront au Challenge des régions à Gatineau, à la saison exceptionnelle de l'Atanukan, qui les a menés au Tournoi international M15 du Grand Montréal, ainsi qu'à cette athlète de Blanc-Sablon, Natasha Bolger, qui se démarque pour ses performances de coureuse la plus rapide au demi-marathon. Hockey, natation, karaté, nage synchronisée, volleyball, ringuette, et bien plus. _• (9 h 50) •_ À nos athlètes, à leurs familles, à leurs entraîneurs, à toute la communauté qui les soutient, merci de faire rayonner notre région avec autant de fierté.
Merci, Mme la députée de Duplessis. Et la parole revient maintenant à M. le député de Taillon.
Saluer le club de hockey du Collège français de Longueuil pour ses récentes performances
M. Lionel Carmant
Merci, M. le Président. Pour la troisième fois en cinq ans, le club de hockey du Collège français de Longueuil de la ligue junior AAA du Québec a remporté la coupe NAPA. Tant en saison régulière qu'en séries éliminatoires, l'équipe s'est imposée comme l'une des meilleures défensives du pays, n'accordant qu'un peu plus que deux buts par match. Devant le filet, Mathis Lacroix-Goulet a été sensationnel. Il s'est imposé comme l'un des meilleurs gardiens de but au Canada. Je tiens aussi à souligner l'apport remarquable de l'attaquant Gabriel Provencher et des défenseurs Gabriel L'Étoile et Émile Dubois. Ces trois joueurs ont dominé la ligue à leur position respective, au chapitre des plus et des moins. En ce moment, la troupe de l'entraîneur Jonathan Castonguay représente fièrement le Québec à la Coupe du centenaire, à Summerside, à l'Île-du-Prince-Édouard. Le Collège français a fort bien débuté le tournoi et s'est mérité, hier, une place en demi-finale. Allez, le Collège français, jusqu'au bout, ramenez-nous la coupe! Longueuil et tout le Québec est derrière vous. Merci, M. le Président.
Merci, M. le député de Taillon. La prochaine déclaration revient à Mme la députée de Pointe-aux-Trembles.
Souligner le 384e anniversaire de Montréal
Mme Chantal Rouleau
M. le Président, c'est avec grande fierté que je souligne aujourd'hui le 384e anniversaire de la métropole du Québec, coeur battant de notre nation francophone en Amérique. Depuis sa fondation, le 17 mai 1642, Montréal s'est construite grâce à l'audace, la créativité et la solidarité. Ville de savoir, de culture, d'innovation et d'accueil, Montréal a toujours su relever les défis avec ambition. Notre gouvernement a choisi d'investir dans l'avenir de Montréal, notamment par la revitalisation de l'Est et du Quartier latin. Nous avons mené des projets structurants attendus depuis des décennies, dont le prolongement de la ligne bleue et la modernisation de l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont. Notre Mesure de l'Est contribue à améliorer les milieux de vie et à bâtir des quartiers. Et que dire de nos navettes fluviales, M. le Président? Célébrons avec fierté notre métropole, forte et belle. Vive Montréal! Bon anniversaire!
Merci, Mme la députée de Pointe-aux-Trembles. Alors, collègues, avec votre consentement, nous allons permettre à Mme la députée de Verchères de pouvoir reprendre sa déclaration. Consentement? Mme la députée de Verchères.
Souligner le 20e anniversaire des Diableries de Contrecoeur
Mme Suzanne Roy
Merci, M. le Président. Je souhaite aujourd'hui souligner le 20e anniversaire d'un événement-phare de ma circonscription, Les Diableries de Contrecoeur. Depuis deux décennies, ce festival unique rayonne, fait rayonner notre culture québécoise en s'inspirant de notre riche imaginaire collectif, dont, évidemment, la légende de la chasse-galerie. Derrière ce succès se trouve une équipe passionnée, créative, profondément engagée envers sa communauté, que l'on retrouve en tribunes. Je salue la directrice générale, Cynthia Therrien, la présidente, Marijane Gagné, le trésorier, François Montpetit, et le plus jeune membre de l'équipe, Eliott Dallaire. Grâce à leur énergie, M. le Président, à leur implication remarquable et à celle des bénévoles, Les Diableries sont devenues un rendez-vous incontournable, rassembleur et festif, où on rencontre, justement, la musique, la tradition et surtout le plaisir. Merci.
Merci, Mme la députée de Verchères. Alors, voilà qui met fin à la rubrique Déclarations de députés. Nous allons suspendre les travaux quelques instants. _(Suspension de la séance à 9 h 55)_ _(Reprise à 10 h 07)_
Bonjour, tout le monde. Mesdames messieurs, bienvenue. Le parlement du Québec, c'est chez vous. Mmes, MM. les députés, nous allons nous recueillir quelques instants. Je vous remercie beaucoup. Veuillez vous asseoir. Jeudi 14 mai. Nous poursuivons les affaires courantes. Aujourd'hui, il n'y a pas de déclarations ministérielles.
Présentation de projets de loi
À la rubrique Présentation de projets de loi, M. le leader du deuxième groupe d'opposition.
Merci, Mme la Présidente. Juste être sûr qu'on est prêts, mais je vais vous demander d'appeler l'article a du feuilleton, s'il vous plaît.
Projet de loi n° 690
À l'article a du feuilleton, M. le député de Taschereau présente le projet de loi n° 690, Loi sur le droit à l'alimentation. M. le député.
M. Etienne Grandmont
Merci, Mme la Présidente. Ce projet de loi a pour objet de reconnaître, de promouvoir et de protéger le droit à l'alimentation afin d'assurer à toute personne l'accessibilité à de la nourriture de qualité en quantité suffisante. Les mesures prévues par le projet de loi visent à établir un cadre pour guider l'action gouvernementale et les initiatives de la société québécoise dans la mise en oeuvre du droit à l'alimentation. À cette fin, le projet de loi énonce les principes qui guident la mise en oeuvre du droit à l'alimentation et oblige le gouvernement à prendre des mesures propres à assurer la concrétisation de ce droit et à en assurer la protection. Le projet de loi institue le Comité national sur le droit à l'alimentation, lequel aura pour fonctions de conseiller le gouvernement sur les différents aspects liés au droit à l'alimentation et de surveiller l'évolution de ce droit au Québec. Enfin, le projet de loi modifie la Charte des droits et libertés de la personne afin d'y inclure le droit pour toute personne d'avoir un accès physique et économique à une nourriture suffisante, saine et nutritive qui correspond à ses besoins et à ses choix alimentaires. Merci. _• (10 h 10) •_
Et est-ce que l'Assemblée accepte d'être saisie de ce projet de loi? Adopté?
...
Mise aux voix
C'est votre droit. Alors, la période de vote est ouverte. Merci, M. le secrétaire général. La période de vote est terminée. M. le secrétaire général, le résultat.
Pour : 93 Contre : 0 Abstentions : 0
Et cette motion est adoptée. Je reconnais maintenant M. le député des Îles-de-la-Madeleine.
Mme la Présidente, je vous demandais d'appeler... je vous demanderais d'appeler l'article c.
Projet de loi n° 599
À l'article c du feuilleton, M. le député des Îles-de-la-Madeleine présente le projet de loi n° 599, Loi proclamant la Journée nationale de sensibilisation aux enjeux vécus par les personnes immunosupprimées. M. le député.
M. Joël Arseneau
Mme la Présidente, ce projet de loi a pour objectif de proclamer le 5 novembre de chaque année Journée nationale de sensibilisation aux enjeux vécus par les personnes immunosupprimées.
Mise aux voix
Est-ce que l'Assemblée accepte... Est-ce que l'Assemblée accepte d'être saisie de ce projet de loi? Adopté? Adopté. Merci.
Dépôt de documents
À la rubrique Dépôt de documents, je dépose une décision du Bureau de l'Assemblée nationale. _Je dépose également un rapport du Commissaire au bien-être et aux droits des enfants intitulé Une réforme législative pour et avec les enfants du Québec._ Il n'y a pas de dépôt de rapports de commissions.
Dépôt de pétitions
À la rubrique Dépôt de pétitions, je reconnais maintenant M. le député de Laurier-Dorion.
Retirer le chapitre I du projet de loi n° 20, Loi édictant la Loi visant à favoriser l'accès au logement et modifiant diverses dispositions concernant le domaine de l'habitation
Merci, Mme la Présidente. Tout d'abord, j'aimerais saluer la présence de représentantes et représentants de la Fédération de l'habitation coopérative du Québec ainsi que de la Confédération québécoise des coopératives d'habitation. Je dépose donc l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée par 14 406 pétitionnaires. Désignation : citoyens et citoyennes du Québec. «Les faits invoqués sont les suivants : «Considérant que le Québec vit une crise de l'abordabilité sans précédent; «Considérant que 20 % des ménages ont peiné à payer leur loyer en 2025; «Considérant que le moyen le plus efficace pour assurer un meilleur accès au logement est d'accélérer et amplifier la construction de logements réellement abordables, c'est-à-dire accessibles pour tous les ménages; «Considérant que le projet de loi n° 20 contribuera à l'appauvrissement des ménages dépassant les seuils de revenus maximaux, qui seront déterminés de façon arbitraire, en les incitant à retourner dans un marché spéculatif incontrôlable; «Considérant que les ménages actuellement en coopératives y ont tous accédé conformément aux règles en place, qu'ils ont pu améliorer leurs conditions grâce à leur milieu de vie et qu'on devrait encourager cette évolution; «Considérant que le départ éventuel [des] membres expérimentés affaiblira les coopératives en les privant d'expérience, de connaissances et de compétences; «Considérant que la mise en place d'un guichet unique entravera la sélection de membres pour les coopératives en préqualifiant des individus sur la seule base de leur revenu plutôt que de leurs compétences, leurs valeurs et leur aptitude à vivre en coopérative; «Considérant que le projet de loi n° 20 est une menace à la survie du modèle d'habitation coopérative; «Et l'intervention réclamée se résume ainsi : «Nous, signataires, demandons au gouvernement du Québec : «De retirer le chapitre I du projet de loi n° 20; «De renoncer à instaurer un guichet unique pour la sélection des membres des coopératives et toute pénalité financière des membres des coopératives qui augmentent leurs revenus.» Je certifie que... Je certifie que cet extrait est conforme à l'original de la pétition.
Et cet extrait de pétition est déposé. Je reconnais maintenant Mme la députée de Laporte.
Réviser l'indice de milieu socio-économique et les mécanismes d'allocation des ressources aux écoles
Merci, Mme la Présidente. Alors, je dépose l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée par 4 920 pétitionnaires. Désignation : citoyens et citoyennes du Québec. «Les faits invoqués sont les suivants : «Considérant que l'Indice de milieu socio-économique (IMSE) est utilisé pour déterminer l'allocation de ressources essentielles aux écoles du Québec; «Considérant que certaines écoles voient leur rang IMSE s'améliorer sur le plan statistique, sans qu'il n'y ait de réelle amélioration des conditions socio-économiques des élèves et des familles; «Considérant que ces variations peuvent découler de changements méthodologiques, de données agrégées [et] de mouvements démographiques ne reflétant pas la réalité vécue sur le terrain; «Considérant que ces écarts entre les données statistiques et la réalité vécue compromettent l'équité entre les écoles; «Considérant que cette reclassification entraîne une diminution du financement et des services (soutien professionnel, mesures d'aide, encadrement), malgré des besoins inchangés, voire croissants sur le terrain; «Considérant que plusieurs études démontrent un lien direct entre la défavorisation, la réussite scolaire et le besoin accru de ressources; «Et l'intervention réclamée se résume ainsi : «Nous, signataires, demandons au gouvernement du Québec : «De suspendre les effets négatifs des changements d'IMSE lorsque les indicateurs terrain ne démontrent pas d'amélioration réelle; «De réviser la méthodologie de calcul de l'IMSE afin d'y intégrer davantage de données qualitatives et locales; «D'assurer un financement minimal garanti pour les écoles historiquement défavorisées; «De mandater une analyse indépendante des impacts des variations d'IMSE sur la réussite scolaire; «De rendre publics les impacts des changements d'IMSE, école par école, afin d'assurer une transparence accrue.» Je certifie que cet extrait est conforme à l'original de la pétition.
