SumInfo

Séance du 1 avril 2026

M. Fontecilla
15%
M. Leduc
13%
Mme Dufour
10%
Mme Maccarone
9%
M. Gagnon
4%

Résumé & points clés

11 cartes

Résumé de la séance

Cette séance de l'Assemblée nationale du Québec a couvert plusieurs sujets. En début de séance, des députés ont rendu hommage à diverses personnalités et événements. La période de questions a été dominée par des échanges vifs sur la santé (temps d'attente aux urgences), l'économie (productivité, PIB par habitant), les investissements d'Hydro-Québec, la crise du logement (cas de Mme Jubinville), la prestation de décès, l'immigration (PEQ), les régions ressources, et le soutien à domicile. Le gouvernement caquiste a défendu son bilan, tandis que l'opposition libérale, solidaire et péquiste a critiqué les résultats. Plusieurs votes ont eu lieu : adoption du principe du projet de loi n° 1 (Loi constitutionnelle), adoption du projet de loi n° 7 (réduction de la bureaucratie) sur division, et reports de votes sur les projets de loi n° 9 (laïcité) et n° 3 (transparence syndicale). Une motion de Québec solidaire demandant l'anonymisation des dossiers des locataires non fautifs au Tribunal administratif du logement a été débattue mais son vote reporté. Les députés ont également adopté la prise en considération du rapport du projet de loi n° 15 (système professionnel).

Motion proposant que l'Assemblée demande au gouvernement d'anonymiser les dossiers des locataires reconnus non fautifs par le Tribunal administratif du logement

Le débat porte sur une motion de Québec solidaire demandant l'anonymisation des dossiers des locataires reconnus non fautifs au Tribunal administratif du logement (TAL). L'auteur, M. Fontecilla, argue que la publicité des dossiers décourage les locataires de faire valoir leurs droits par crainte de discrimination lors de futures recherches de logement, citant des exemples de propriétaires utilisant ces informations. Il mentionne que quatre provinces canadiennes anonymisent déjà ces données. Le gouvernement de la CAQ s'oppose, invoquant le principe de transparence judiciaire, l'effet dissuasif de la publicité contre les abus, le fardeau administratif et le manque de données probantes. L'opposition officielle (PLQ) vote contre, évoquant l'équilibre entre protection des locataires et transparence. Québec solidaire insiste sur la nécessité de protéger les locataires contre la discrimination et de renforcer la confiance dans le TAL. Le vote est reporté au lendemain.

Projet de loi n° 3 — Loi visant à améliorer la transparence, la gouvernance et le processus démocratique de diverses associations en milieu de travail #2

Le débat sur l'adoption du projet de loi n° 3, visant à améliorer la transparence, la gouvernance et le processus démocratique des syndicats, a opposé les députés de l'opposition (PQ, QS) au gouvernement caquiste. Les opposants dénoncent une ingérence dans l'autonomie syndicale, une complexité administrative excessive et une atteinte à la mission de justice sociale des syndicats. Ils critiquent la distinction entre cotisations principales et facultatives, qui limiterait la capacité des syndicats à contester des lois en justice et à mener des actions sociales. Le député de Québec solidaire a souligné des gains obtenus en étude détaillée (assouplissement des audits, clarification sur les élus syndicaux), mais juge que le cœur du projet – les cotisations facultatives – est inopérant. Le député de Saint-Jérôme (ex-caquiste) regrette que le projet n'aille pas assez loin pour démocratiser les syndicats. Tous les partis d'opposition ont annoncé leur vote contre, tandis que la CAQ soutient le texte.

Projet de loi n° 9 — Loi sur le renforcement de la laïcité au Québec

Le projet de loi n° 9, présenté par le ministre Roberge, vise à renforcer la laïcité au Québec en interdisant les pratiques religieuses dans les institutions publiques, les salles de prière dans les cégeps et universités, et en étendant les principes de laïcité aux CPE et écoles privées subventionnées. Il précise également que l'éducation doit se faire à visage découvert, interdit les menus religieux imposés, et donne des balises claires aux municipalités. La députée libérale Maccarone critique le projet, le jugeant inutile et disproportionné, faute de preuves d'un problème généralisé. Elle souligne les impacts négatifs sur le réseau de la petite enfance, déjà en crise de recrutement, et dénonce l'utilisation préemptive de la clause dérogatoire. Elle plaide pour un moratoire et annonce que le Parti libéral votera contre.

