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9 cartesRésumé de la séance
La séance débute par le dépôt de lettres de démission et de nominations au sein du gouvernement. La lieutenante-gouverneure prononce une allocution soulignant la Journée de la robe rouge et l'importance de lutter contre la violence faite aux femmes, tout en notant les progrès en matière de représentation féminine. La première ministre Christine Fréchette présente ensuite le discours d'ouverture de la troisième session, structuré autour de cinq priorités : réduire le coût de la vie (remboursement de la taxe de bienvenue pour les premiers acheteurs, conversion de places de garde), propulser l'économie (réduction de la dépendance aux États-Unis, aide aux PME, plan énergétique d'Hydro-Québec, troisième lien à Québec), rénover les infrastructures (modernisation d'hôpitaux), simplifier les services (santé numérique, soutien à domicile, protection du budget de l'éducation, réforme de la loi P-38, projet de loi sur le passé violent des conjoints), et protéger l'identité (renouvellement de la clause dérogatoire, extension de la loi 101 à la formation aux adultes, réouverture du Programme de l'expérience québécoise, projet de constitution québécoise). Elle appelle à la collaboration des oppositions et à l'audace pour bâtir l'avenir du Québec.
Dépôts et allocution d'ouverture
La présidente dépose les lettres de démission de Simon Jolin-Barrette (leader parlementaire du gouvernement) et d'Yves Montigny (président du caucus), ainsi que les nominations de François Bonnardel (leader), Yves Montigny (président du caucus) et Stéphanie Lachance (leader adjointe). Gilles Bélanger (Orford) devient député indépendant. Le nouveau diagramme de l'Assemblée est déposé.
La lieutenante-gouverneure prononce une allocution soulignant la Journée de la robe rouge (5 mai), dédiée aux femmes et personnes autochtones disparues et assassinées. Elle constate une augmentation de la violence faite aux femmes, mais note des progrès : l'Assemblée est présidée par une femme, le gouvernement dirigé par une femme, et elle-même est la première lieutenante-gouverneure autochtone. Elle appelle à l'unité, au respect et au bien commun, en s'inspirant du cercle comme symbole d'équilibre et de rassemblement.
Discours de la première ministre : cinq priorités
Christine Fréchette prononce le discours d'ouverture, soulignant qu'elle est la deuxième femme à le faire après Pauline Marois (2012). Elle rend hommage aux pionnières et annonce un plan pour faire face aux défis : guerre tarifaire, conflits internationaux, IA, etc.
1. Diminuer le coût de la vie
- Remboursement de la taxe de bienvenue pour les premiers acheteurs (jusqu'à 5 875 $, rétroactif au 1er janvier 2026, 38 000 bénéficiaires par an).
- Conversion de 5 000 places de garde non subventionnées en subventionnées (tarif réduit à 9,65 $/jour).
- Le ministre des Finances préparera d'autres mesures (aide aux vulnérables, classe moyenne, compensation pour l'essence).
- Pouvoirs accrus aux villes pour accélérer le logement abordable.
2. Propulser l'économie
- Nationalisme économique : réduction de la dépendance aux États-Unis, diversification des marchés.
- Nomination de Louise Blais comme émissaire pour l'ACEUM.
- Nouvelle politique internationale du Québec.
- Plan d'Hydro-Québec : 200 milliards $ pour doubler la production d'électricité d'ici 2050, énergies vertes.
- Aide aux PME : baisse d'impôt immédiate (jusqu'à 5 000 $/an), allègement réglementaire, stratégie d'achat québécois.
- Troisième lien à Québec : appel d'intérêt au privé d'ici l'été.
- Amélioration de la mobilité dans la région de Québec (tête des ponts, élargissement A-20, tramway).
- Contrats en défense pour l'expertise québécoise.
3. Rénover les infrastructures
- Rattrapage : priorité au maintien d'actif.
- Modernisation de plusieurs hôpitaux : Mont-Laurier, Saint-Jérôme, Drummondville, Gatineau, Québec (Saint-François d'Assise), Lévis, Montréal (Maisonneuve-Rosemont).
- 475 M$ pour Lévis, 700 M$ pour Maisonneuve-Rosemont.
4. Simplifier les services
- Santé : projets pilotes de salles d'attente virtuelles, consultations virtuelles.
- Soutien à domicile : ajout d'1 million d'heures pour les aînés.
- Éducation : protection du budget des services aux élèves contre les compressions.
- Réforme de la loi P-38 (santé mentale).
- Projet de loi « loi de Clare » : droit des femmes de savoir si leur conjoint a un passé violent.
5. Protéger l'identité
- Renouvellement de la clause dérogatoire pour la loi 96 (français).
- Extension de la loi 101 à la formation professionnelle et aux adultes (10 000 élèves de plus diplômés en français).
- Réouverture du Programme de l'expérience québécoise (PEQ) pour deux ans.
- Constitution du Québec : consultation publique, affirmation de l'autonomie, égalité hommes-femmes primant sur la religion, distinction du multiculturalisme canadien.
- Révision de la carte électorale pour mieux représenter les régions (notamment la Gaspésie).
Motion et ajournement
La première ministre propose une motion d'approbation de la politique générale du gouvernement. La séance est levée au mercredi 6 mai 2026.
Discours d'ouverture
La première ministre du Québec, Mme Fréchette, prononce le discours d'ouverture de la troisième session de la 43e législature. Elle souligne être la deuxième femme à le faire depuis Pauline Marois en 2012 et rend hommage aux pionnières féminines. Dans un contexte mondial incertain marqué par les tarifs américains et les conflits, elle présente cinq priorités : diminuer le coût de la vie (remboursement de la taxe de bienvenue, conversion de places de garde), propulser l'économie (réduction de la dépendance aux États-Unis, soutien aux PME, troisième lien à Québec), rénover les infrastructures (hôpitaux de plusieurs régions), simplifier les services (santé virtuelle, soutien à domicile, protection de l'éducation) et protéger l'identité (renouvellement de la clause dérogatoire, application de la loi 101 à la formation professionnelle, constitution québécoise). Elle appelle à la collaboration des oppositions et insiste sur le nationalisme et l'autonomie.
Contexte et vision
Mme Fréchette, première ministre, ouvre la session en se présentant comme la deuxième femme à prononcer un discours d'ouverture, après Pauline Marois en 2012. Elle rend hommage aux pionnières comme Marie Lacoste-Gérin-Lajoie et Marie-Claire Kirkland-Casgrain, et salue des femmes présentes dans les tribunes, dont Sophie Thibault et Monique Leroux. Elle évoque un contexte mondial bouleversé par le retour de Donald Trump, les guerres, l'intelligence artificielle et les réseaux sociaux, appelant le Québec à prendre son avenir en main.
Coût de la vie
Première priorité : faciliter l'accès à la propriété. Le gouvernement rembourse une partie de la taxe de bienvenue pour les premiers acheteurs (jusqu'à 5 875 $, rétroactif au 1er janvier). Il accélère la conversion de 5 000 places de garde non subventionnées en places subventionnées dès l'automne. Le ministre des Finances préparera d'autres mesures, notamment pour compenser la hausse du prix de l'essence. Le ministre des Affaires municipales présentera des lois pour donner plus de pouvoirs aux villes afin d'accélérer la construction de logements abordables.
Économie
Deuxième priorité : réduire la dépendance aux États-Unis. Face aux tarifs (acier, aluminium, bois), le gouvernement mise sur le nationalisme économique. Une nouvelle politique internationale sera déposée. L'entreprise Umano Medical est citée en exemple pour sa diversification hors des États-Unis. Des baisses d'impôt pour 75 000 PME et un allègement réglementaire sont annoncés. L'État québécois achètera davantage québécois via une nouvelle stratégie de marchés publics. Pour la région de Québec, un troisième lien autoroutier à l'est fera l'objet d'un appel d'intérêt, et le tramway est maintenu. Le Québec cherchera aussi des contrats en défense et aérospatiale.
Infrastructures
Troisième priorité : rattraper le retard d'entretien. Le gouvernement priorise le maintien d'actif plutôt que les nouvelles constructions, mais plusieurs hôpitaux seront agrandis ou reconstruits : Mont-Laurier, Saint-Jérôme, Drummondville, Gatineau, Québec (Saint-François d'Assise), Lévis et Montréal (Maisonneuve-Rosemont). Des investissements récents de 475 M$ à Lévis et 700 M$ à Maisonneuve-Rosemont sont rappelés.