Cet extrait de pétition est déposé. Et j'ai reçu une demande de M. le député de Laurier-Dorion pour la présentation d'une pétition non conforme. Y a-t-il consentement pour la présentation de cette pétition? Consentement. Alors, M. le député de Laurier-Dorion.
Retirer le chapitre I du projet de loi n° 20, Loi édictant la Loi visant à favoriser l'accès au logement et modifiant diverses dispositions concernant le domaine de l'habitation
Merci, Mme la Présidente. Je dépose l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée par 550 pétitionnaires. Désignation : citoyens et citoyennes du Québec. «Les faits invoqués sont les suivants : «Considérant que le Québec vit une crise de l'abordabilité sans précédent; «Considérant que 20 % des ménages ont peiné à payer leur loyer en 2025; «Considérant que le moyen le plus efficace pour assurer un meilleur accès au logement est d'accélérer et amplifier la construction de logements réellement abordables, c'est-à-dire accessibles pour tous les ménages; «Considérant que le projet de loi n° 20 contribuera à l'appauvrissement des ménages dépassant les seuils de revenus maximaux, qui seront déterminés de façon arbitraire, en les incitant à retourner dans un marché spéculatif incontrôlable; «Considérant que les ménages actuellement en coopératives y ont tous accédé conformément aux règles en place, qu'ils ont pu améliorer leurs conditions grâce à leur milieu de vie et qu'on devrait encourager cette évolution; «Considérant que le départ éventuel de ces membres expérimentés affaiblira les coopératives en les privant d'expérience, de connaissances et de compétences; «Considérant que la mise en place d'un guichet unique entravera la sélection de membres pour les coopératives en préqualifiant des individus sur la seule base de leur revenu plutôt que de leurs compétences, leurs valeurs et leur aptitude à vivre en coopérative; «Considérant que le projet de loi n° 20 est une menace à la survie du modèle d'habitation coopérative; «Et l'intervention réclamée se résume ainsi : «Nous, signataires, demandons au gouvernement du Québec : «De retirer le chapitre 1 du projet de loi n° 20; «De renoncer à instaurer un guichet unique pour la sélection des membres des coopératives et toute pénalité financière des membres des coopératives qui augmentent leurs revenus.» Je certifie... Je certifie que cet extrait est conforme à l'original de la pétition. Merci.
Cet extrait de pétition est déposé.
Interventions portant sur une violation de droit ou de privilège
À la rubrique Interventions portant sur une violation de droit ou de privilège ou sur un fait personnel, conformément à l'article 102 du Code d'éthique et de déontologie des membres de l'Assemblée nationale, Mme la députée de Chomedey m'a adressé une demande pour se prévaloir de son droit de faire une déclaration à l'Assemblée à la suite du dépôt du rapport de la Commissaire à l'éthique et à la déontologie dont elle a fait l'objet. Avant de vous céder la parole, madame, je vous rappelle que vous disposez d'un maximum de 20 minutes pour faire votre déclaration. Mme la députée de Chomedey, la parole est à vous.
Rapport d'enquête de la Commissaire à l'éthique et à la déontologie à la présidente de l'Assemblée nationale au sujet de Mme Sona Lakhoyan Olivier, députée de Chomedey
Mme Sona Lakhoyan Olivier
Merci, Mme la Présidente. Collègues de l'Assemblée nationale du Québec, chers concitoyens de Chomedey et chers citoyens du Québec, c'est avec beaucoup de respect et d'humilité que je prends aujourd'hui la parole afin d'accepter les conclusions et les recommandations de la Commissaire à l'éthique et à la déontologie. _• (10 h 20) •_ Je souhaite également présenter mes excuses sincères à mes collègues de l'Assemblée nationale ainsi qu'à la population québécoise — excusez-moi, ce ne sera pas long. Je reconnais avoir commis une erreur et avoir dépassé certaines limites prévues au Code d'éthique et de déontologie des membres de l'Assemblée nationale en lien avec des activités partisanes. Ce n'était pas mon intention d'agir de façon inappropriée ni d'aller à l'encontre des règles qui encadrent nos fonctions. J'ai toujours cru de bonne foi que mes gestes ne dépassaient pas les limites — excusez-moi, ce ne sera pas long. Depuis le déclenchement de l'enquête à travers chacune de mes communications avec la Commissaire à l'éthique, j'ai évolué dans ma compréhension de ses attentes. Au fil du processus, j'ai pris le temps d'écouter, de réfléchir et de mieux comprendre, de mieux comprendre les exigences associées à nos responsabilités en tant que parlementaires — excusez-moi, je ne vois plus, excusez-moi. Lors de notre dernière rencontre, j'ai d'ailleurs exprimé à la commissaire que je comprenais maintenant beaucoup plus clairement ce qui était attendu de moi. Aujourd'hui, malgré le caractère difficile de cette épreuve, je peux dire que j'ai appris de mes erreurs. Cette expérience m'amène à poursuivre mon travail avec encore plus de prudence, de rigueur et discernement. Je crois sincèrement que tous les députés, peu importe leur formation ici, s'engagent en politique avec le désir de servir la population et d'améliorer la qualité de vie des citoyens. C'est pourquoi je crois qu'il est important de continuer à renforcer la sensibilisation à la formation en matière d'éthique et de déontologie. Je prends acte de la décision de la commissaire avec respect et j'accepte la sanction qui m'est imposée sans commenter le montant de la pénalité. Je l'accepte sans contestation. Malgré cette erreur, j'ai toujours pleinement assumé mon rôle de députée auprès des citoyens de Chomedey, avec sérieux, engagement et dévouement. Que ce soit à l'Assemblée nationale ou sur le terrain, je poursuis mon travail de représentation au service des citoyens qui m'ont accordé leur confiance. Je continuerai à assumer cette responsabilité avec humilité, prudence et sens du devoir. Je m'excuse. Je m'excuse, Marc. Je vous remercie.
Je vous remercie, Mme la députée. Je vous rappelle que, conformément à l'article 103 du Code d'éthique et de déontologie des membres de l'Assemblée nationale, lorsque la commissaire recommande l'application d'une sanction, l'Assemblée doit procéder au vote sur le rapport à la séance suivant la réponse de la députée. Il s'agit d'un vote aux deux tiers des membres de l'Assemblée, qui aura lieu à la rubrique des votes reportés de la prochaine séance, soit le 26 mai prochain.
Questions et réponses orales
Maintenant, nous en sommes rendus à la période de questions et de réponses orales, et, pour ce faire, je cède la parole, en question principale, à la députée de Mont-Royal—Outremont.
Projets de transformation numérique de l'État
Mme Michelle Setlakwe
Mme la Présidente, après Northvolt et SAAQclic, voilà un autre fiasco SAAQclic, SIFA... un autre fiasco caquiste, SIFA. À cause de la CAQ, nous sommes maintenant dans un cul-de-sac : poursuivre un projet mal ficelé qui va coûter plus de 1,2 milliard ou tout arrêter et payer 175 millions de pénalité. Je cite le rapport accablant de l'Autorité des marchés publics : «En février 2025, le ministère du Numérique dépose au ministère de la Santé un rapport dans lequel il critique la gestion du projet et du contrat. Le ministère du Numérique recommande l'arrêt du projet. Il reproche notamment au ministère de la Santé un suivi insuffisant et considère que le projet est en dépassement de coûts. En mars 2025, Santé Québec propose au ministre de la Santé alors en poste de mettre un terme au projet SIFA dans sa forme actuelle. Le ministre rejette cette proposition.» Malgré les audits accablants, les avertissements répétés et l'explosion des coûts de 96 à près de 300 millions de dollars, la ministre refuse toujours d'arrêter ce fiasco. Pourquoi?
La réponse de la ministre de la Cybersécurité et du numérique.
Mme France-Élaine Duranceau
Mme la Présidente, on prend très au sérieux les recommandations qui ont été faites dans le contexte du rapport Gallant. On a par ailleurs demandé l'année dernière à l'AMP de faire une vigie de tous les contrats informatiques sur une période de 10, 15 années afin de comprendre pourquoi les projets informatiques sont toujours compliqués à déployer puis qu'il y a toujours des dépassements de coûts, et ce rapport-là sera disponible bientôt, et on va s'appuyer sur les recommandations, aussi, qu'il y aura dans ce rapport-là, parce que c'est... c'est inévitable, là, le gouvernement du Québec, s'il veut se transformer, s'il veut passer à l'ère numérique, s'il veut être plus efficace, il va falloir qu'il y en ait, des projets informatiques. Ça passe par là. Puis ça va aller à une vitesse phénoménale avec l'avènement de l'intelligence artificielle. Donc, je pense qu'il faut prendre les choses au sérieux, il faut s'assurer qu'il y a une gouvernance qui est solide, entourant les projets informatiques. Et moi je tiens à rappeler qu'on a... on a été proactifs en demandant à l'AMP de nous faire des recommandations, puis on va s'assurer que, dans les projets à venir, tout ça est appliqué convenablement.
Première complémentaire.
Mme Michelle Setlakwe
Mme la Présidente, la CAQ avait huit ans pour prendre les choses au sérieux puis assurer une gouvernance adéquate. _Ce matin, on apprend, sous la plume de Nicolas Lachance, du Journal de Québec, que la ministre de la Santé fonce tête baissée. Je cite Nicolas Lachance : «Le gouvernement exercerait une forte pression sur Santé Québec pour qu'elle poursuive le projet. Même la publication d'un rapport accablant de l'AMP ne semble pas freiner la ministre.»_ Cette gestion chaotique, là, la nouvelle première ministre en fait partie.
La réponse de la ministre de la Santé.
Mme Sonia Bélanger
Oui, Mme la Présidente. Écoutez, je n'ai pas la réputation de prendre des décisions à l'emporte-pièce, et surtout pas de foncer tête baissée, sans analyser l'ensemble des éléments, Mme la Présidente. Alors, je suis très à l'aise avec... Avec mon arrivée en fonction, le 19 décembre dernier, quand je suis arrivée, je veux quand même vous rappeler que ce projet SIFA était sur pause. Quand je suis arrivée, le 19 décembre, le projet SIFA était sur pause. Alors, j'ai demandé des explications, et c'est à ce moment-là que j'apprenais qu'il y avait aussi une enquête de l'AMP et que leur rapport allait sortir incessamment.
Deuxième complémentaire.
Mme Michelle Setlakwe
Mme la Présidente, ce qu'il faut retenir ici, c'est la mauvaise gestion, la mauvaise gouvernance du gouvernement de la CAQ, que ce soit l'ancien ou le nouveau, comme semble vouloir nous faire croire la nouvelle première ministre. L'AMP ne pourrait pas être plus claire, je cite : «Le ministère de la Santé n'a pas agi de manière à assurer la bonne gestion des fonds publics.» C'est assez accablant. C'est ça, la CAQ. C'est le gaspillage, c'est la décote. À quel moment est-ce que ça va cesser? À quel moment est-ce qu'ils vont enfin comprendre le fiasco SAAQclic puis apprendre...
La réponse de la ministre de la Santé.
Mme Sonia Bélanger
Mme la Présidente, je vais continuer, là, avec ma réponse de la question précédente. Alors donc, j'ai attendu, à mon arrivée en fonction, d'avoir le rapport, le rapport qui nous a été livré la semaine dernière, Mme la Présidente. On en a pris connaissance, et je comprends que les partis d'opposition aussi. Et nous avons jusqu'à six mois, et six mois, ce n'est pas, pour moi, l'objectif, je souhaite qu'on le fasse avant, mais nous avons jusqu'à six mois. Donc, du côté de Santé Québec, j'ai demandé de préparer un plan d'action pour répondre aux recommandations de l'AMP, qui sont fort importantes, bien sûr, pour l'amélioration continue de nos façons de faire avec les systèmes d'information au Québec, Mme la Présidente. C'est important. Santé Québec est là pour faire le travail, et je... _• (10 h 30) •_
En question principale, je reconnais maintenant le député de Marguerite-Bourgeoys.
Investissement du gouvernement dans Nemaska Lithium
M. Frédéric Beauchemin
Mme la Présidente, hier, le ministre de l'Économie nous a dit que Nemaska, c'était un beau projet. Tout va bien. Circulez, il n'y a rien à voir. Pourtant, la veille, le ministre des Finances nous a dit que, Nemaska Lithium, le projet ne va pas bien. On sait que, dans le Nord, la mine n'avance pas, qu'il y a une pause dans la construction de l'usine de transformation, ça amène à des mises à pied. Le ministre nous a dit aussi que c'est un dossier qui a eu plusieurs déboursés d'argent public, 1,2 milliard, Mme la Présidente. Il nous dit aussi que Rio Tinto ont mis le projet sur pause pour repartir sur des meilleures bases. Est-ce que le gouvernement de la CAQ peut nous dire quelles sont ces fameuses nouvelles bases qui, aujourd'hui, sont nécessaires, puis pourtant elles ne l'étaient pas lorsqu'ils ont fait le déboursé?
La réponse du ministre de l'Économie, de l'Innovation et de l'Énergie.
M. Bernard Drainville
Bien, d'abord, Mme la Présidente, hier et avant-hier, j'ai clairement exposé les faits. Le projet n'est pas sur pause, l'usine continue de se construire, il y a 500 travailleurs qui se présentent chaque jour pour avancer les travaux, qui progressent à un rythme moins soutenu, mais qui progressent quand même. Et ce projet va se faire avec, bien entendu, notre partenaire, Rio Tinto. Maintenant, Mme la Présidente, je souhaite soumettre à l'attention de cette Chambre une information qui nous est parvenue. Il faut quand même noter le fait, Mme la Présidente, que, le 30 mai 2018, sous le gouvernement de Philippe Couillard, le gouvernement libéral a investi 130 millions dans le projet de Nemaska Lithium. Et malheureusement, Mme la Présidente, l'entreprise a fait faillite en 2020, et le gouvernement a perdu 70 millions à ce moment-là. Le seul gouvernement qui a perdu de l'argent dans Nemaska Lithium, c'est le gouvernement libéral, parce que l'investissement de 1,1 milliard que nous avons... auquel nous avons procédé, il a toujours sa pleine valeur, actuellement, Mme la Présidente. Alors, je ne me réjouis pas de cette perte. Je dis juste que ces projets sont risqués, et ils y ont cru, eux aussi.
Première complémentaire.
M. Frédéric Beauchemin
Ils ont mis 1,2 milliard après ça. Bravo, les champions! Heille! Charles Emond, à la...
...
Attendez. Oui, Mme la leader adjointe, j'aimerais vous entendre. Quel est votre rappel au règlement?
Mme la Présidente, je pense que dans cette salle on a droit au respect, au décorum. Article 35.
Et Mme la leader adjointe, je suis d'accord avec vous. Demeurons respectueux les uns avec les autres. M. le député, je veux entendre votre question. Il n'y a que vous qui avez le droit de parole. On garde le silence.
Charles Emond, de la caisse, a dit : «On a décidé de ne pas investir, il y a un risque avec des possibilités d'excédent de coûts assez important.» La caisse n'a pas investi dans Nemaska, ils ont investi dans Northvolt. Donc, la caisse a vu des choses négatives dans Nemaska que clairement la CAQ a ignorées, ou soit la caisse a décidé de faire en sorte, en leur investissement de Northvolt, de prendre des apprentissages, ce que la CAQ n'a pas compris. Quelle est la réponse?
La réponse du ministre de l'Économie, de l'Innovation et de l'Énergie.
M. Bernard Drainville
Alors... Alors, Mme la Présidente, j'étais en train de dire qu'on ne se réjouit pas que le gouvernement libéral ait perdu 70 millions dans Nemaska Lithium. C'est juste pour dire que ce sont toujours des projets qui sont risqués. Ils y ont cru, Mme la Présidente. Et, oui, on y croit toujours. La différence entre eux et nous, Mme la Présidente, c'est qu'on gère notre risque. On a pris en considération les observations qui ont été soumises à notre attention de la part de Ressources naturelles, des modifications ont été apportées, le projet a été bien géré, et on s'est associés avec un partenaire très sérieux, très crédible, Rio Tinto. Et nous avons l'intention d'aller de l'avant avec ce projet et de le compléter. Voilà.
Deuxième complémentaire.
M. Frédéric Beauchemin
Mme la Présidente, même réponse que dans Northvolt, mais cette fois-ci c'est 1,2 milliard. Comme responsable et fiduciaire de l'argent des Québécois, on ne peut pas avoir un ministre de l'Économie qui ignore la juste valeur marchande actuelle de cet investissement. On exige que le gouvernement rende publique dans les prochains jours la valeur juste, marchande, actuelle de ce placement-là. Combien, aujourd'hui, vaut notre investissement dans Nemaska?
La réponse du ministre.
M. Bernard Drainville
Mme la Présidente, la juste valeur marchande du placement, c'est la valeur du placement actuelle, c'est-à-dire 1,1 million. Maintenant, Mme la Présidente, je réitère... 1,1 milliard. Je réitère, Mme la Présidente, que le seul gouvernement qui a perdu de l'argent dans Nemaska Lithium, c'est le gouvernement de Philippe Couillard, qui a investi 130 millions et qui a perdu 70 millions. C'est ça, la réalité. On ne s'en réjouit pas, je le répète. Tout ce que ça souligne, c'est qu'il faut les gérer correctement. Vous l'avez mal géré. Nous, on le gère correctement. Voilà.
En question principale, je reconnais maintenant le député de LaFontaine.
Dépenses par cartes de crédits des ministères et organismes
M. Marc Tanguay
Le ministre de l'Économie vient de dire : Nous, on gère efficacement. Wow! C'est un gouvernement dépensier... dépensier, gaspilleux, dont le dossier de crédit a été une décote. Avec la CAQ, on vit sur les cartes de crédit, Mme la Présidente. _Pour rappel, en octobre 2024, le bureau d'enquête du Journal de Montréal, grâce à une demande d'accès à l'information, avait soulevé des écarts de comportement au gouvernement de la CAQ quant à l'usage des cartes de crédit, 48 millions sur les cartes de crédit à ce moment-là, des dépenses injustifiées, notamment l'ex-premier ministre qui avait acheté un chandail du Canadien autographié par Guy Lafleur à 1 282 $, envoye sur la carte de crédit, des dizaines de milliers de dollars d'intérêts non payés, envoye sur la carte de crédit._ On a, dans les crédits actuels, demandé d'avoir accès aux cartes de crédit, mais la présidente du Conseil du trésor a dit que ce n'était pas pertinent. Pourquoi la présidente du Conseil du trésor refuse l'accès aux cartes de crédit parce que ce n'est pas pertinent, Mme la Présidente? C'est l'étude des crédits.
La réponse de la présidente du Conseil du trésor.
Mme France-Élaine Duranceau
Bien, Mme la Présidente, si c'était une question si importante, je suis surprise de ne pas l'avoir eue hier aux crédits, hein, parce qu'on a amplement parlé de télétravail, on a amplement parlé de la démission de l'ancienne présidente de la Commission de la fonction publique. On a parlé de l'AMP, ça, c'étaient... c'étaient des bonnes discussions, sur les projets informatiques, parce que la transformation de l'État puis là où il faut mettre des sous, prochainement, c'est beaucoup au niveau de la transformation numérique. Ça fait que je pense que je ne m'enfargerais pas tant que ça dans les cartes de crédit puis je me concentrerais sur des projets qui sont importants et qu'il va falloir approcher collectivement avec ouverture puis s'assurer d'une... il va falloir s'assurer que la gouvernance, elle est... elle est adéquate. Et je vous dirais, Mme la Présidente, que nous, on est arrivés au pouvoir en 2018, là. Avant ça, il y a eu 25 années de libéraux puis 25 années de péquistes collectivement, là, et ce n'était pas joyeux non plus, leurs projets... leurs projets informatiques. Donc, je pense qu'on va s'asseoir sur les... on va s'appuyer sur les recommandations du rapport Gallant et de l'AMP pour avoir quelque chose de structuré.
Première complémentaire.
M. Marc Tanguay
Mme la Présidente, la présidente du Conseil du trésor vient de dire que la discussion sur les cartes de crédit, ce n'est pas important. Elle vient de dire que ce n'est pas important. Dois-je lui rappeler qu'en 2020 il y avait 5 400 cartes de crédit, la plupart c'est des MasterCard, qui circulaient au gouvernement? Le VG a trouvé ça assez important pour émettre un rapport dévastateur, en novembre dernier, qui dit qu'on était rendus, il y a un an, à 12 600 cartes de crédit. Des dépenses inconsidérées, des frais de crédit. Ce n'est pas important pour la présidente?
La réponse de la présidente du Conseil du trésor.
Mme France-Élaine Duranceau
Mme la Présidente, c'est sûr que c'est important pour moi. Je suis sidérée de ne pas avoir eu cette question en crédits. Je l'ai ce matin. Très bien. Alors donc, il y a du gros bon sens aussi, Mme la Présidente. Il y a des comptes, des comptes de cartes de crédit qui arrivent? Bien, on a fait des rappels à tout le monde qu'une carte de crédit, ça se paie à date et à temps. Ensuite de ça, les rappels administratifs ont été faits par... par le Conseil du trésor. Et j'aimerais rappeler l'imputabilité des gestionnaires. À un moment donné, tu es gestionnaire, tu es payé un prix x pour gérer une équipe et avoir des responsabilités additionnelles. Ça inclut payer sa carte de crédit à temps.
Deuxième complémentaire.
M. Marc Tanguay
On veut le savoir. Il y a une directive, dans l'étude des crédits du ministère du conseil... de la présidente du Conseil du trésor, de dire : Ne les donnez pas. Il n'y a aucun ministère qui donne les réponses sur leurs cartes de crédit parce qu'elle a décidé de dire : Ce n'est pas pertinent. Zéro. _• (10 h 40) •_ _Mme la Présidente, elle a émis des directives, imaginez-vous donc, en octobre 2024, après le scandale révélé par le Journal de Montréal, elle a dit : Pas plus que 5 000 $ par mois de paiement par carte de crédit. Bien, il y a 24 cartes de crédit qui a... au ministère des Transports, qui a 50 000 $ de marge et il y en a 17..._
La réponse de la présidente du Conseil du trésor.
Mme France-Élaine Duranceau
Bien là, écoutez, Mme la Présidente, là, je vais répéter, là, les cartes de crédit, il faut que ça se paie à temps. OK? Donc, ça, on a rappelé ça à tout le monde. Après ça, chaque sous-ministre est responsable de son ministère et est responsable de gérer son personnel. Et, dans les bonnes pratiques d'affaires, bien, oui, il faut payer à temps ses comptes. Donc, on a rappelé cette directive-là, qui, tant qu'à moi, relève du gros bon sens et d'une saine gestion des finances publiques. Donc, je suis entièrement d'accord, il faut que ça se fasse dans les règles de l'art, puis on fait les suivis sur ça.