Services
Quatrième priorité : simplifier les services de l'État. En santé, des projets pilotes de salles d'attente virtuelles et de consultations virtuelles seront lancés. 1 million d'heures supplémentaires de soutien à domicile pour les aînés sont prévues. Le budget des services aux élèves sera protégé de toute compression. Une réforme de la loi P-38 sur les troubles mentaux graves sera déposée. Un projet de loi inspiré de la loi de Clare permettra aux femmes victimes de violence conjugale de savoir si leur conjoint a un passé violent.
Identité et nationalisme
Cinquième priorité : protéger l'identité. Le gouvernement renouvellera la clause dérogatoire pour la loi 96 et appliquera la loi 101 à la formation professionnelle et aux adultes. Le Programme de l'expérience québécoise sera rouvert pour deux ans. Un projet de constitution québécoise sera étudié, affirmant l'autonomie, la primauté de l'égalité hommes-femmes sur la liberté de religion, et rejetant le multiculturalisme canadien. La carte électorale sera revue pour mieux représenter les régions, notamment la Gaspésie. En culture, le gouvernement travaillera à rendre les contenus québécois plus visibles sur les plateformes en ligne.
Conclusion
La première ministre appelle à l'unité et à l'audace face aux défis, insistant sur la nécessité de bâtir l'avenir ensemble.
Allocution d'ouverture — La Lieutenante-gouverneure
Lors de l'allocution d'ouverture de la session parlementaire le 5 mai, la lieutenante-gouverneure souligne que cette date coïncide avec la Journée nationale de sensibilisation aux femmes, aux filles et aux personnes issues de la diversité sexuelle et de genre autochtones disparues et assassinées (Journée de la robe rouge). Elle rappelle l'augmentation préoccupante de la violence faite aux femmes, mais note des progrès : l'Assemblée nationale est présidée par une femme, le gouvernement est dirigé par une femme, et elle-même est la première femme autochtone à occuper la fonction de lieutenante-gouverneure. Citant Pauline Marois, elle affirme que chaque avancée des femmes profite à toute la société. Elle appelle à l'unité et au respect, en s'appuyant sur la vision autochtone du cercle et la responsabilité envers les sept prochaines générations. Elle invite les députés à des débats vigoureux mais respectueux, et à des décisions justes pour le bien commun.
Red Dress Day et violence faite aux femmes
La lieutenante-gouverneure ouvre la session en rappelant que le 5 mai est la Journée nationale de sensibilisation aux femmes, aux filles et aux personnes issues de la diversité sexuelle et de genre autochtones disparues et assassinées (Journée de la robe rouge). Elle rend hommage aux victimes et souligne la violence disproportionnée subie par les femmes, filles et personnes bispirituelles des Premières Nations, Inuits et Métis. Elle déplore une augmentation préoccupante de la violence faite aux femmes au Québec et ailleurs, et appelle à une vigilance constante et à un engagement renouvelé.
Progrès en matière de représentation
Malgré ce contexte, elle relève des signes positifs : les formations politiques à l'Assemblée sont dirigées par autant de femmes que d'hommes ; la présidence de l'Assemblée, le gouvernement et la fonction de lieutenante-gouverneure sont occupés par des femmes, cette dernière pour la première fois par une femme autochtone. Elle cite Pauline Marois : « Chaque fois qu'une femme gagne, […] c'est toutes les femmes qui sont gagnantes », et ajoute que c'est toute la société qui en bénéficie. Elle voit ces avancées comme le reflet d'une société qui s'ouvre et se transforme.
Appel à l'unité et à la responsabilité collective
Elle insiste sur le fait que l'égalité se construit par des gestes concrets, en collaboration avec les hommes, pour offrir sécurité, dignité et possibilités à chaque femme. Elle rappelle aux députés la confiance que les Québécois leur ont accordée et les invite à préserver ce qui les unit au-delà des débats et des différences. Dans un monde en transformation, le bien commun qu'est le Québec doit être protégé ensemble, en tant que dépositaires ou gardiens. La responsabilité est d'unir sans effacer les différences, mais en les inscrivant dans un projet commun.
Vision autochtone du cercle et des sept générations
Elle partage une vision du monde des Premières Nations : le cercle comme espace d'équilibre où tout est relié, où le « nous » prime sur le « je ». Ce cercle rappelle des valeurs fondamentales comme le partage, le respect, l'humilité et l'honnêteté. Les décisions doivent être prises en considérant leurs répercussions sur les sept prochaines générations, s'inscrivant dans la continuité du passé et de l'avenir. Elle termine en invitant les députés à aborder les prochaines semaines avec le sens de l'État, le respect des institutions et la conscience du bien commun, en recherchant des décisions fermes mais justes, à la hauteur de la confiance reçue.
Discours d'ouverture — Motion proposant que l'Assemblée approuve la politique générale du gouvernement
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Dépôt des lettres de nomination du leader, de la leader adjointe, et du président du caucus de la Coalition avenir Québec
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Dépôt du nouveau diagramme de l'Assemblée
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Mme Fréchette
Dans son discours d'ouverture, Mme Fréchette, première ministre du Québec, présente les cinq priorités de son nouveau gouvernement pour prendre l'avenir en main : diminuer le coût de la vie, propulser l'économie, rénover les infrastructures, simplifier les services de l'État et protéger l'identité. Elle annonce des mesures concrètes : remboursement de la taxe de bienvenue pour les premiers acheteurs, conversion de places de garde, baisse d'impôt pour les PME, investissements dans Hydro-Québec, projets hospitaliers, réforme de la loi P-38, projet de loi inspiré de la loi de Clare contre la violence conjugale, renouvellement de la clause dérogatoire pour la loi 96, extension de la loi 101 à la formation professionnelle, réouverture du Programme de l'expérience québécoise, et dépôt d'un projet de constitution québécoise. Elle insiste sur l'unité et la collaboration parlementaire, dans un contexte de guerre tarifaire et d'incertitude mondiale.
Contexte et vision
Mme Fréchette, première ministre du Québec, prononce le discours d'ouverture de la nouvelle législature. Elle souligne le rôle des femmes en politique, rendant hommage aux pionnières et aux invitées présentes. Elle évoque le contexte mondial difficile (guerre tarifaire, conflits, IA, réseaux sociaux) et appelle à prendre l'avenir en main. Le gouvernement dispose de cinq semaines de travaux parlementaires et se concentre sur cinq priorités.
Première priorité : diminuer le coût de la vie
Pour aider les familles et les jeunes, le gouvernement annonce le remboursement de la taxe de bienvenue pour les premiers acheteurs, jusqu'à 5 875 $, rétroactif au 1er janvier. Il prévoit aussi la conversion de 5 000 places de garde non subventionnées en places à 9,65 $ par jour. Le ministre des Finances préparera d'autres mesures, notamment sur le prix de l'essence. Des mesures législatives donneront plus de pouvoirs aux villes pour construire des logements abordables.
Deuxième priorité : propulser l'économie
Le gouvernement veut réduire la dépendance aux États-Unis. Mme Fréchette a rencontré des responsables américains et nommé Louise Blais comme émissaire pour l'ACEUM. Une nouvelle politique internationale sera présentée. Hydro-Québec doublera sa production d'électricité d'ici 2050 avec 200 milliards d'investissements. Les PME sont ciblées : baisse d'impôt immédiate (jusqu'à 5 000 $ par année), allègement réglementaire, nouvelle stratégie d'achat québécois. Le troisième lien à l'est de Québec sera lancé par appel d'intérêt. Le gouvernement soutient aussi la défense et les contrats en aérospatiale.
Troisième priorité : rénover nos infrastructures
Priorité au maintien des actifs existants. Des investissements sont annoncés pour plusieurs hôpitaux : Mont-Laurier, Saint-Jérôme, Drummondville, Gatineau, Québec (Saint-François d'Assise), Lévis et Montréal (Maisonneuve-Rosemont).
Quatrième priorité : simplifier les services de l'État
En santé, projets pilotes de salles d'attente virtuelles et consultations virtuelles. Ajout de 1 million d'heures en soutien à domicile pour les aînés. En éducation, protection du budget des services aux élèves contre les compressions. En sécurité, réforme de la loi P-38 sur les troubles mentaux. Lutte contre les féminicides : dépôt d'un projet de loi inspiré de la loi de Clare, permettant d'informer les femmes du passé violent de leur conjoint.
Cinquième priorité : protéger notre identité
Renouvellement de la clause dérogatoire pour la loi 96 sur le français. Extension de la loi 101 à la formation professionnelle et aux adultes. Réouverture du Programme de l'expérience québécoise pour deux ans. Le ministre de la Culture travaillera sur la visibilité des contenus québécois en ligne. Révision de la carte électorale pour donner une voix forte aux régions. Dépôt d'un projet de constitution québécoise pour accroître l'autonomie, affirmant la primauté de l'égalité hommes-femmes sur la liberté religieuse et se distinguant du multiculturalisme canadien.
Appel à la collaboration
Mme Fréchette demande l'appui de toutes les oppositions pour adopter ces projets. Elle conclut en invitant les Québécois à être audacieux et à bâtir l'avenir ensemble. La motion d'approbation de la politique générale est soumise.
La Lieutenante-gouverneure
La Lieutenante-gouverneure ouvre la session parlementaire en soulignant la Journée nationale de la robe rouge, qui rend hommage aux femmes, filles et personnes autochtones disparues ou assassinées. Elle déplore l'augmentation de la violence faite aux femmes et appelle à une vigilance constante. Elle note cependant des progrès : l'Assemblée nationale est présidée par une femme, le gouvernement est dirigé par une femme, et elle-même est la première femme autochtone à occuper la fonction de lieutenante-gouverneure. Elle cite Pauline Marois pour souligner que les avancées des femmes profitent à toute la société. Elle insiste sur la nécessité de construire l'égalité par des gestes concrets. Elle invite les parlementaires à travailler ensemble, au-delà des différences, en s'inspirant de la vision autochtone du cercle, prônant le partage, le respect, l'humilité et l'honnêteté. Elle conclut en les exhortant à aborder les travaux avec sens de l'État et respect du bien commun.
Ouverture de la session et Journée de la robe rouge
La Lieutenante-gouverneure prononce un discours d'ouverture de la session le 5 mai, qui coïncide avec la Journée nationale de sensibilisation aux femmes, aux filles et aux personnes issues de la diversité sexuelle et de genre autochtones disparues et assassinées, également appelée Journée de la robe rouge. Elle rappelle que cette journée rend hommage aux victimes et appelle à la conscience, soulignant que les femmes autochtones continuent de subir une violence disproportionnée. Elle insiste sur l'importance d'en parler et sur la nécessité d'y mettre fin.
Augmentation de la violence faite aux femmes
Elle observe une augmentation préoccupante de la violence faite aux femmes au Québec et ailleurs, qualifiant cela de blessure profonde pour la société. Elle appelle à une vigilance constante, un engagement renouvelé et une volonté collective d'agir.
Progrès en matière de représentation féminine
Malgré ce contexte, elle relève des signes positifs : l'Assemblée nationale est désormais dirigée à parts égales par des femmes et des hommes, le gouvernement est dirigé par une femme, et elle-même occupe la fonction de lieutenante-gouverneure pour la première fois en tant que femme autochtone. Elle cite Pauline Marois : « Chaque fois qu'une femme gagne, chaque fois qu'une femme occupe les plus hautes fonctions, c'est toutes les femmes qui sont gagnantes. » Elle ajoute que c'est toute la société qui en profite. Elle affirme que ces avancées rendent la démocratie plus juste, plus représentative et plus complète, mais rappelle que l'égalité se construit par des gestes concrets, en collaboration avec les hommes.
Responsabilité des parlementaires
Elle rappelle aux membres de l'Assemblée nationale que leur présence témoigne de la confiance des Québécois. Les débats et les différences sont inévitables, mais l'important est ce qu'ils choisissent de préserver ensemble. Elle évoque un monde en transformation, où les repères changent et les tensions s'expriment. Dans ce contexte, le Québec se tient par ce qu'il est, ce qu'il protège et ce qu'il choisit de faire ensemble. Le bien commun qu'est le Québec dépasse les individus ; ils en sont les dépositaires ou les gardiens. Leur responsabilité est d'unir, non en effaçant les différences, mais en les embrassant dans un projet commun.
Vision du cercle des Premières Nations
Elle partage une vision autochtone du cercle comme espace d'équilibre où tout est relié. Le « nous » l'emporte sur le « je ». Ce cercle rappelle des valeurs fondamentales (partage, respect, humilité, honnêteté) et que les décisions résonnent bien au-delà du présent, devant tenir compte des sept prochaines générations.
Exhortation finale
Elle invite les parlementaires à aborder les prochaines semaines avec sens de l'État, respect des institutions et conscience du bien commun. Elle souhaite des débats vigoureux mais respectueux, des décisions fermes mais justes, et des actions à la hauteur de la confiance accordée. Le Québec les dépasse, mais ce qu'ils en font aujourd'hui engage le futur. Elle déclare ouverte la session, en terminant par « Wela'lioq » (merci).
M. Lagacé (Mathew)
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Journal des débats
_(Quatorze heures neuf minutes)_
Bonjour, tout le monde. Vous êtes nombreux, ce matin. Mesdames messieurs, distingués invités, bienvenue, bienvenue au parlement du Québec. Le parlement du Québec, c'est chez vous. Messieurs dames les députés, nous allons nous recueillir quelques instants, je vous prie. _• (14 h 10) •_ Je vous remercie beaucoup. Veuillez vous asseoir.
Dépôt de la lettre de démission du député de Borduas, M. Simon Jolin-Barrette, à titre de leader parlementaire du gouvernement, et de celle du député de René-Lévesque, M. Yves Montigny, à titre de président du caucus du gouvernement
Alors, juste avant d'entreprendre nos travaux, je dépose une lettre transmise par M. Jolin-Barrette, député de Borduas, dans laquelle il informe de sa démission à titre de leader parlementaire du gouvernement à compter du 6 avril dernier, ainsi qu'une lettre transmise par M. Yves Montigny, député de René-Lévesque, dans laquelle il informe de sa démission à titre de président du caucus du gouvernement à compter du 7 avril 2026.
Dépôt des lettres de nomination du leader, de la leader adjointe, et du président du caucus de la Coalition avenir Québec
De plus, je dépose des lettres que m'a fait parvenir Mme la première ministre m'informant des nominations suivantes qui prenaient effet le 21 avril 2026 : M. François Bonnardel, député de Granby, à la fonction de leader parlementaire du gouvernement; M. Yves Montigny, député de René-Lévesque, à la fonction de président du caucus du gouvernement; et Mme Stéphanie Lachance, députée de Bellechasse, à la fonction de leader parlementaire adjointe du gouvernement.
Dépôt de la lettre du député d'Orford, M. Gilles Bélanger, informant de sa décision de siéger à titre de député indépendant
Je dépose également une lettre que m'a transmise M. Gilles Bélanger, député d'Orford, dans laquelle il m'informe de sa décision de siéger à titre de député indépendant à compter du 22 avril 2026.
Dépôt du nouveau diagramme de l'Assemblée
Enfin, je dépose le nouveau diagramme de l'Assemblée en date d'aujourd'hui. Maintenant, Mmes et MM. les députés, nous allons accueillir la lieutenante-gouverneure. Alors, je vous prie de bien vouloir demeurer à vos places jusqu'à son arrivée.
...
Mmes et MM. les députés, vous êtes priés de vous lever pour accueillir la lieutenante-gouverneure.
Mmes et MM les députés, la lieutenante-gouverneure du Québec.