En question principale, je reconnais maintenant la cheffe du deuxième groupe d'opposition.
Financement des infrastructures municipales
Mme Ruba Ghazal
Merci, Mme la Présidente. Dans les dernières semaines, j'ai rencontré les maires et mairesses de Sherbrooke, Trois-Rivières, Gatineau, ils me disent tous qu'ils ont trois priorités : les infrastructures, les infrastructures, les infrastructures. Je donne un exemple. À Trois-Rivières, le maire m'a parlé d'un projet... en fait, sept projets de logement, qui représentent des centaines de logements, qui en ce moment sont mis sur pause. Pourquoi? Parce qu'il n'y a pas d'argent pour augmenter la capacité des stations de pompage. Construire du logement, ce n'est pas juste de la brique et du mortier, ça prend aussi des égouts, réseau d'aqueduc, des stations de pompage, une nouvelle rue, etc. Les villes gèrent la grande majorité des infrastructures, 60 %, mais reçoivent uniquement 5 % du PQI. Ça, Mme la Présidente, c'est le bilan de la CAQ, qui a drastiquement réduit le financement et s'est désengagée. Et plus on attend, on le sait, hein, plus on attend, plus ça va coûter cher, plus on pellette par en avant. Au dernier budget de la CAQ, l'UMQ a dénoncé le fait que l'argent prévu est loin d'être suffisant pour rattraper le désengagement de la CAQ. On n'a plus besoin, Mme la Présidente, de réflexion. Ce qu'ils ont besoin, c'est de financement et d'investissement. La première ministre a une seule mesure pour les locataires, hein, elle nous l'a dit, à chaque fois que je lui parle des locataires, c'est de construire plus. Comment est-ce qu'elle va faire pour y arriver si elle coupe dans les infrastructures municipales qui permettent de construire plus de logements? Comment est-ce qu'elle va faire pour y arriver?
La réponse de la première ministre.
Mme Christine Fréchette
Merci, Mme la Présidente. Bien, je suis bien contente qu'on aborde ce thème-là, parce que j'étais aux assises de l'Union des municipalités du Québec, ce matin, et j'ai été présenter notre vision, nos ambitions, et ça a été très bien accueilli, je dois dire. Et, en matière d'infrastructures, c'est un défi commun que l'on a, à la fois comme gouvernement du Québec et comme gouvernements de proximité que sont les municipalités et les villes. Et ce que... ce dans quoi on est engagés, bien, c'est un grand rattrapage, parce que ça fait des années, des années qu'il n'y a pas eu d'investissement. Avant 2018, il n'y en a pas eu pendant je ne sais combien d'années, et nous, on a dû rattraper ce grand déficit. On entend souvent les libéraux dire qu'ils nous ont légué un surplus. Dans les faits, ils nous ont légué un déficit immense en matière d'infrastructures, d'entretien d'infrastructures et de mise à niveau. Alors, c'est pour ça qu'est requis aujourd'hui un grand rattrapage. Et on s'est lancés là-dedans déjà depuis plusieurs années. Au dernier budget, c'était notamment dans le domaine de la santé puis des infrastructures, des écoles, et etc., qu'on a mis de l'avant des investissements. Mais il faut voir qu'on a hérité d'infrastructures en mauvais état. Et malheureusement la plupart de ces infrastructures-là ont été conçues au même moment et donc arrivent en fin de vie au même moment. Alors, j'ai annoncé ce matin qu'on allait engager un dialogue avec les municipalités pour identifier les meilleures formules pour avoir un meilleur suivi en matière de coûts et de financement des infrastructures. Et... Et également j'ai annoncé, en matière d'habitation, qu'on avait déjà 17 000 habitations abordables qui avaient été construites et il y en a 10 000 de plus qui sont en construction. Alors, on va maintenir ce rythme-là, cette cadence-là, parce que les besoins sont immenses et il faut répondre à ces besoins-là.
Première complémentaire.
Mme Ruba Ghazal
Je suis d'accord qu'on a besoin de rattrapage, tout le monde est d'accord, il y a un consensus, à cause des libéraux, mais aussi à cause des huit ans de gouvernement de la CAQ, on a besoin de rattrapage. Pas besoin de réflexion, pas besoin... oui, bien sûr, le dialogue, c'est important, mais pas besoin de toujours réfléchir. Ce qu'on a besoin, ce que les villes ont besoin, c'est des investissements. En ce moment, ils gèrent... les municipalités gèrent 60 % des infrastructures, puis tout ce qu'elles ont, c'est 5 %. À combien est-ce qu'elle va l'augmenter? Est-ce qu'elle a réfléchi à ça? Combien? C'est ça qu'elles veulent entendre.
La réponse de la première ministre.
Mme Christine Fréchette
Oui, Mme la Présidente, on a augmenté considérablement les montants qui ont été versés aux municipalités puis aux villes. Ça se compte en milliards, ce qui a été investi. En fait, il n'y a pas aucun gouvernement qui en a fait autant pour les villes que celui de la Coalition avenir Québec. Ça, c'est pour rénover les infrastructures. C'est également pour construire des logements, puis construire des logements en mode accéléré. Vous savez qu'on avait mis en place un pouvoir spécial, un super pouvoir pour déroger à certaines règles qui étaient en place, et j'ai annoncé, ce matin, que le pouvoir qui était octroyé aux villes de manière temporaire sera maintenant permanent. Alors, ça, ça a été super bien reçu, parce que les villes vont pouvoir poursuivre la construction en accéléré de logement abordable. Et, on le sait, les besoins sont criants, et on est au rendez-vous pour y répondre.
Deuxième complémentaire.
Mme Ruba Ghazal
Mme la Présidente, qu'est-ce que la première ministre répond, par exemple, au maire de Trois-Rivières, qui a sept projets de chacun 50 logements qui sont sur pause? Ils sont arrêtés parce qu'ils ne sont pas capables d'avoir l'argent pour avoir des stations de pompage. Qu'est-ce qu'elle répond? Je comprends que réparer et ajouter des réseaux d'aqueduc puis des réseaux d'égout, ce n'est pas aussi sexy que de couper des rubans, mais, si le gouvernement de la CAQ abandonnait le projet de troisième lien, il y en aurait, de l'argent pour les villes et les municipalités. Pour aller vendre des skidoos, là, c'est ça que...
La réponse de... La réponse de la première ministre.
Mme Christine Fréchette
Alors, comme je vous dis, il y a eu un accueil très positif, ce matin, aux propositions qu'on a mises de l'avant. Et je me suis avancée non seulement sur la question des infrastructures, mais également sur la question des logements, tout comme de l'itinérance, d'ailleurs, c'est un dossier qu'il faut qu'on travaille en collaboration avec les municipalités, et la bureaucratie, la réduction de la bureaucratie. Alors, j'ai indiqué que, dorénavant, pour tout nouveau formulaire qui sera créé, il faudra en éliminer deux. Alors, ça va réduire la charge bureaucratique puis administrative qui est assumée par les villes et les municipalités. Et, comme je disais, c'est important. Oui, il y a les infrastructures, mais il y a toute une série d'enjeux sur lesquels on va travailler ensemble. Et l'immigration aussi en est un. On a besoin de régionaliser encore davantage l'immigration puis d'assurer la présence de ceux qui sont déjà intégrés et qui parlent français.
En question principale, je reconnais maintenant le député de Laurier-Dorion.
Projet de loi visant à favoriser l'accès au logement
M. Andrés Fontecilla
Merci, Mme la Présidente. J'ai déposé, il y a quelques minutes, une pétition signée par plus de 14 000 personnes qui demande au gouvernement de retirer le chapitre I du PL n° 20. En effet, les membres des coopératives d'habitation se sont mobilisés en grand nombre pour... en opposition à ce projet de loi. Pourquoi? Deux raisons fondamentales, Mme la Présidente. D'abord parce que le projet de loi menace l'autonomie des coops dans leur sélection des membres. Ensuite parce que la compensation prévue pour les membres des coops qui ont amélioré leur sort va nuire à la mixité sociale et pousser au départ des personnes qui sont souvent impliquées depuis longtemps dans la gestion de leurs coopératives. Est-ce que la ministre va écouter les membres des coops et retirer le chapitre I du PL n° 20?
La réponse de la ministre responsable de l'Habitation.
Mme Karine Boivin Roy
Merci, Mme la Présidente. Alors, tout d'abord, il faut rappeler, le projet de loi n° 20, ce que ça propose. Ça propose un ensemble de mesures qui est destiné à améliorer l'accès au logement. Donc, entre autres, on a la notion de logement abordable qui serait définie dans la nouvelle loi. On a également la question d'un guichet centralisé. La SHQ serait alors habilitée à déployer un guichet à la fois pour les demandes de logements à loyer modique et également ceux à loyer abordable. Il y a aussi la question des copropriétés divises, donc habiliter le gouvernement à exempter certaines copropriétés. On parle notamment du carnet d'entretien. On parle aussi de l'étude du fonds de prévoyance. Il y a aussi des dispositions pour les baux étudiants. Et également accroisser aussi les pouvoirs du Tribunal administratif du logement. Donc, on parle des procureurs, des... en fait, les demandes qui sont quérulentes. On parle aussi d'améliorer les demandes lorsqu'il y a des litiges, donc pouvoir avoir un processus de conciliation également, le fait que les dossiers puissent être poursuivis lorsqu'il y a 45 jours de passés. Donc, évidemment, je reviendrai, Mme la Présidente, en complémentaire, mais il y a eu un rapport qui a été émis par la Commission de l'aménagement du territoire, suite aux consultations qui ont eu lieu le 26 et le 31 mars dernier.
Première complémentaire.
M. Andrés Fontecilla
Oui. Merci, Mme la Présidente. Donc, on a entendu la ministre affirmer publiquement qu'elle était à l'écoute des demandes et des réalités vécues par les membres des coopératives d'habitation. Ma question porte précisément sur les coopératives d'habitation, un milieu de vie qui demande et qui comporte une participation importante des membres. La ministre va imposer des compensations financières qui visent à mettre... à évincer ces gens-là à cause de ces pénalités financières. Est-ce que la ministre va retirer...
La réponse de la ministre.
Mme Karine Boivin Roy
Merci, Mme la Présidente. Alors, évidemment, il fallait mettre en contexte le projet de loi n° 20, mais vous comprendrez que, depuis mon entrée en poste, nous analysons les paramètres du projet de loi n° 20. Nous prenons aussi le temps de rencontrer les acteurs du milieu, d'écouter leurs réalités, d'écouter leurs préoccupations, notamment les coopératives d'habitation. Alors, nous poursuivons, actuellement, les échanges avec eux. Évidemment, on est conscients que le modèle des coopératives, c'est un modèle... un pilier d'abordabilité, c'est un modèle qui existe depuis 60 ans. Donc, c'est un modèle dans lequel on vise la stabilité, on encourage la participation citoyenne et on priorise aussi la mixité sociale. Donc, on a bien entendu les préoccupations, les doléances, les inquiétudes, et j'ai déjà dit que c'est des préoccupations qui étaient légitimes dans la mesure où le projet de loi... _• (10 h 50) •_
Deuxième complémentaire.