Allocution d'ouverture
La Lieutenante-gouverneure
Bonjour. «Gwe.» Veuillez vous asseoir. Mme la Présidente, Mme la première ministre, M. le chef de l'opposition officielle, Mme la cheffe parlementaire de la deuxième opposition, M. le chef de la troisième opposition, Mmes et MM. les ministres, Mmes et MM. les députés, Mmes et MM. les invités. Tout comme mon premier discours, qui s'inscrivait dans la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation, prononcé le 30 septembre dernier, le destin a voulu que celui-ci coïncide — je m'excuse — avec une autre journée d'une grande portée. Le 5 mai est la Journée nationale de sensibilisation aux femmes, aux filles et aux personnes issues de la diversité sexuelle et de genre autochtones disparues et assassinées. Cette journée, on la reconnaît sous la Journée de la robe rouge. Cette journée rend hommage aux victimes. Elle appelle aussi à la conscience. Elle nous rappelle que des femmes, des filles et des personnes bispirituelles issues des Premières Nations, des Inuits et des Métis continuent de faire face à une violence disproportionnée. Il est important d'en parler. Il est nécessaire d'en parler. Parce que cela doit cesser. En ce jour, les robes rouges flottent comme des présences silencieuses. Elles ne crient pas. Elles interpellent. Elles nous obligent. Elles nous rappellent une exigence plus large. Car, depuis plusieurs années, nous observons une augmentation préoccupante de la violence faite aux femmes au Québec, mais aussi ailleurs. Qu'elles soient autochtones ou non, cela demeure une blessure profonde dans notre société. Elles appellent à une vigilance constante. À un engagement renouvelé. À une volonté collective d'agir. Malgré cette augmentation de la violence faite aux femmes, certains signes méritent d'être soulignés. Alors, sur un point plus positif, aujourd'hui, cette assemblée reflète une évolution importante. Les formations politiques qui y sont représentées sont dirigées, à parts égales, par des femmes et des hommes. Cette assemblée est présidée par une femme. Le gouvernement est dirigé par une femme. Et la fonction que j'occupe est assumée, pour la première fois, par une femme autochtone. Comme l'a exprimé Mme Pauline Marois : «Chaque fois qu'une femme gagne, chaque fois qu'une femme occupe les plus hautes fonctions, c'est toutes les femmes qui sont gagnantes.» Et, Mme Marois, permettez-moi d'y ajouter que c'est toute la société qui est gagnante. Je suis fière de le mentionner à nouveau : Le Québec avance. Ces avancées sont significatives. Elles illustrent une société qui s'ouvre, qui évolue, qui se transforme. Chaque année... Je m'excuse. Chaque avancée a contribué à rendre notre démocratie plus juste. Plus représentative. Plus complète. Mais, au-delà du symbole, cette réalité nous engage. Elle nous rappelle que l'égalité ne se proclame pas. Elle se construit. Oui, et elle se construit en collaboration avec des hommes. Par des gestes. Par des décisions. Dans la capacité d'offrir à chaque femme sécurité, dignité et possibilités. Mmes et MM. les membres de l'Assemblée nationale. Votre présence ici témoigne de la confiance précieuse que les Québécoises et les Québécois vous ont accordée. Les débats seront nécessaires. Les différences, inévitables. Mais ce qui importe, au-delà de tout, c'est ce que nous choisissons de préserver ensemble. Le Québec évolue dans un monde en transformation. Les repères changent. Les tensions s'expriment. Les incertitudes demeurent. Dans ce... dans ce contexte, une nation se tient. Elle se tient par ce qu'elle est, par ce qu'elle protège, par ce qu'elle choisit de faire ensemble. Ce bien commun qu'est le Québec ne nous appartient pas. Pour certains, nous en sommes les dépositaires. Pour d'autres, les gardiens. Mais c'est ensemble que nous en assurons la continuité. Notre responsabilité est d'unir. Non pas en effaçant nos différences, mais en les embrassant, et en les inscrivant dans un projet commun où chaque personne a sa place. Permettez-moi de vous partager une vision du monde chère aux Premières Nations. Chez nous, le cercle est une façon de vivre. Il est un espace d'équilibre. Un espace où tout est relié. Où chaque élément de la vie est essentiel. Où le «nous» l'emporte sur le «je», car nous sommes dans le cercle de la vie ensemble. Ce cercle nous rappelle certaines valeurs fondamentales comme le partage, le respect, l'humilité et l'honnêteté. Il nous rappelle aussi que nos décisions font écho bien au-delà de l'instant présent et qu'elles doivent toujours chercher à rassembler. Ces décisions s'inscrivent dans la continuité de celles et ceux qui nous ont précédés et elles doivent tenir compte de celles et ceux qui viendront après nous pour les sept prochaines générations. En terminant, Mmes et MM. les membres de l'Assemblée, les prochaines semaines seront exigeantes. Je vous invite à les aborder avec le sens de l'État. Avec le respect de toutes les institutions. Avec la conscience du bien commun. Que vos débats soient vigoureux, mais toujours respectueux. Que vos décisions soient fermes, mais toujours justes. Que vos actions soient à la hauteur de la confiance qui vous a été accordée. Le Québec nous tient toutes et tous à coeur. Mais il nous dépasse. Il nous précède. Il nous survivra. Et ce que nous en faisons aujourd'hui engage bien davantage que le présent. C'est dans cet esprit que s'ouvrent les travaux de cette Assemblée. Bonne session! «Wela'lioq.» Merci. _• (14 h 20) •_
Je vous remercie toutes et tous. Je vous invite à vous rasseoir. Messieurs dames les députés, vous êtes priés, maintenant, de vous asseoir. Nous allons poursuivre.
Affaires du jour
Affaires prioritaires
Discours d'ouverture
J'invite maintenant Mme la première ministre à prononcer le discours d'ouverture de cette troisième session de la 43e législature. Mme la première ministre.
Mme Christine Fréchette
Merci. Merci beaucoup. Mme la Présidente, M. le chef de l'opposition officielle, Mme la cheffe du deuxième groupe d'opposition, M. le chef du troisième groupe d'opposition, Mmes et MM. les députés, chers collègues, chers invités, chers Québécois et Québécoises. Depuis à peine quelques semaines, le Québec a un nouveau souffle. Des décisions se prennent, des projets s'entreprennent. Des annonces sont effectuées, des actions sont posées. Des vrais changements sont réalisés. Mme la Présidente, avec notre nouveau gouvernement, le Québec a une nouvelle vision et de nouvelles ambitions. Dans l'histoire de notre Assemblée nationale, c'est la deuxième fois qu'une femme prononce un discours d'ouverture. La première fois, c'était en 2012, il y a 14 ans. La première ministre du Québec était alors Mme Pauline Marois. En 2012, elle brisait un plafond de verre. Elle devenait la première première ministre du Québec. Avec elle, on a montré qu'au Québec tout est possible pour les femmes. Elles peuvent occuper la plus haute fonction de notre nation. Ça me rappelle tout le chemin qu'on a parcouru, grâce à nos pionnières, Marie Lacoste-Gérin-Lajoie, Idola Saint-Jean, Thérèse Forget-Casgrain, qui, après de nombreuses tentatives, ont obtenu le droit de vote des femmes en 1940. Marie-Claire Kirkland-Casgrain... Oui. Marie-Claire Kirkland-Casgrain a été la première femme députée, en 1961, puis la première femme ministre, en 1962. Lise Bacon, qui est devenue la première vice-première ministre, en 1985. Et d'autres pionnières nous font le plaisir d'être avec nous aujourd'hui. Elles sont dans nos tribunes, Mme la Présidente. Il y a Mme Sophie Thibault, qui est devenue, en 2002, la première femme cheffe d'antenne à oeuvrer en solo au Québec et en Amérique du Nord. Il y a également Mme Monique Leroux, qui est devenue, en 2008, la première femme à avoir dirigé une grande institution financière. Il y a Mme Michèle Audette, qui est devenue, en 2021, une des premières femmes innues à être sénatrice au Canada. Et Mme Dominique Savoie, qui est devenue, en 2023, la première femme à occuper la fonction de secrétaire générale et greffière du Conseil exécutif du Québec. Il y a aussi notre ministre des Ressources naturelles et des Forêts qui est devenue, en 2022, la première femme autochtone élue à l'Assemblée nationale. Et, bien sûr, il y a eu notre législature, qui a fait élire le plus grand nombre de femmes de toute l'histoire du Québec. La première ministre Marois, qui ne pouvait malheureusement pas être des nôtres aujourd'hui, m'a écrit : «Chaque fois qu'une femme occupe un poste d'envergure, ce sont toutes les femmes qui gagnent.» Et j'ajouterais que chacune d'entre elles élargit la voie de passage également. Je ne peux qu'être d'accord avec elle : les femmes ont leur place en politique et dans tous les secteurs de notre société. Leur voix doit être entendue dans les plus hautes sphères du pouvoir. En tant que première ministre du Québec, j'ai un message que j'adresse à toutes les Québécoises : Plus que jamais, tout est possible. Lors de l'assermentation de notre gouvernement, j'ai évoqué le nouveau monde dans lequel on vit. Depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche, le monde change profondément. Il est incertain puis il se transforme très, très rapidement. La guerre tarifaire fait très mal à notre économie, puis elle nuit à la stabilité tout comme à la prévisibilité. Les guerres en Ukraine, en Iran, au Moyen-Orient ont des répercussions jusqu'ici, en particulier sur le coût de la vie. L'intelligence artificielle promet le meilleur comme le pire. Les réseaux sociaux polarisent nos sociétés. Et les géants du numérique rendent notre culture invisible. Quand j'ai constitué notre nouveau gouvernement, j'ai été très claire. Face au brouillard ambiant, on a choisi de bâtir l'avenir et d'avancer plutôt que de reculer et refaire le passé. Mais, pour bâtir l'avenir, pour avancer, une chose est cruciale. Notre nation doit prendre son avenir en main. Tous les Québécois, on doit prendre notre avenir en main. Chacun de nous, on doit faire notre part. On doit s'adapter, puis s'adapter rapidement, parce qu'il y a urgence d'agir. _• (14 h 30) •_ Aujourd'hui, je présente le plan de notre nouveau gouvernement pour permettre à notre nation de prendre son avenir en main. Mais, avant de préciser nos priorités, je veux être transparente avec tous les Québécois. Il y a peu de temps d'ici les prochaines élections. Devant nous, on a cinq semaines de travaux parlementaires. On ne pourra pas tout changer. Mais une chose est sûre, c'est qu'on va maintenir la cadence. On doit faire le maximum pour les Québécois. Puis on va faire le maximum pour les Québécois. Dans les semaines qui viennent, on va se concentrer sur cinq priorités : premièrement, le coût de la vie; deuxièmement, l'économie; troisièmement, les infrastructures; quatrièmement, les services; et, cinquièmement, l'identité. Notre première priorité : diminuer le coût de la vie. Depuis plusieurs années, la vie coûte de plus en plus cher. L'essence, l'épicerie, le loyer, l'hypothèque, puis j'en passe. Rien n'est épargné. Et l'inflation, bien, ça concerne tout le monde. Les familles, les aînés, les jeunes. D'ailleurs, le prix des maisons a beaucoup, beaucoup augmenté. En fait, en 10 ans seulement, il a plus que doublé, réalisez-vous, plus que doublé. À cause du coût de la vie, on constate que de plus en plus de jeunes ont de la difficulté à accéder à la propriété, à devenir propriétaires. Je pense, entre autres, à de jeunes couples qui souhaitent avoir des enfants, qui souhaitent fonder une famille. Malheureusement, l'accès à la propriété, bien, il est de plus en plus difficile, au Québec. Bien des jeunes ne réussissent pas à s'acheter une maison. Pour beaucoup d'entre eux, en fait, c'est carrément hors de portée. Et puis, pire encore, il y en a certains qui se résignent, qui se résignent à l'idée de devoir oublier ça, puis convaincus de devoir renoncer à leur rêve, à leur rêve de devenir propriétaires. Et dans le passé je l'ai dit fréquemment : au Québec, on a besoin d'une économie de propriétaires. Puis, quand je dis ça, ce que je veux dire, c'est qu'on doit permettre à un maximum de Québécois de devenir propriétaires. On doit leur permettre de bâtir leur patrimoine avec la propriété foncière, comme leurs parents l'ont fait avant eux. On doit aussi leur permettre de réaliser leur rêve de devenir propriétaires, comme leurs parents l'ont fait avant eux. Dès la première semaine de mon assermentation comme première ministre, notre nouveau gouvernement a agi pour faciliter l'accès à la propriété. On a annoncé qu'on allait rembourser une part importante de la taxe de bienvenue pour les premiers acheteurs. Et ce remboursement va pouvoir atteindre jusqu'à 5 875 $. Et au moins 38 000 Québécois vont en profiter chaque année. Mais la réalité, c'est que, même lorsque nos jeunes s'achètent une maison, ils ont du mal à faire face au coût de la vie. Surtout les premières années, ils doivent concilier leurs dépenses quotidiennes avec l'hypothèque. Ils vivent une pression financière qui est vraiment très importante. Parlez-en à Rosie et à William. Ils sont avec nous aujourd'hui dans les tribunes. Rosie et William, en fait, ils forment un couple depuis six ans. Rosie étudie à temps plein en enseignement au primaire à l'Université du Québec à Trois-Rivières. Elle fait aussi du remplacement à temps partiel dans les écoles de sa région. Et, de son côté, William travaille comme mécanicien industriel chez Margarine Thibault, à Trois-Rivières. Jusqu'en mars dernier, Rosie et William habitaient chacun chez leurs parents. Ils travaillaient fort, ils rassemblaient leurs économies. Puis ensemble ils rêvaient de devenir propriétaires pour fonder une famille. Au début de l'année, ils ont pris une grosse décision. Ils ont décidé de faire une offre d'achat sur une maison à Bécancour. En mars dernier, leur offre d'achat a été acceptée, et ils sont devenus propriétaires. Et c'est une excellente nouvelle pour Rosie et William. Mais, dans le contexte économique actuel, ils ont plus de mal à joindre les deux bouts. Eh bien, Mme la Présidente, notre nouveau gouvernement a choisi de donner un coup de pouce à nos jeunes, Rosie et William, car dorénavant on rembourse la taxe de bienvenue pour les premiers acheteurs. Et cette décision-là est rétroactive au 1er janvier dernier. Dès l'automne prochain, Rosie et William vont recevoir des milliers de dollars en remboursement. Avec cet argent-là, on les aide à faire face au coût de la vie. Et, avec Rosie et William, on va bâtir l'avenir du Québec. Merci. On doit continuer d'en faire plus, hein, pour diminuer le coût de la vie des Québécois. Pour qu'ils aient encore plus d'argent dans leurs poches, on va accélérer la conversion de 5 000 places de garde non subventionnées en places de garde subventionnées. La nouvelle ministre de la Famille s'y attelle présentement. Dès cet été, en fait, elle va publier la liste des milieux qui seront convertis. L'objectif, c'est que dès l'automne plus de parents profitent du tarif réduit de 9,65 $ par jour et plus de parents puissent retourner au travail. C'est essentiel pour l'émancipation des jeunes familles. Le précédent gouvernement en a fait beaucoup pour aider les Québécois face à l'inflation : l'augmentation des allocations familiales, les baisses d'impôt, baisse de la taxe scolaire, remboursement des lunettes pour les enfants, deux heures de stationnement gratuit à l'hôpital, et bien d'autres mesures. Dans les prochaines semaines, notre nouveau gouvernement va aller plus loin. On va aider les Québécois tout en protégeant nos finances publiques pour les générations à venir. Alors, je vous annonce donc que le ministre des Finances présentera d'autres mesures pour remettre un maximum d'argent dans le portefeuille des Québécois. Il se penchera notamment sur comment aider les plus vulnérables tout comme la classe moyenne puis comment compenser les Québécois pour la hausse du prix de l'essence. C'est un mandat important. Je compte sur lui pour y arriver, puis les Québécois aussi. Notre nouveau gouvernement va aussi être un bon partenaire avec ses différents interlocuteurs. Partenaire des villes. Partenaire des régions. Partenaire des Premières Nations et Inuits. Partenaire des PME. Et partenaire du gouvernement fédéral. Si on veut résoudre les crises qu'on traverse, on doit mieux collaborer. Je pense en particulier à la pénurie de logements puis à la hausse de l'itinérance, qui se nourrissent, hein, mutuellement. Les difficultés financières, c'est l'une des premières causes de l'itinérance. Alors, on doit trouver des solutions plus pérennes à ces enjeux, qui, reconnaissons-le, sont très complexes. Alors, je vous annonce que le ministre des Affaires municipales présentera des mesures législatives pour accorder plus de pouvoirs aux villes, afin d'accélérer la construction de logements abordables. Construire plus de logements abordables, c'est un des moyens pour freiner la hausse de l'itinérance. Et ça permet aussi aux aînés d'avoir accès à un loyer décent. Et c'est avec les villes comme partenaires... Et c'est avec les villes comme partenaires qu'on va y arriver aussi. Notre deuxième priorité, c'est propulser notre économie. Présentement, on est trop dépendants des États-Unis. Bon, c'est notre principal marché d'exportation, puis ça va le rester. Mais, malgré notre accord, l'ACEUM, notre économie souffre de cette dépendance. Elle souffre surtout du retour de Donald Trump. Avant lui, disons que les États-Unis étaient un partenaire plus fiable. Actuellement, plusieurs de nos industries subissent les contrecoups des tarifs. 50 % sur l'acier. 50 % sur l'aluminium. 