M. Andrés Fontecilla
Donc, la ministre, heureusement, semble... semble mieux connaître la réalité du modèle coopératif d'habitation, mais la question est très simple. Est-ce qu'elle va retirer les dispositions concernant les coopératives d'habitation? C'est un oui ou c'est un non. Elle semble connaître leur réalité, elle comprend donc les conséquences du projet de loi n° 20, là, sur les coopératives d'habitation. Est-ce qu'elle comprend qu'il faut retirer ces... les dispositions concernant les coopératives d'habitation, oui ou non?
La réponse de la ministre.
Mme Karine Boivin Roy
Mme la Présidente, le but ultime, ici, c'est de faciliter l'accès au logement tout en préservant l'autonomie des modèles qui fonctionnent. Alors, présentement, on est en train d'analyser les paramètres du projet de loi n° 20. Comme j'ai dit, on est en échange, le dialogue est ouvert, avec les coopératives d'habitation. Alors, on va vous revenir, on va bien faire les choses, on va revenir en temps et lieu. Mais évidemment l'intention a toujours été de prioriser l'accès au logement, d'améliorer l'accès au logement tout en respectant les modèles qui existent déjà sur le terrain. Alors, on reviendra en bon temps. Merci.
En question principale, je reconnais maintenant le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
Plan de lutte contre l'itinérance
M. Guillaume Cliche-Rivard
Mme la Présidente, la semaine dernière, la première ministre et l'ancien, nouveau, là, ministre de la Lutte à l'itinérance faisaient des annonces importantes tant en prévention qu'en sortie de l'itinérance. Tant mieux. Cependant, c'est nettement insuffisant. Chaque année, il y a davantage de personnes qui tombent en situation d'itinérance que de personnes qui en sortent. Ce n'est pas compliqué, pendant que le gouvernement se félicite d'en avoir sorti 4 000 de la rue, eh bien, pendant ce temps-là, l'itinérance explose encore plus, puis on a maintenant 12 000 personnes qui vivent dans les rues, au Québec. Comment ça, Mme la Présidente? Eh bien, regardons la cause principale. Ce n'est pas compliqué, 53 % d'entre eux ont été expulsés de leurs logements, incapables de payer des hausses de loyer sans bon sens. Ça, chaque année, ce sont des milliers de personnes qui avaient un toit cette année et qui n'en auront pas l'année prochaine parce que leur loyer explose. C'est inacceptable. Quand est-ce que le ministre de la Lutte à l'itinérance va parler à sa collègue de l'Habitation pour qu'on arrête d'avoir des loyers qui explosent de manière démesurée et qu'on mette fin à la crise de l'itinérance?
La réponse du ministre responsable des Services sociaux et de la Lutte contre l'itinérance.
M. Lionel Carmant
Merci, Mme la Présidente. Je remercie le collègue de Saint-Henri—Sainte-Anne pour sa question. L'ancien, l'ex, futur, bien, il parle régulièrement à sa collègue de l'Habitation, on s'est rencontrés hier. Puis je tiens à rappeler à tout le monde l'importance de l'initiative que Mme la première ministre a décrétée la semaine... la semaine dernière. On met de l'avant des programmes de supplément au loyer en prévention de l'éviction ou de la reprise de logement. Donc, ce qu'on vient faire, c'est... on garde les gens chez eux, avec des gens des organismes communautaires qui sont présents au Tribunal administratif du logement et qui vont prévenir la sortie vers l'itinérance. Donc, on est déjà en action. Et, Mme la Présidente, on a annoncé la nouvelle pour trois grands centres où les initiatives étaient bien ficelées, mais, dans une phase II très rapprochée, puis là on a vu que le maire de Saint-Jérôme lève la main, le maire de Drummondville lève la main, bien, on va être au rendez-vous, Mme la Présidente. On est là pour déployer ce programme-là partout au Québec, garder les gens en logement, renverser la tendance. Notre gouvernement s'est donné tous les outils pour mettre fin à l'itinérance, Mme la Présidente, puis on va continuer notre travail. Merci.
Première complémentaire.
M. Guillaume Cliche-Rivard
Mme la Présidente, le ministre vient de parler de 1 000 nouveaux logements subventionnés en trois ans. Ça, c'est 333 par année. OK. C'est quoi, le plan pour les 11 667 autres? OK, c'est bon, on avance de 333. C'est quoi, la suite? C'est quoi, le plan? Quand est-ce qu'on va avoir des mesures structurantes, crédibles, réelles pour mettre fin à la crise de l'itinérance?
La réponse du ministre.
M. Lionel Carmant
Mme la Présidente, on en retire de plus en plus. Et là on vient juste de parler de la dernière initiative. On a également mis le... sur pied le programme pour la santé mentale. On a maintenant 11 équipes PRISM à travers le Québec, dans toutes les régions. Donc, chaque année, c'est des centaines de personnes avec des problèmes de santé mentale et qui sont en situation d'itinérance qui sont retirées de la rue et qui viennent soulager la cohabitation partout au Québec, Mme la Présidente. Puis là on vient d'annoncer un autre programme, en plus, pour les toxicomanes. Les itinérants en situation de toxicomanie vont être maintenant accompagnés dans leur... dans la gestion de la toxicomanie et ensuite logés avec accompagnement pour la suite des choses. Encore un autre problème de cohabitation qu'on vient régler, Mme la Présidente. Un à un, on va renverser...
Deuxième complémentaire.
M. Guillaume Cliche-Rivard
Mme la Présidente, on aura beau sortir de l'itinérance à chaque année des milliers de personnes, s'il y en a des milliers de plus qui se rajoutent par-dessus ça, on ne s'en sortira jamais. Il pourrait en sortir 3 000, 4 000, 5 000, 10 000, si de l'autre bord on en rajoute davantage, la crise ne se finira jamais. Depuis 2018, là, c'est 64 % de hausse de loyer en moyenne. Il y a des milliers de personnes qui sont incapables de payer leurs logements, qui se retrouvent à la rue. Quand est-ce qu'on va arrêter l'hémorragie?
La réponse du ministre.
M. Lionel Carmant
Bien, Mme la Présidente, c'est justement ce qu'on vient faire avec le programme que la première ministre a annoncé, qu'on a mis sur pied, une innovation québécoise, la Maison du Père, là. On vient mettre la main sur le robinet, et on vient diminuer la sortie vers l'itinérance, et on va garder les gens en logement. Et d'année en année on continue d'augmenter les ressources pour sortir les gens de l'itinérance, et, je vous le dis, on va renverser la tendance. Et enfin on a la possibilité de mettre fin à cette crise de l'itinérance, Mme la Présidente. Nous, ce qu'on veut, c'est s'assurer que tout le monde soit accompagné. On est la seule province au Canada où l'itinérance est spontanément logée, mais également accompagnée par des équipes psychosociales.
En terminant.
On les garde en logement, puis c'est comme ça qu'on va régler le problème, Mme la Présidente.
En question principale, je reconnais maintenant le député de Jean-Talon.
Position du gouvernement concernant l'exploration et l'exploitation des gaz de schiste
M. Pascal Paradis
Les Québécois et notre Assemblée nationale ont tranché contre la fracturation hydraulique, contre l'exploitation du gaz de schiste. Le 26 mars dernier, tous les députés de la CAQ ont réitéré leur appui à la loi qui met fin à la recherche des hydrocarbures, qui a été votée unanimement ici. Malgré cela, la première ministre a ouvert la porte au gaz de schiste. Elle pense que c'est quelque chose qu'il faut considérer. Hier, la ministre de l'Environnement a elle aussi ouvert la porte à discuter de l'exploitation du gaz de schiste. Il y en a un, par contre, qui était clair, je le cite, pendant la course à la direction de la CAQ, c'est le ministre de l'Énergie : «La fracturation hydraulique, c'est non. Si vous me demandez de choisir entre l'eau et le gaz, je vais toujours choisir l'eau.» On est d'accord. Je continue à le citer : «L'eau, c'est notre ressource stratégique la plus importante. C'est important pour l'eau potable, c'est important pour l'agriculture, c'est important pour nos régions. Protéger l'eau, l'eau du Québec, l'eau des Québécois, la nappe phréatique, il n'y a rien de plus important.» Est-ce que sa position à lui, c'est celle de la première ministre et du gouvernement...
La réponse de la ministre de l'Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs.
Mme Pascale Déry
Merci beaucoup, Mme la Présidente. Très contente de me lever pour la première fois en Chambre en tant que ministre de l'Environnement, des Changements climatiques, de la Faune et des Parcs. Merci beaucoup pour cette question, question très pertinente. J'ai eu la chance d'en parler avec les collègues, hier, en crédits budgétaires. J'avais une partie des crédits, hier, en transition énergétique. Alors, d'abord, d'entrée de jeu, notre grande priorité, Mme la Présidente, énergétique, c'est de doubler notre production d'électricité d'ici 2050 avec le grand chantier d'Hydro-Québec, le fameux plan d'Hydro-Québec de 200 milliards pour augmenter cette production hydroélectrique, éolienne, solaire, évidemment, pour faire... pour, évidemment, aller à plus d'efficacité énergétique. Maintenant, ceci dit, ce que j'ai dit hier, on est ouverts à avoir une discussion, Mme la Présidente, sur l'autonomie énergétique, la souveraineté énergétique. On en parle de plus en plus, on est dépendants du marché, du marché américain, sur certaines ressources. Je pense que c'est tout à fait légitime de poser la question, d'en discuter, d'ouvrir le débat. Mais, comme je l'ai dit hier et je le répète aujourd'hui, on ne va pas commencer à forer demain matin. On n'en est pas là, puis on n'en est pas là du tout. Et je pense que j'ai été assez claire, hier, avec mes collègues, lors des crédits budgétaires.
Première complémentaire.
M. Pascal Paradis
Alors, la ministre de l'Environnement nous dit donc que la porte est grande ouverte. Je m'adresse au ministre de l'Énergie. Que reste-t-il de ses amours pour l'eau du Québec? Que reste-t-il de ses amours pour les terres, pour la vallée du Saint-Laurent? Je lui demande de nous confirmer que sa position à lui, c'est toujours en opposition à la fracturation hydraulique et au gaz de schiste, parce que la ministre de l'Environnement et la première ministre, elles, ne sont plus d'accord avec nos motions puis avec les lois qui ont été votées ici.
La réponse de la ministre.
Mme Pascale Déry
Merci beaucoup, Mme la Présidente. Alors, comme je le disais, la transition énergétique, pour nous, est extrêmement importante, et on demeure engagés dans cette transition énergétique. On y a investi des sommes colossales depuis plusieurs années et on continue. Et on continue de manière encore plus engagée et investie, Mme la Présidente, parce qu'on a, justement, le projet, le grand chantier d'Hydro-Québec à 200 milliards. Donc, je m'occupe de certains projets, mes collègues aussi, de d'autres ministères. C'est une action concertée, une action collective. Et, comme je le disais hier, concernant l'autonomie énergétique, la souveraineté énergétique, plusieurs personnes en parlent, ça concerne toutes les énergies, je pense qu'on doit avoir cette discussion-là. Et, comme je l'ai dit, je le répète encore aujourd'hui, on n'a pas... _• (11 heures) •_
Deuxième complémentaire.
M. Pascal Paradis
Je m'adresse de nouveau au ministre de l'Énergie, parce que ce qu'on entend de la ministre de l'Environnement et ce qu'on a entendu de la première ministre, ce n'est pas conforme aux lois qu'on a votées et aux motions qu'on a réitérées le 26 mars. Est-ce que c'est parce que le ministre de l'Énergie n'a pas l'oreille de la première ministre? Est-ce que c'est parce que ce sont les lobbyistes des gaz de schiste et les promoteurs de la fracture hydraulique qui ont l'oreille de la première ministre?
La réponse du ministre de l'Économie, de l'Innovation et de l'Énergie.