45 % sur le bois d'oeuvre. Ça fait vraiment très mal à notre économie, et particulièrement, je dirais, à nos régions. Si on veut prendre notre avenir en main, on doit plus que jamais faire preuve de nationalisme économique et ouvrir nos horizons au-delà des États-Unis. L'État québécois, les entreprises québécoises puis tous les Québécois, on doit être des catalyseurs pour le développement économique, pour propulser notre économie. On a tous ce pouvoir-là. La semaine dernière, je me suis rendue à Washington. Je suis allée défendre les intérêts de notre nation. J'ai rencontré le représentant au commerce du président Trump, Jamieson Greer, un acteur clé de la négociation à venir avec les États-Unis. J'ai rencontré aussi des élus républicains, des élus démocrates. J'ai aussi rencontré l'ambassadeur du Canada, qui s'implique dans la révision de l'ACEUM. Et je leur ai tous fait comprendre que les États-Unis ont besoin du Québec. On a les produits, on a les ressources, on a l'expertise, on a l'énergie dont ils ont besoin. J'ai aussi fait, à ce moment-là, deux constats. Le premier constat, c'est qu'on doit mieux travailler avec le gouvernement. C'est pourquoi, en vue de la révision de l'ACEUM, notre nouveau gouvernement a nommé Mme Louise Blais comme émissaire du Québec. Elle est chargée de défendre nos intérêts et de travailler avec la négociatrice en chef du Canada. Mme Blais est avec nous aujourd'hui, et je tiens à la remercier puis à la saluer. Beaucoup de femmes aux commandes. _• (14 h 40) •_ Le deuxième constat fondamental, c'est que personne, personne n'est mieux placé que le gouvernement du Québec pour parler au nom des Québécois, y compris sur la scène internationale. Autrement dit, le Québec doit coûte que coûte promouvoir et défendre ses propres intérêts à l'international. On doit le faire par nous-mêmes et pour nous-mêmes. En ce sens, je vous annonce que le ministre des Relations internationales et de la Francophonie va présenter une nouvelle politique internationale pour le Québec. Cette politique sera axée sur la défense de nos intérêts partout dans le monde. Pour notre nouveau gouvernement, l'économie puis l'environnement vont de pair. On doit arrêter de les opposer, parce que les deux, en fait, ils sont complémentaires. Et ce qui permet de les rallier, bien, c'est l'énergie. Le Québec, c'est une véritable puissance énergétique. Une puissance en matière d'énergies vertes. Quoi qu'en pensent des leaders politiques au sud de nos frontières, on doit poursuivre la transition énergétique. Grâce à Hydro-Québec, je suis convaincue qu'on va la réaliser. Et ce sera bon pour la planète, bon pour notre économie. Le plan d'action d'Hydro-Québec, en fait, c'est le fer de lance de notre enrichissement collectif. Avec ce plan-là, on va doubler notre production d'électricité d'ici 2050. On va investir 200 milliards pour augmenter notre production hydroélectrique, pour construire des éoliennes, pour installer des panneaux solaires, pour rehausser notre efficacité et notre sobriété énergétique. Et, en produisant plus d'électricité, on va pouvoir décarboner notre économie. C'est primordial pour l'avenir des prochaines générations. Avec notre plan, on va aussi attirer de nouveaux investissements. On va élaborer des partenariats avec les Premières Nations et les Inuits, dans un esprit de nation à nation. On va aussi inclure les communautés locales, les villes, les MRC. Tous ensemble, on va faire du développement économique régional et du développement énergétique. Ça, ça va être gagnant sur tous les plans. Avec le plan d'Hydro-Québec, on va surtout alimenter la croissance de nos petites et moyennes entreprises, nos PME, le coeur de notre économie. En fait, au Québec, plus de 99 % des entreprises sont des PME. Plus de 50 % de tous nos travailleurs travaillent dans une PME. Puis 35 % de notre PIB est produit par des PME. Elles assurent, en fait, la vitalité, aussi, de toutes les régions. Puis, c'est important de le rappeler, elles sont les entreprises les plus durement touchées par les tarifs, actuellement. Contrairement aux grandes entreprises, elles n'ont pas les ressources nécessaires, là, pour absorber ce choc-là, qui a été très soudain. Et, si on veut réduire notre dépendance aux États-Unis, bien, on doit mieux accompagner nos PME. On doit leur permettre de percer de nouveaux marchés et de devenir de plus grandes entreprises. Ça, ça me rappelle l'histoire d'Umano, Umano Medical. C'est une entreprise québécoise de L'Islet, dans Chaudière-Appalaches, qui fabrique des lits d'hôpital. Un de ses dirigeants est avec nous aujourd'hui dans les tribunes. Il s'agit de M. Ghislain Demers, qui est coprésident de l'entreprise. Umano Medical existe depuis 2012. Et, entre 2015 et 2020, l'entreprise a développé un nouveau concept de lit d'hôpital qui a complètement révolutionné le domaine. Ils le vendent au Québec et un peu partout en Amérique du Nord. Dans notre réseau de la santé, on utilise des lits d'Umano Medical. Et l'entreprise exporte beaucoup aux États-Unis. Mais, lorsque les tarifs américains ont été imposés, Umano Medical a décidé de revoir sa stratégie d'implantation aux États-Unis puis d'investir au Québec. Alors, pour augmenter ses parts de marché, l'entreprise a réorienté sa stratégie d'exportation vers le Canada, le Royaume-Uni, l'Australie et l'Asie. Et, en même temps, elle a continué d'investir pour l'innovation, pour renforcer sa capacité puis sa résilience. Avec Investissement Québec, on a accompagné M. Demers et son équipe dans leurs démarches d'expansion commerciale au Canada, mais aussi dans leur croissance au Québec et puis à l'international. Au Canada, on les a mis en contact avec des donneurs d'ordres hospitaliers puis des décideurs publics, des réseaux d'approvisionnement médicaux. On les a appuyés aussi dans leur stratégie d'implantation en Australie. Et, pour les aider à se diversifier en Europe, on a soutenu leur recherche de distributeurs potentiels. Et on continue à les appuyer dans leur croissance mondiale. Aujourd'hui, Umano Medical a réduit sa dépendance au marché américain. Puis, en plus, la taille de l'entreprise est passée de petite à moyenne. Ça, c'est du nationalisme économique! Toutes mes félicitations à Umano Medical! Bravo, M. Demers, et bravo à Investissement Québec! Je le disais, durant cette période, là, qui est très tumultueuse, on doit mieux accompagner nos PME, comme on l'a fait avec Umano Medical. On doit leur donner plus d'oxygène puis plus de moyens pour s'adapter. Et, pour aider les PME, le gouvernement a baissé une première fois leurs impôts, en 2021. La semaine dernière. On a fait un pas de plus, on a annoncé une baisse d'impôt immédiate pour 75 000 PME dans toutes les régions du Québec. Et chacune de ces entreprises-là pourra gagner... pourra garder, pardon, jusqu'à 5 000 $ de plus dans ses coffres à chaque année. Avec cet argent-là, les PME vont pouvoir réinvestir dans leur croissance. Mais on doit aller plus loin. Alors, je vous annonce que le ministre délégué à l'Économie et aux Petites et Moyennes Entreprises va poursuivre le travail entamé pour alléger la réglementation applicable aux PME, pour réduire leur fardeau administratif et pour réduire la paperasse à remplir. On doit permettre aux entreprises de se concentrer sur ce qu'elles font de mieux pour le Québec : créer de la richesse. Avec notre projet de loi sur l'allègement réglementaire, on va aider nos entreprises, aussi, du secteur forestier. On va accélérer certains processus en environnement puis dans le secteur minier. On va aussi introduire une nouvelle politique pour rendre l'État plus efficace pour les entreprises. Et, puisque l'État québécois doit être un meilleur levier de développement économique, je vous annonce également que la présidente du Conseil du trésor présentera sous peu une nouvelle stratégie gouvernementale des marchés publics, pour maximiser l'achat québécois dans les contrats publics. Si on veut que nos PME prennent leur avenir en main, on doit les aider sans tarder. On doit garnir leur carnet de commandes, leur donner plus d'ouvrage. Alors, dorénavant, l'État québécois achètera davantage québécois. Lorsqu'on parle de nos PME, bien, je pense forcément à nos régions. Toutes nos régions, en fait, nous rendent fiers et prospères. Chacune a sa réalité, ses particularités puis, je dirais, sa personnalité. Pour mieux en tenir compte, on a créé le Conseil des régions, qui est présidé par notre nouveau ministre délégué aux Régions. Et, grâce au conseil, nos 17 régions auront toujours une voix forte. Mais, Mme la Présidente, il y a une région en particulier qui est capitale pour notre avenir économique. Capitale pour notre développement national. Capitale pour notre vitalité régionale. Et c'est la grande région de Québec. Dans les prochaines années, elle devrait enregistrer la plus grande augmentation de population au Québec. Alors, si on veut planifier notre développement économique, on doit notamment améliorer la mobilité dans la grande région de Québec. D'ici l'automne, on va améliorer la fluidité. Du côté de Québec, on va bonifier le projet de réaménagement de la tête des ponts. Et, du côté de Lévis, on va annoncer l'élargissement de