M. Bernard Drainville
Alors, Mme la Présidente, l'objectif central, l'objectif suprême : sécurité énergétique du Québec et des Québécois. Le choix que nous avons fait, c'est le choix des énergies vertes, et on va continuer avec ce choix, 200 milliards qui seront investis d'ici 2035 pour doubler la production d'énergie verte au Québec. Maintenant, le contexte dans lequel nous nous trouvons présentement nous oblige, oui, à faire une réflexion sur l'ensemble des formes d'énergie qui s'offrent à nous. Et on fera cette discussion, on aura cette réflexion de manière responsable, et on le fera, bien entendu, dans le respect de l'acceptabilité sociale, des règles de protection de l'eau et également des règles de protection de l'environnement.
En question principale... En question principale, je reconnais maintenant le député de LaFontaine.
Dépenses par cartes de crédits des ministères et organismes
M. Marc Tanguay
Mme la Présidente, c'est excessivement important, le débat qui se passe ici, puis je veux revenir sur l'affirmation de la présidente du Conseil du trésor. Les Québécoises et Québécois se fendent en quatre pour payer taxes et impôts. On envoie des milliards de dollars au gouvernement du Québec pour offrir les services. C'est la décote, c'est le gaspillage caquiste, c'est la décote du gouvernement caquiste. Bureau d'enquête de Québecor, en 2024, octobre 2024, par accès à l'information, a eu accès à des données qui démontrent des écarts de comportement sur les MasterCard du gouvernement caquiste, des dépenses inconsidérées, en commençant par l'ex-premier ministre qui a acheté un gilet de hockey de Guy Lafleur, 1 282 $. Puis qu'on ne vienne pas nous dire que ce n'est pas matériel. Celles et ceux qui nous écoutent à la maison, 1 200 $, c'est de l'argent. La présidente du Conseil du trésor veut-elle... veut-elle rectifier ses propos lorsqu'elle a dit, plus tôt : Il ferait mieux de se concentrer sur les dossiers importants? Ce n'est pas important?
La réponse de la présidente du Conseil du trésor.
Mme France-Élaine Duranceau
Mme la Présidente, écoutez, je l'ai dit, que c'était... c'était la base, hein? Il faut payer nos comptes de carte de crédit, quand ils rentrent, dans les délais qui sont impartis. Et je m'attends à ce que les membres de la fonction publique qui utilisent une carte... que les choses se fassent dans les règles de l'art. Alors, je ne dis pas que ce n'est pas important du tout. Ça fait tout à fait partie des pratiques de base de la bonne gestion financière. Alors, je suis contente que le député de l'opposition, là, se préoccupe de ça. Je suis... Je me questionne, pourquoi il ne m'a pas posé ces questions-là aux crédits hier, on avait amplement le temps d'en discuter en détail, plutôt qu'en 1 min 15 s. Et je rappelle qu'il y a une imputabilité des gestionnaires, qui doivent s'assurer de non seulement gérer leur personnel, mais gérer aussi tous les aspects financiers relatifs à leurs ministères. Et payer sa carte de crédit à temps, bien, ça fait partie des bonnes pratiques minimales.
Première complémentaire.
M. Marc Tanguay
Mme la Présidente, en tout respect, ce que vient d'affirmer la présidente du Conseil du trésor est tout à fait inexact. Elle a dit : En crédits, hier, on aurait eu le temps d'en parler. Or, elle a elle-même émis une directive applicable à tout le monde, Santé, Éducation, Santé Québec, ministère des Finances : Vous ne donnez aucune information sur la carte de crédit. J'ai entre les mains la directive qu'elle a donnée. À cette question — ouvrez les guillemets — «ne répondez pas à cette question, qui semble non pertinente à l'exercice des crédits». Va-t-elle les rendre...
La réponse de la présidente.
Mme France-Élaine Duranceau
Mme la Présidente, je le répète, là, c'est du gros bon sens, c'est... Le cours 101 de bien gérer ses finances, c'est de payer sa carte de crédit à temps. C'est vrai dans nos vies personnelles, puis c'est vrai... c'est vrai au gouvernement. Donc, quand ces propos-là sont sortis il y a... il y a... en 2024, il y a des correctifs qui ont été apportés, il y a des mesures qui ont été resserrées, il y a des rappels à l'ordre qui ont été faits de la part du Trésor. Les différents ministères se sont ajustés. Et je m'attends à ce que ce soit géré, administrativement, conformément aux directives qu'on a émises.
Deuxième complémentaire.
M. Marc Tanguay
Que pense la première ministre de ça? La première ministre, elle, elle pense quoi de ça, Mme la Présidente? Est-ce que le bon peuple, qui paient taxes et impôts, n'ont pas le droit de savoir ce qui se passe sur leurs cartes de crédit? Quand, Mme la Présidente, il y a 24 cartes de crédit, au ministère des Transports, ayant une limite jusqu'à 50 000 $, quand il y a 17 cartes de crédit, au ministère des Transports, qui ont une limite jusqu'à 200 000 $, est-ce qu'elle, la première ministre, va rappeler à l'ordre sa présidente du Conseil du trésor? Est-ce que le bon peuple qui paie a le droit d'avoir accès aux cartes de crédit?
La réponse de la présidente du Conseil du trésor.
Mme France-Élaine Duranceau
Je répète une autre fois, Mme la Présidente, que la... au minimum, là, dans la bonne gestion des dépenses, c'est de payer sa carte de crédit, quand elle... quand elle arrive, dans les délais qui sont impartis. Donc, on a rappelé cette bonne pratique à tout le monde dans les ministères et on s'attend à ce que ce soit suivi. Je m'attends aussi à une imputabilité des gestionnaires et des hauts dirigeants relativement à cet élément-là et que des histoires comme celles qu'on entend ne fassent pas surface. Il faut que ce soit géré à la base, à tous les niveaux, et qu'on soit rigoureux. Donc, Mme la Présidente, il y a des recommandations qui ont été faites, des directives additionnelles qui ont été resserrées, et tout le monde doit les suivre.
En question principale, je reconnais à nouveau le député de LaFontaine.
Dépenses par cartes de crédits des ministères et organismes
M. Marc Tanguay
Que des histoires comme on en a entendu ne refassent pas surface. C'est l'argent du bon peuple que la CAQ dépense, Mme la Présidente. Dois-je lui rappeler le rapport dévastateur du Vérificateur général, qui disait, à la page 7, pas plus tard que novembre 2025, je le cite : «La pratique expose le gouvernement à des risques de fraude et de gaspillage de fonds publics, ce qui peut affecter la confiance des citoyens.» Elle a dit, la présidente du Conseil du trésor : Bien, c'est aux crédits qu'on jase de ça. Elle a elle-même bloqué l'accès à cette information-là dans tous les ministères, Mme la Présidente. Pourquoi ne veut-elle pas que le bon peuple, qui paie les cartes de crédit, dont le VG et bureau d'enquête de Québecor ont démontré que c'était le «free-for-all», qu'il y a des cartes de crédit payées en retard mais des dépenses non justifiées... Pourquoi, pourquoi ne veut-elle pas que le peuple sache ça? Pourquoi ne pas donner accès aux comptes de cartes de crédit?
La réponse de la présidente du Conseil du trésor.
Mme France-Élaine Duranceau
Bon, Mme la Présidente, alors, je vais répéter pour une énième fois ce que je dis : Mesure de base dans la bonne gestion de ses finances, c'est de payer son compte de carte de crédit quand il rentre. Alors, on a rappelé cette mesure somme toute évidente à toutes les... à tous les ministères, resserré les directives relativement à ça. Et, Mme la Présidente, je partage, je partage... Comme je vous dis, c'est... c'est la mesure qui est primordiale. Et il y a des règles qui sont applicables, on a rappelé aux ministères de les suivre. Et qu'est-ce que vous... Nous, ce qui est important, ce n'est pas d'afficher les comptes de carte de crédit puis les dépenses, c'est de resserrer les règles et de faire les suivis pour que ces situations-là ne se produisent plus.
En question complémentaire. Première complémentaire.
M. Marc Tanguay
Mme la Présidente, la présidente du Conseil du trésor, à matin, là, est prise avec ses contradictions. Elle dit : Nous, on ne veut pas afficher les comptes de carte de crédit. C'est de l'information... Le peuple paie jusqu'à 100 millions de dollars, dans le dernier exercice, information que l'on a connue, sur les cartes de crédit, des dépenses qui sont injustifiées, le Vérificateur général, que sa politique n'est même pas suivie. Pourquoi ne rend-elle pas accessibles les comptes de cartes...
La réponse de la présidente du Conseil du trésor.
Mme France-Élaine Duranceau
Mme la Présidente, je comprends, là, rendre accessible, rendre accessible. Il y a des règles pour rendre accessible. Si vous voulez voir des choses, bien, faites les demandes qui s'imposent, là, puis... Bon, bien, c'est ça.
...
Attendez, attendez, attendez. Alors, je vous rappelle l'article 32. Vous gardez le silence. Et vous ne vous interpelez pas des deux côtés de la Chambre. On a écouté la question avec attention, et j'aimerais qu'on écoute la réponse avec la même attention. Mme la présidente du Conseil du trésor, poursuivez.
Moi, ce que je trouve plus important, Mme la Présidente, c'est qu'on ait géré la situation, qu'on ait rappelé tout le monde à l'ordre, qu'on ait... qu'on ait rappelé la directive, puis juste rappeler le gros bon sens. C'est inadmissible de ne pas payer sa carte de crédit à temps, là, dans un gouvernement. Donc, effectivement, ce sont des dépenses inutiles que de payer des intérêts sur une carte de crédit. Alors, pour moi, c'est une gestion des finances publiques minimale qu'il faut qu'on retrouve à travers les différents ministères. Donc, c'est ce qu'on a rappelé en temps et lieu, puis on continue de faire le suivi.
En question principale, je reconnais le député de LaFontaine.
Dépenses par cartes de crédits des ministères et organismes
M. Marc Tanguay
Mme la Présidente, là, moi, je veux entendre la première ministre. Semble-t-il... On a une nouvelle première ministre. Semble-t-il, elle ne fait pas les choses comme l'ancien premier ministre, parce que, l'ancien premier ministre, grâce au bureau d'enquête de Québecor, on a su que lui, sur la carte de crédit du bon peuple québécois, s'est acheté un gilet de Guy Lafleur, 1 282 $, qu'il a fait encadrer dans son bureau, demande d'accès à l'information. Là, la présidente du Conseil du trésor, Mme la Présidente, nous dit que le peuple n'a pas besoin de savoir ça. Elle ne veut pas que l'on sache ce qui se passe sur les près de 13 000 cartes de crédit un peu partout. Là, la première ministre, là, elle a une décision importante. Est-elle d'accord avec sa présidente du Conseil du trésor que des millions sur les cartes de crédit... Puis elle l'a dit, la présidente du Conseil du trésor, qu'on a juste à demander l'information. On l'a demandé, elle a bloqué l'accès à l'information, Mme la Présidente. Alors, la question est bien simple. Est-ce que la CAQ est à ce point gênée? Que répond la première ministre? Que nous cachent-ils sur les cartes de crédit? _• (11 h 10) •_
Attention, ici. Je vous demande de retirer ce mot, qui est au lexique. Vous le retirez? Il est retiré. Maintenant, la réponse de la leader adjointe du gouvernement.
Mme Sonia LeBel
Alors, voici une information, Mme la Présidente, parce qu'on déforme la réalité, quand on parle des chandails, et ça a été... Plusieurs chandails ont été signés dans le cadre des conférences fédérales-provinciales alors que le premier ministre était président de la Conférence des premiers ministres, et il a payé son chandail, Mme Présidente.
Alors, voilà. Cela met fin à cette période de questions et de réponses orales.
...
Je suis debout et je continue à parler, alors j'apprécierais que vous gardiez le silence. Article 32. Et c'est bon pour tout le monde.
Motions sans préavis
Alors, comme il n'y a pas de votes reportés, nous allons passer à la rubrique Motions sans préavis. Pour ce faire, je vais céder la place au troisième vice-président de l'Assemblée nationale. Pour ma part, je vous souhaite une bonne journée et surtout une bonne semaine de travail en circonscription. Merci, tout le monde.
Alors, bonjour, collègues. Nous sommes à la rubrique des motions sans préavis. En fonction de nos règles et de l'ordre de présentation des motions sans préavis, je reconnais un membre du gouvernement, et c'est Mme la députée de Huntingdon.
Merci, M. le Président. Je sollicite le consentement de cette Assemblée afin de présenter la motion suivante conjointement avec le député de Marguerite-Bourgeoys, le chef du troisième groupe d'opposition et les députés d'Abitibi-Est et de Saint-Jérôme : «Que l'Assemblée nationale rappelle que les Québécois subissent actuellement une pression fiscale importante; «Que l'Assemblée nationale demande à toutes les formations politiques représentées en cette Chambre de s'engager à ne pas augmenter les impôts des Québécois.»
Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
...
Pas de consentement. Et la prochaine motion revient à l'opposition officielle, et je reconnais Mme la députée de Westmount—Saint-Louis.
Merci, M. le Président. Je sollicite le consentement de cette Assemblée afin de présenter la motion suivante conjointement avec le député de Laurier-Dorion, le député des Îles-de-la-Madeleine, le député d'Abitibi-Est, la députée de Laporte et le député de Rosemont : «Que l'Assemblée nationale rappelle que le Québec compte sur le dévouement et la protection de milliers de travailleurs qui assurent la sécurité de la population, tels que les policiers, les pompiers, les ambulanciers, les agents de détention, les répartiteurs d'urgence, les contrôleurs routiers, les équipes en recherche et sauvetage; «Qu'elle rappelle que ces personnes sont confrontées quotidiennement à des situations d'urgence, qui nécessitent une prise de décision rapide et qu'elles sont à risque de développer des chocs post-traumatiques; «Qu'elle rappelle que ces travailleurs d'urgence, derrière leurs uniformes, sont des femmes et des hommes qui peuvent rester profondément marqués par les événements survenus dans leur travail et que, pour eux, demander de l'aide est difficile; «Qu'elle dénonce que le gouvernement caquiste a mis fin à une entente avec PSPNET (Réseau de soutien en santé mentale pour les professionnels de la sécurité publique), un programme de thérapie en ligne, disponible en tout temps et partout au Québec, spécialement conçu pour le personnel de la sécurité publique; «Qu'elle exige du gouvernement du Québec de choisir d'assurer la santé et la sécurité du personnel de la sécurité publique en reconduisant et pérennisant immédiatement le financement à PSPNET.» Merci.
Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
...
Il n'y a pas de consentement. La prochaine motion revient au deuxième groupe d'opposition, et je reconnais Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Souligner la Journée internationale contre l'homophobie, la transphobie et la biphobie
Merci, M. le Président. J'aimerais souligner la présence des personnes qui représentent la Fondation Émergence, qui sont les auteurs de cette motion. Je sollicite donc le consentement de cette Assemblée pour présenter la motion suivante conjointement avec la ministre de la Condition féminine, la députée de Westmount-Saint-Louis, la députée de Terrebonne, le député de Saint-Jérôme, le député de Rosemont et la députée de Laporte : «Que l'Assemblée nationale souligne la 24e édition de la Journée internationale contre l'homophobie et la transphobie, qui aura lieu le 17 mai 2026, une initiative lancée au Québec en 2003 par la Fondation Émergence; «Qu'elle souligne également la campagne de sensibilisation grand public de la Fondation Émergence, ayant pour thème "L'Effet Allié est en marche", qui met en lumière l'importance des allié.es dans la construction d'une société plus inclusive et respectueuse; «Qu'elle reconnaisse le rôle essentiel des allié.es, qu'il s'agisse d'individus, d'institutions ou d'organisations, pour permettre aux personnes de la diversité sexuelle et de genre de vivre dans le respect, la dignité et la sécurité; «Qu'elle prenne acte des préoccupations grandissantes liées aux gestes et aux propos haineux visant les personnes de la diversité sexuelle et de genre, ici comme ailleurs dans le monde; «Qu'elle invite la population québécoise à participer aux initiatives déployées dans le cadre du 17 mai, à poser des gestes de solidarité envers les personnes de la diversité sexuelle et de genre et à contribuer à "L'Effet Allié", en rappelant que chaque geste d'appui contribue à bâtir une société plus bienveillante; «Qu'enfin elle réaffirme le rôle du Québec comme leader dans la lutte contre l'homophobie et la transphobie, ainsi que son engagement à promouvoir l'égalité, [et] la dignité et le respect pour toutes et tous — et toustes.»
Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
...pour un débat de deux minutes de rigueur par intervenant dans l'ordre suivant : la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques, la ministre de la Condition féminine, le député de Westmount—Saint-Louis, et j'ai ici un député du Parti québécois...
...
Ah! la députée, pardon.
...
La députée de Terrebonne. Désolée, je ne l'avais pas dans mes notes. La députée de Terrebonne. Merci.
Alors, je comprends qu'il... afin qu'il y ait un débat de rigueur d'une durée maximale de deux minutes. Et je commence par reconnaître Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Mme Manon Massé
Merci, M. le Président. Encore une fois, merci à Fondation Émergence, qui depuis toutes ces années nous rappelle internationalement que la lutte à l'homophobie et à la transphobie, c'est une responsabilité collective. On va se le dire, dans cette ère trouble où propos haineux, gestes de violence, intimidation dans nos écoles ne sont qu'en augmentation, si tu es une personne de la diversité de genre, et particulièrement si tu es une personne trans, je pense que le thème de cette année, l'Effet Allié, nous interpelle, comme parlementaires. Pourquoi? Bien, parce que l'Effet Allié nous rappelle que ce n'est pas juste aux personnes de la diversité de genre et de la diversité sexuelle à se défendre. C'est une vision de société, l'inclusion. Et le Québec a été longtemps précurseur, il faut juste continuer. Ça tombe bien, parce qu'on... on a adopté à l'unanimité cette motion-là. Alors, vous avez raison, l'Effet Allié est en marche, et je suis très heureuse de marcher avec vous. Ceci étant dit, si le coup d'envoi est donné, il faut qu'on se rappelle que ça veut dire que jour après jour, peu importe quand dans l'année, peu importe le moment où on se retrouve, bien, il faut qu'on lève la... qu'on élève nos voix pour dire ce qui n'a pas de bon sens. Vous le savez comme moi, la misogynie, l'homophobie, la transphobie se nourrit aux mêmes racines. Et ce qu'il faut, c'est agir, intervenir. Puis on a une chance exceptionnelle. Comme partis politiques, on a deux cheffes femmes, deux chefs de la communauté LGBT. Alors, on a tout pour partir à la rencontre de nos concitoyens et dire que nous, au Québec, l'Effet Allié, on en prend soin et on travaille là-dessus, comme parlementaires. Merci, M. le Président. _• (11 h 20) •_
Merci, Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques. Et je reconnais maintenant Mme la ministre de la Condition féminine.
Mme Martine Biron
Merci, M. le Président. Je suis fière de joindre ma voix à celles de mes collègues et de prendre la parole, aujourd'hui, pour souligner la Journée internationale de la lutte contre l'homophobie et la transphobie. D'abord, moi aussi, je veux souligner et saluer chaleureusement ceux qui représentent la communauté LGBTQ+, Laurent Breault, de la Fondation Émergence, et Magali Boudon, du conseil LGBT, qui nous font l'honneur d'être présents dans nos tribunes pour l'occasion. Je les remercie pour le travail qu'ils font au quotidien auprès des personnes issues de la diversité sexuelle et de genre. J'ai eu l'occasion de collaborer avec eux. Je suis de retour dans ces fonctions. Alors, ce sera toujours un plaisir de travailler avec eux, avec des gens compétents, passionnés, qui veulent bâtir un Québec plus inclusif. La Journée internationale de la lutte contre l'homophobie et la transphobie est née ici, au Québec, sous l'impulsion de Laurent McCutcheon et de la Fondation Émergence. Le 17 mai est une date qui nous rappelle que les droits ne s'obtiennent jamais sans mener un combat au sein de notre société. Cette journée est aussi l'occasion de constater le chemin qu'on a parcouru. Et, ce chemin, le Québec l'a tracé. Il y a 49 ans, la discrimination était interdite. Il y a 24 ans, le droit des unions civiles pour les couples homosexuels était reconnu. Il y a 15 ans, la création du Bureau de lutte contre la transphobie et l'homophobie. Il y a six ans, l'interdiction des thérapies de conversion. Évidemment, il reste beaucoup de travail à faire, ma collègue l'a dit et redit, ici et ailleurs dans le monde où les droits des personnes LGBTQ reculent. Au Québec, on observe une montée inquiétante de l'intolérance, des discours haineux et même de violence envers les communautés de la diversité sexuelle et de genre. Dans ce contexte, nous avons une responsabilité collective : continuer de travailler vers une société toujours plus inclusive aujourd'hui et à tous les jours. Merci.
Merci, Mme la ministre de la Condition féminine. Et la parole revient maintenant à Mme la députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Jennifer Maccarone
Merci. M. le Président. L'an dernier, pour la Journée internationale contre l'homophobie et la transphobie, j'ai lu des propos haineux entendus dans nos écoles secondaires, des mots durs, violents. Et malheureusement, un an plus tard, le climat ne s'est pas apaisé, au contraire. On voit une montée de haine, on voit la montée de peur, mais surtout on voit une montée de silence, le silence de ceux qui sont témoins, le silence de ceux qui sont inconfortables, le silence de ceux qui pensent que ce n'est pas leur combat. Et pourtant c'est exactement comme ça qu'une société recule. Pas seulement à cause des cris haineux, mais à cause des gens bien qui finissent de ne plus rien dire. Être un allié, ce n'est pas être parfait, ce n'est pas de tout comprendre, ce n'est pas avoir toujours les bons mots. Être un allié, c'est choisir de ne pas détourner le regard, c'est intervenir quand un jeune se fait intimider, c'est refuser une blague humiliante, c'est défendre la dignité d'une personne même quand c'est inconfortable, même quand c'est politique, même quand ça vient avec un coût, parce qu'en ce moment beaucoup des personnes de la communauté LGBTQ, particulièrement les jeunes, reçoivent un message très clair : Tu déranges, tu es trop, tu dois te faire plus petit pour être accepté. Imaginez porter ça à chaque jour. Imaginez grandir avec l'impression que votre simple existence est devenue un débat public. Je refuse ça. Je refuse de croire que le Québec que nous aimons soit un Québec qui abandonne les gens lorsqu'ils deviennent des cibles faciles. Alors, aujourd'hui, j'invite cette Chambre à faire plus que condamner la haine, j'invite chacun d'entre nous à être la personne qui parle, la personne qui protège, la personne qui reste, parce que, dans un contexte où chaque allié compte, l'indifférence et le silence ne sont plus une option. Merci.
Merci, Mme la députée de Westmount—Saint-Louis. Et la parole revient maintenant à Mme la députée de Terrebonne.