l'autoroute 20 sur une plus grande distance. Puis, en même temps, on va poursuivre les travaux préparatoires pour le tramway de Québec. En plus de ça, notre nouveau gouvernement a l'intention de construire un troisième lien à l'est. Je vous annonce donc que, d'ici l'été, on va lancer un appel d'intérêt au privé pour réaliser ce nouveau lien autoroutier. Pour propulser l'économie du Québec, on doit prendre en main l'avenir de la grande région de Québec. Et, pour bâtir l'avenir, on doit doter notre capitale de modes de transport structurant puis on doit s'avancer... on doit avancer sur l'ensemble de ces projets en même temps. Alors, à partir d'aujourd'hui, c'est ça qu'on fait. _• (14 h 50) •_ On le sait, les conflits internationaux créent de l'incertitude puis de l'instabilité qui poussent nos démocraties à repenser leurs stratégies de défense. Partout en Occident, les gouvernements ont choisi d'augmenter significativement leurs investissements en défense. Avec son expertise, notamment en aérospatiale et en intelligence artificielle, le Québec doit faire connaître et reconnaître ses forces en allant chercher d'ambitieux contrats. Je sais que le ministre de l'Économie, de l'Innovation et de l'Énergie est déjà à l'oeuvre pour décrocher les contrats qui vont reconnaître le talent des Québécois à sa juste valeur. Alors, je suis convaincue qu'il va y arriver, et il a toute ma confiance. Notre troisième priorité : rénover nos infrastructures. Au Québec, il est temps de prendre soin de ce que nos parents et nos grands-parents ont construit. Dans les dernières décennies, beaucoup d'investissements ont été faits pour construire de nouvelles infrastructures plutôt que pour entretenir celles déjà existantes. On peut se le dire sans se tromper, qu'avant 2018 ce n'était pas une priorité. On a hérité d'infrastructures en mauvais état. Aujourd'hui, les conséquences de ces choix, bien, elles sont bien visibles, hein? Nos hôpitaux, nos écoles, nos routes ont besoin d'amour. Puis on doit leur en donner rapidement. À l'avenir, on doit couper moins de rubans et faire de meilleurs investissements. On doit opérer, en fait, un grand rattrapage. Dans le jargon, on appelle ça prioriser le maintien d'actif. C'est ce qu'on va faire pour rattraper le retard des 50 dernières années. Mais, dans le cas de certains hôpitaux, on doit se rendre à l'évidence. Leur état de dégradation est trop avancé pour que ça vaille la peine de les rénover. Parfois, on doit agrandir ou encore construire de tout nouveaux hôpitaux. Je pense aux hôpitaux de Mont-Laurier et de Saint-Jérôme, dans les Laurentides. À l'Hôpital Sainte-Croix, à Drummondville, dans le Centre-du-Québec. À l'Hôpital de Gatineau, en Outaouais. À l'Hôpital Saint-François d'Assise, à Québec. Et, enfin, aux hôpitaux Hôtel-Dieu de Lévis et Maisonneuve-Rosemont, à Montréal. Il y a près d'un mois, on a investi près de 475 millions dans la modernisation et l'agrandissement de l'hôpital à Lévis. Il y a près de deux semaines, on a débloqué 700 millions pour garantir la modernisation et l'agrandissement de l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont. D'ailleurs, le PDG du CIUSSS de l'Est-de-l'Île-de-Montréal est avec nous aujourd'hui, et je tiens à le saluer pour son excellent travail. Maintenant, on passe à l'action. Notre quatrième priorité : simplifier les services de l'État. Les Québécois paient assez d'impôt, ils ont le droit de s'attendre à de meilleurs services. Des services plus simples, plus efficaces, plus accessibles. En matière de santé, notre réseau public doit s'adapter au monde d'aujourd'hui. On doit utiliser davantage les nouvelles technologies pour simplifier l'accès aux soins, pour améliorer l'expérience des Québécois. Pour ce faire, notre nouveau gouvernement a confié un mandat clair à la ministre de la Santé. Elle doit lancer des projets pilotes de salles d'attente virtuelles dans les urgences. Elle doit faciliter l'accès aux professionnels de la santé via des consultations virtuelles. Lorsqu'on parle du système de santé, je pense notamment à nos aînés. Nos aînés ont bâti le Québec moderne. Il ne faut jamais l'oublier. Puis on leur en doit beaucoup. Alors, si on veut prendre soin de nos aînés comme il faut, on doit leur donner accès aux services dont ils ont besoin. On doit leur permettre de vieillir dignement, dans le confort de leur maison. On doit leur permettre de rester chez eux le plus longtemps possible. Et, pour y arriver, on va ajouter 1 million d'heures en soutien à domicile. Les services de soutien à domicile, c'est de l'aide pour faire le ménage, préparer les repas, se laver, s'habiller. C'est de l'aide que certains de nos aînés ont besoin pour continuer de vivre là où ils le souhaitent vraiment, à savoir dans leur maison, dans leur région. Très souvent, cette aide-là leur permet d'y rester pendant quelques années de plus. Dorénavant, plus d'aînés vont pouvoir en bénéficier. En matière d'éducation, notre nouveau gouvernement a une vision très claire. Il n'est pas question de couper dans les services aux élèves. L'éducation, c'est le plus important levier d'émancipation socioéconomique. C'est un réel ascenseur social. Les gouvernements ne pourront pas couper dans l'éducation, dorénavant, et devront assurer un soutien optimal à la jeune génération. Alors, je vous annonce donc que notre gouvernement protégera le budget des services aux élèves de toute future compression budgétaire. En matière de sécurité intérieure, on a beaucoup à faire. Il y a d'abord la réforme de la loi P-38 qu'on doit faire adopter. Elle sera portée par la ministre de la Santé. Je demande la collaboration de toutes les oppositions pour venir en aide aux personnes atteintes de graves troubles mentaux, qui représentent un risque pour leur propre sécurité et celle d'autrui. Pour soutenir leurs familles aussi et pour protéger la population québécoise dans son ensemble. Au début de mon discours, j'ai mentionné qu'en permettant à plus de femmes d'occuper des fonctions d'importance notre société a beaucoup progressé. C'est vrai, Mme la Présidente, mais on doit en faire plus, plus pour la cause des femmes. On doit en faire plus pour les protéger. Ces dernières années, il y a un travail colossal qui a été effectué pour venir en aide aux femmes victimes de violence conjugale. Le déploiement des bracelets antirapprochements, l'augmentation du nombre de places en maison d'hébergement, la création du tribunal spécialisé en matière de violence conjugale... violence sexuelle, pardon, et conjugale ont beaucoup aidé. Puis, malgré tout, ça ne suffit pas. Depuis le début de l'année, neuf féminicides ont eu lieu, pensons-y, neuf féminicides. Comme société, on doit refuser ça. Comme femme, comme première ministre, je refuse ça et je refuse que les femmes soient victimes de violence, un point c'est tout. Il faut que ça cesse! Et on doit prendre tous les moyens nécessaires pour éviter de tels drames. Mme la Présidente, lors de l'assermentation de notre nouveau gouvernement, j'ai dit à toutes les femmes victimes de violence conjugale que je n'allais pas les oublier. À toutes ces femmes puis à leurs proches, je leur dis : Je ne vous ai pas oubliés. Je vous annonce que notre gouvernement va déposer un projet de loi inspiré de la loi de Clare. Avec ce projet de loi, les femmes qui craignent pour leur sécurité auront le droit de savoir si leur conjoint a un passé violent. Lorsqu'il y a un risque sérieux ou immédiat pour leur sécurité, les policiers pourront informer les femmes du passé de leur conjoint. Je demande la collaboration de toutes les oppositions pour travailler avec nous et pour faire adopter cet important projet de loi. Puis, avec les organismes qui aident les victimes, on va s'assurer de mieux protéger les femmes. Notre cinquième priorité : protéger notre identité. Notre identité nationale, c'est fondamental. C'est ce qu'on a de plus précieux au Québec. Depuis plus de 400 ans, elle définit notre nation. Être nationaliste, c'est plus que de tenir des beaux discours sur notre langue, notre culture puis nos valeurs. Ça veut aussi dire prendre les moyens nécessaires pour faire respecter le choix du Québec, les choix du Québec. C'est ce qu'on a fait avec la loi n° 21, avec la loi n° 96. C'est essentiel de préserver ces acquis pour notre nation. C'est ce que les Québécois nous demandent puis c'est ce qu'ils attendent de nous. Alors, je vous annonce que, demain, le ministre de la Langue française déposera un projet de loi pour renouveler dès maintenant la clause de souveraineté parlementaire, la clause dérogatoire sur la loi n° 96. _• (15 heures) •_ Comme première ministre, quand j'entends des partis politiques ou des groupes de la société civile dénoncer l'utilisation de ces clauses, ça m'inquiète. Ça m'inquiète parce que c'est l'outil démocratique le plus important pour notre nation, pour exprimer la volonté du peuple québécois. Grâce à cet outil, on affirme haut et fort qui nous sommes. En 1988, le premier ministre Robert Bourassa reconnaissait clairement son importance, la nécessité de l'utiliser. Il affirmait en fait que «la clause dérogatoire nous donne la sécurité juridique dont on a besoin pour appliquer un programme qui reflète la volonté de la plupart des Québécois». La grande majorité des Québécois, ils veulent protéger le français au Québec. La grande majorité des Québécois veulent aussi protéger la laïcité. On doit donc prendre tous les moyens nécessaires pour protéger le français et la laïcité au Québec. Et ça passe nécessairement par l'utilisation de la clause dérogatoire. Notre nouveau gouvernement espère que tous les parlementaires seront derrière lui pour défendre nos lois, pour défendre les intérêts du Québec. Ici, c'est l'intérêt supérieur du Québec qui est en jeu. Mais, au-delà de la loi n° 96, on doit trouver d'autres façons de renforcer la langue française au Québec. Si on veut freiner son déclin... Si on veut freiner son déclin, c'est la chose à faire. Alors, je vous annonce que le ministre de la Langue française déposera aussi un projet de loi pour appliquer la loi 101 à la formation professionnelle et à la formation aux adultes. 10 000 élèves de plus vont alors être diplômés en français chaque année. Et, là encore, notre nouveau gouvernement demande la collaboration de tous, de tous les parlementaires pour faire adopter rapidement ce projet de loi. En matière d'immigration, les Québécois sont très accueillants. Tout ce qu'on veut, c'est que les immigrants parlent français, qu'ils partagent nos valeurs, qu'ils travaillent et qu'ils contribuent à la société. Puis c'est aussi ce que souhaitent la vaste majorité des immigrants. Mais, pour leur permettre d'y arriver, on doit avoir une approche responsable en immigration. Tout en respectant nos seuils d'immigration, on doit permettre à ceux qui parlent déjà français, qui sont déjà intégrés et qui vivent déjà dans nos régions d'avoir un maximum de prévisibilité et de pouvoir rester au Québec. Alors, je vous annonce donc que le ministre de l'Immigration, de la Francisation et de l'Intégration rouvrira le Programme de l'expérience québécoise pour deux ans. Au sujet de l'immigration, moins de 48 heures après mon assermentation comme première ministre, je me suis rendue à Ottawa pour rencontrer le premier ministre du Canada, Mark Carney. Puis j'ai été très claire avec lui. Je lui ai dit qu'au Québec on a une capacité d'accueil limitée du fait de notre langue, notre culture. Et du fait de notre capacité financière qui est aussi limitée. J'ai directement abordé avec lui la question des demandeurs d'asile. Le gouvernement fédéral doit faire sa part pour mieux les répartir à travers le Canada et pour rembourser les frais encourus par le gouvernement du Québec pour les accueillir. Maintenant, je m'attends à ce que le fédéral fasse sa part sur cet enjeu et qu'il devienne un meilleur partenaire pour le Québec. Pour protéger notre identité, on doit aussi faire vivre notre culture. Notre culture, c'est l'âme de notre nation. C'est ce qui nous définit, c'est ce qui nous unit. Et, si on souhaite qu'elle perdure, on doit la transmettre à nos enfants. À l'heure actuelle, de moins en moins de jeunes consomment la culture québécoise. Ils ne regardent plus vraiment la télévision traditionnelle. Ils regardent plutôt les plateformes de diffusion en ligne, comme Netflix, comme Disney, où les contenus québécois et francophones sont très difficiles à repérer. Alors, ils sont de moins en moins exposés à la culture québécoise. Et le problème avec les géants du numérique et leurs plateformes, c'est qu'ils rendent invisibles les contenus québécois. C'est vrai pour les films, les séries, les livres, la musique. Les oeuvres québécoises sont trop dispersées parmi l'ensemble des contenus disponibles. Alors, on doit s'adapter à ces nouvelles habitudes de consommation. Si on veut prendre en main notre avenir, on doit prendre en main notre culture. Alors, dans les prochaines semaines, le ministre de la Culture va poursuivre son travail sur la présence de contenus québécois et francophones sur les plateformes de diffusion en ligne. Et, d'ici notre fête nationale, il va aussi donner suite au rapport du Groupe de travail sur l'avenir de l'audiovisuel, pour assurer la pérennité et le rayonnement de notre culture. Grâce à lui, nos jeunes et nos nouveaux arrivants pourront être davantage exposés à la culture québécoise. Et, grâce à lui, nos artistes et nos artisans seront soutenus. On le sait, les régions sont au coeur de notre identité. Chacune contribue fièrement à ce que nous sommes. Chacune contribue fièrement à notre rayonnement à l'international. Et, pour continuer de le faire, chaque région doit avoir une voix forte à l'Assemblée nationale. Alors, je vous annonce que le ministre responsable des Institutions démocratiques, sur recommandation du ministre délégué aux Régions et du Conseil des régions, va déposer un projet de loi pour revoir une partie de la carte électorale. On doit l'adopter avec toutes les oppositions. Parce qu'on doit s'assurer que chacune de nos régions ait une voix forte à l'Assemblée nationale. Je pense notamment à la Gaspésie et à son immense territoire. C'est crucial que la Gaspésie soit bien représentée. Alors, on va défendre toutes nos régions avec détermination. Notre gouvernement est nationaliste. Notre gouvernement est autonomiste. Ce qu'on vise, c'est plus d'autonomie à l'intérieur du Canada. Plus d'autonomie pour prendre nos propres décisions. Plus d'autonomie pour protéger notre identité. Et plus d'autonomie pour développer notre économie. Le gouvernement précédent a posé des gestes forts pour protéger notre langue, notre culture, nos valeurs. Pensons à la loi n° 21 pour affirmer la laïcité de l'État. À la loi n° 96 pour renforcer la protection du français. À la Loi sur l'intégration à la nation québécoise. On a même inscrit dans la Constitution canadienne que les Québécois forment une nation et que le français est la seule langue officielle du Québec. Dans cette même volonté d'affirmation nationale, notre nouveau gouvernement va aller plus loin. On souhaite adopter une constitution du Québec pour accroître l'autonomie de notre nation au sein de la fédération canadienne. Une constitution, c'est la loi des lois. Ça permet de rassembler une nation puis d'affirmer clairement son existence. Ça permet de protéger son identité, ses valeurs. Ça permet de renforcer le pouvoir des institutions démocratiques. Et c'est pourquoi le Québec doit se doter d'une constitution. Le projet qu'on propose, il est très simple. C'est d'accroître l'autonomie politique du Québec. C'est d'affirmer que l'égalité entre les hommes et les femmes doit toujours primer sur la liberté de religion. Et c'est se distinguer, une bonne fois pour toutes, du modèle canadien de multiculturalisme. Cette constitution du Québec, on en a besoin. Et on la propose pour tous les Québécois. Pour ce projet, on a tenu les plus vastes consultations publiques de la dernière décennie. On a pris bonne note des recommandations. Et on a aussi beaucoup écouté. Et on va continuer de le faire, entre autres avec les Premières Nations et les Inuits. Parce qu'on doit renforcer nos relations de nation à nation. Maintenant, il faut avancer. Avec le ministre de la Justice et des Affaires constitutionnelles, on a quelques semaines devant nous pour étudier cet important projet de loi. Alors, je demande la collaboration de tous les parlementaires. Si on travaille tous ensemble, avec sérieux, avec rigueur, on est capable de donner au Québec une constitution dont on sera fiers. _• (15 h 10) •_ Et, en terminant, Mme la Présidente, je veux m'adresser directement aux Québécois et Québécoises. La pire chose qu'on pourrait faire dans le contexte actuel, c'est de se diviser, de refaire le passé, de reculer. Notre nation doit plutôt prendre son avenir en main. On doit se rassembler, bâtir l'avenir et avancer. Avec notre nouveau gouvernement, on a un plan clair pour y arriver. Pour bâtir l'avenir de nos familles et de nos aînés. Pour bâtir l'avenir de nos entrepreneurs et de nos travailleurs. Pour bâtir l'avenir de nos jeunes. Maintenant, tout ce qu'il faut, c'est de l'audace. Alors, soyons audacieux. Prenons notre avenir en main et bâtissons l'avenir du Québec. (Applaudissements)
Motion proposant que l'Assemblée approuve la politique générale du gouvernement
Mme la Présidente, conformément à l'article 45 de notre règlement, j'invite l'Assemblée nationale à adopter la motion suivante : «Que l'Assemblée nationale approuve la politique générale du gouvernement.»
Eh bien, merci, Mme la première ministre. Votre motion est présentée.
Ajournement
Et je lève donc la séance. Et, conformément aux dispositions du règlement, les travaux de l'Assemblée sont ajournés au mercredi 6 mai 2026, à 9 h 40. Bonne fin de journée, tout le monde. _(Fin de la séance à 15 h 12)_