Mme Catherine Gentilcore
Merci, M. le Président. Le Québec a toujours été un précurseur des droits des personnes de la diversité sexuelle et de genre. Dès 1977, le Québec, sous un gouvernement de René Lévesque, a interdit la discrimination basée sur l'orientation sexuelle. Il a reconnu à même le Code civil du Québec la possibilité de changer sa mention de sexe dans ses documents légaux. En 2002, le Québec a instauré l'union civile parce que le Canada ne reconnaissait pas le mariage entre conjoints de même sexe, et parce qu'au Québec on est une société ouverte et qu'on croit qu'il est possible d'aimer qui on veut. En 2022, le marqueur X a été reconnu dans le Code civil, parce qu'au Québec on est une société ouverte et on croit qu'il est possible d'être reconnu pour qui on est. Il faut soutenir le consensus québécois sur les dispositions de la charte québécoise des droits et libertés et du Code civil du Québec quant aux droits des personnes de la diversité sexuelle et de genre. À l'occasion de la 24e édition de la journée contre l'homophobie et la transphobie, une initiative de la Fondation Émergence lancée en 2003, nous réaffirmons notre soutien à la pleine participation des personnes de la diversité sexuelle et de genre à la société et à la vie publique québécoises. Nous allons nous tenir fermement debout pour contrer et dénoncer tout geste haineux, qui sont malheureusement en constante augmentation. Je pense, par exemple, et il y a plusieurs exemples, mais je pense récemment à cet enseignant de secondaire qui a été cible de menaces homophobes et, plus récemment encore, l'attaché de presse du maire de Québec, qui a été victime de propos haineux et homophobes publiés à son égard sur les réseaux sociaux. Il faut saluer la dignité dont il a fait preuve face à des attaques inacceptables, qu'il a réussi à transformer en un message puissant : Tout le monde a sa place, au Québec, et tout le monde peut se démarquer au mérite de sa contribution. Bien sûr, on ne peut pas fermer les yeux devant de telles menaces. Le Parti québécois défendra toujours l'idée de préserver notre paix sociale au bénéfice de tous, y compris, bien sûr, des minorités sexuelles, car l'un des fondements de la société québécoise dans son ensemble est que, peu importent nos différences individuelles, nous avons tous droit à la sécurité et au respect. Merci, M. le Président.
Mise aux voix
Merci, Mme la députée de Terrebonne. Alors, cette motion est-elle adoptée?
Adopté.
Adopté. Merci. M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
Merci, M. le Président. Est-ce qu'une copie de cette motion peut être envoyée à la Fondation Émergence et au Conseil québécois LGBTQ, s'il vous plaît?
Ce sera fait, M. le leader du deuxième groupe d'opposition. Et, pour la motion du troisième groupe d'opposition, je reconnais M. le député de Matane-Matapédia.
M. le Président, je sollicite le consentement des membres de cette Assemblée afin de présenter, conjointement avec les députés de Taschereau, d'Abitibi-Est et de Rosemont, la motion suivante : «Que l'Assemblée nationale prenne acte que les bureaux de la protection de la faune du Québec jouent un rôle stratégique et essentiel en assurant une présence sur le terrain, une capacité d'intervention rapide et une couverture efficace des vastes territoires, contribuant ainsi directement à la protection des ressources faunique et à la sécurité des usagers; «Que l'Assemblée nationale demande au gouvernement de s'engager à maintenir l'ensemble des bureaux de la protection de la faune actuellement en fonction sur le territoire québécois et de maintenir dans leur entièreté les effectifs et les ressources qui leurs sont alloués.»
Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
Pas de consentement, M. le Président.
Il n'y a pas de consentement. Alors, il y a une cinquième motion, et je reconnais Mme la députée de Laporte.
Merci, M. le Président. Alors, je salue avant toute chose Mme Cynthia Lachance, M. Francis Côté, président de la Fédération québécoise des directions d'établissement d'enseignement, Mmes Mélanie Hubert, présidente de la Fédération autonome de l'enseignement, et Kathleen Legault, présidente de l'Association montréalaise des directions d'établissement scolaire, qui sont parmi nous. Alors, je sollicite le consentement de cette Assemblée afin de présenter la motion suivante conjointement avec la députée de Bourassa-Sauvé, le député de Gouin, le député de Rosemont et le député de Matane-Matapédia : «Que l'Assemblée nationale reconnaisse que l'Indice de milieu socio-économique (l'IMSE) est un outil déterminant dans l'allocation des ressources essentielles aux écoles du Québec; «Qu'elle reconnaisse que cet indice comporte des limites structurelles documentées depuis 2003 par le ministère de l'Éducation lui-même, notamment son caractère écologique, l'IMSE étant calculé à partir des caractéristiques du territoire de résidence des élèves plutôt que de leur situation familiale réelle, ainsi que le décalage inhérent au cycle quinquennal du recensement canadien; «Qu'elle rappelle que, certaines écoles voient le rang IMSE s'améliorer sur le plan statistique, sans qu'il n'y ait de réelle amélioration des conditions socio-économiques des élèves et de leurs familles; «Qu'elle constate que, le passage au recensement de 2021 a entraîné, pour de nombreux établissements, une modification à la baisse de leur cote de défavorisation sans que les besoins réels des élèves et des familles qu'ils desservent n'aient diminué en conséquence; «Qu'elle souligne que ces variations peuvent découler de données agrégées et de mouvements démographiques ne reflétant pas la réalité vécue sur le terrain; «Qu'elle s'inquiète que ces écarts entre les données statistiques et la réalité vécue compromettent l'équité entre les écoles; «Qu'elle reconnaisse que cette reclassification entraîne une diminution du financement et des services (soutien professionnel, mesures d'aide, encadrement), malgré des besoins inchangés, voire croissants sur le terrain; «Qu'elle constate que plusieurs études démontrent un lien direct entre la défavorisation, la réussite scolaire et le besoin accru des ressources; «Que l'Assemblée nationale demande au gouvernement du Québec d'instaurer un mécanisme de statu quo financier pour les établissements dont la cote IMSE est revue à la baisse lors d'une mise à jour du recensement, afin que cette révision n'entraîne pas de réduction des ressources allouées pour l'année [...] 26-27; «Qu'enfin, l'Assemblée nationale demande au gouvernement du Québec une révision de la méthodologie de l'IMSE afin d'en améliorer la précision, par exemple, par l'ajout d'autres variables, et de rendre publics, école par école, les impacts financiers des variations de cote IMSE, dans le but d'assurer un financement équitable, prévisible et transparent au bénéfice des milieux les plus défavorisés.» _• (11 h 30) •_
Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
...
Il n'y a pas de consentement. Toujours à la rubrique des motions sans préavis, Mme la leader adjointe du gouvernement.
Oui. Conformément au premier alinéa...
...
Pour celles et ceux... pour celles et ceux qui doivent quitter, s'il vous plaît, je vous demande de le faire en toute discrétion, question de permettre la continuité des travaux. Mme la leader adjointe du gouvernement.
Renvoyer à la Commission de l'aménagement du territoire le projet de loi n° 201
Merci, M. le Président. Donc, il y aurait une motion de renvoi pour le PLIP n° 201 en commission. Donc, conformément au premier alinéa de l'article 267 du règlement, je propose la motion suivante, M. le Président : «Que le projet de loi d'intérêt privé n° 201, Loi concernant le Monastère des Ursulines de Québec, soit renvoyé pour consultation et étude détaillée à la Commission de l'aménagement du territoire et que le ministre des Affaires municipales soit membre de ladite commission pour la durée de ce mandat.»
Mise aux voix
Cette motion est-elle adoptée?
Adopté.
Adopté.
Avis touchant les travaux des commissions
Nous sommes à la rubrique des avis touchant les travaux des commissions. Mme la leader adjointe du gouvernement.
Merci beaucoup, M. le Président. Alors, je fais avis à cette Assemblée que la Commission de la culture et de l'éducation procédera à l'étude des crédits budgétaires 2026-2027 du volet Culture et Communications du portefeuille Culture et Communications aujourd'hui, de 11 h 15 à 13 h 15, à la salle Louis-Hippolyte-La Fontaine; La Commission de l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des ressources naturelles procédera à l'étude des crédits budgétaires 2026-2027 du volet Énergie du portefeuille Économie, Innovation et Énergie aujourd'hui, de 11 h 30 à 13 heures, à la salle Pauline-Marois; La Commission de l'économie et du travail procédera à l'étude des crédits budgétaires 2026-2027 du volet Solidarité sociale et Action communautaire autonome du portefeuille Emploi et Solidarité sociale aujourd'hui, de 11 h 15 à 13 heures, à la salle Marie-Claire-Kirkland; La Commission des institutions procédera à l'étude des crédits budgétaires 2026-2027 du volet Sécurité publique du portefeuille Sécurité publique aujourd'hui, de 11 h 30 à 13 heures et de 14 heures à 16 h 30, à la salle du Conseil législatif; La Commission de l'aménagement du territoire procédera à l'étude des crédits budgétaires 2026-2027 du volet Régions du portefeuille Affaires municipales et Habitation aujourd'hui, de 13 h 45 à 14 h 45, à la salle Louis-Joseph-Papineau; La Commission de l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des ressources naturelles procédera à l'étude des crédits budgétaires 2026‑2027 du volet Hydro-Québec du portefeuille Économie, Innovation et Énergie aujourd'hui, de 14 heures à 16 h 30, à la salle Pauline-Marois; La Commission de l'économie et du travail procédera à l'étude des crédits budgétaires 2026‑2027 du volet Travail du portefeuille Travail aujourd'hui, de 14 heures à 15 h 45, à la salle Marie-Claire-Kirkland; La Commission des institutions procédera à l'étude des crédits budgétaires 2026‑2027 du volet Relations canadiennes du portefeuille Conseil exécutif le mardi 26 mai 2026, de 11 h 30 à 12 h 30, à la salle Louis-Joseph-Papineau; La Commission des finances publiques procédera à l'étude des crédits budgétaires 2026‑2027 du volet Infrastructures du portefeuille Conseil du trésor, Administration gouvernementale et Efficacité de l'État le mardi 26 mai 2026, de 9 h 45 à 12 h 30, à la salle Louis-Hippolyte-La Fontaine; La Commission de la santé et des services sociaux débutera l'étude des crédits budgétaires 2026‑2027 du volet Santé du portefeuille Santé et Services sociaux le mardi 26 mai 2026, de 9 h 30 à 12 h 30, à la salle Pauline-Marois; La Commission de l'aménagement du territoire procédera à l'étude des crédits budgétaires 2026‑2027 du volet Habitation du portefeuille Affaires municipales et Habitation le mardi 26 mai 2026, de 9 h 30 à 12 h 30, à la salle Marie-Claire-Kirkland; La Commission des relations avec les citoyens procédera à l'étude des crédits budgétaires 2026‑2027 du volet Famille du portefeuille Famille le mardi 26 mai 2026, de 9 h 30 à 11 h 30, à la salle du Conseil exécutif; Et la Commission des relations avec les citoyens procédera à l'étude des crédits budgétaires 2026‑2027 du volet Lutte contre l'intimidation du portefeuille Famille le mardi 26 mai 2026, de 11 h 45 à 12 h 15, à la salle du Conseil législatif. Merci, M. le Président.
Merci, Mme la leader adjointe du gouvernement. Alors, y a-t-il consentement pour déroger à l'article 143 du règlement concernant l'horaire des travaux des commissions? Consentement.
Ajournement
À la rubrique des renseignements sur les travaux de l'Assemblée, puisque nous sommes à la période de l'étude des crédits budgétaires et que, conformément aux dispositions de l'article 282 du règlement, l'Assemblée ne procède qu'aux affaires courantes, je lève donc la séance, et les travaux de l'Assemblée sont ajournés au mardi 26 mai 2026, à 13 h 40. _(Fin de la séance à 11 h 37)_