Projet de loi n° 13 — Loi visant à favoriser la sécurité et le sentiment de sécurité de la population et modifiant diverses dispositions

Dans le cadre de la prise en considération du rapport de la commission sur le projet de loi n° 13, la députée de Westmount—Saint-Louis (Jennifer Maccarone) a souligné le travail en commission, malgré des divergences. Elle a noté l'ouverture du ministre à améliorer un projet de loi qualifié d'imparfait. Les discussions ont porté sur le registre des délinquants sexuels à haut risque, avec des inquiétudes sur l'absence de preuves scientifiques, les risques de vigilantisme et la protection des victimes. Des amendements ont été adoptés pour informer les victimes des procédures. D'autres sujets abordés : l'encadrement des manifestations près des résidences d'élus, la lutte contre le crime organisé (interdiction des patches, révision annuelle des listes), le transfert des contrôleurs routiers armés au MSP, et la reconnaissance d'un registre de police autochtone. La députée a regretté le rejet d'un amendement baissant la limite d'alcool à 0,05, mais salué des modifications sur la protection dans les sports de combat. Le rapport a été adopté.

Nommer Mme Christina Turcot secrétaire générale adjointe de l'Assemblée nationale

Le texte ne contient aucune intervention relative à la nomination de Mme Christina Turcot comme secrétaire générale adjointe de l'Assemblée nationale. Les échanges portent sur des motions sans préavis (immigration, économie, décrets de convention collective) et des avis sur les travaux des commissions, sans lien avec le sujet indiqué.

M. Fontecilla

M. Fontecilla, député de Québec solidaire, critique la gestion de la crise du logement par la CAQ, illustrée par le cas de Mme Jubinville qui consacre 90 % de son revenu à un loyer dit abordable. Il dénonce le projet de loi n° 7, qualifié de mammouth, qui manque selon lui de preuves d'efficacité et propose des fusions hasardeuses (INSPQ, INESSS, fonds communautaires) sans consultations, menaçant l'indépendance de la Commission des droits de la personne et la stabilité des organismes communautaires. Il s'oppose aussi au transfert des surplus du Fonds d'électrification et de changements climatiques vers le Fonds des générations. Enfin, il plaide pour l'anonymisation des locataires non fautifs dans les décisions du Tribunal administratif du logement (TAL) afin de prévenir la discrimination, citant des pratiques courantes au Canada et des exemples concrets d'enquêtes pré-location. Il rejette l'argument de la transparence judiciaire, soulignant que le contenu des décisions reste accessible.

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M. Leduc

M. Leduc dépose deux pétitions : l'une demande le maintien du cadre législatif sur les décrets de conventions collectives, l'autre presse le gouvernement d'intensifier les négociations avec les paramédics et de reconnaître leur profession comme essentielle. Il intervient ensuite longuement sur le projet de loi n° 3, qu'il qualifie de « brouillon » et affirme avoir obtenu plusieurs amendements malgré son opposition. Il souligne des gains sur les audits financiers (allègements pour les petits syndicats et les syndicats regroupés), sur la publication des rapports (site web plutôt qu'envoi individuel), sur la définition des élus syndicaux (exclusion des délégués et des comités non exécutifs) et sur la réduction de 24 à 12 heures de la période de vote. Il critique sévèrement les dispositions sur les cotisations facultatives, les jugeant inapplicables et juridiquement fragiles. Il annonce voter contre le projet de loi n° 3 et s'inquiète également du projet de loi n° 27, qui selon lui affaiblira la santé-sécurité dans la construction.

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Mme Dufour

Mme Dufour, porte-parole de l'opposition officielle en matière d'habitation, s'oppose à la motion de Québec solidaire sur l'anonymisation des données au Tribunal administratif du logement (TAL) en raison du principe de transparence judiciaire. Elle critique la gestion de la crise du logement par le gouvernement, notamment le concept de logements abordables intermédiaires, l'abandon d'AccèsLogis, l'absence de réduction des coûts de construction (notamment la TVQ), et les lacunes du calcul des loyers. Elle annonce voter contre le projet de loi n° 3 sur la gouvernance syndicale, qu'elle juge paternaliste et autoritaire, imposant un fardeau administratif disproportionné et limitant le rôle des syndicats en matière de justice sociale. Elle cite des exemples concrets de complexité dans la distinction entre cotisations principales et facultatives.

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Mme Maccarone

Mme Maccarone a d'abord rendu hommage à Casper Bloom, avocat et ancien bâtonnier de Montréal, soulignant son engagement pour l'accès à la justice et la défense des minorités. Elle a ensuite critiqué le projet de loi n° 9 sur la laïcité, affirmant que le Parti libéral du Québec soutient la laïcité mais s'oppose à une approche punitive et à l'utilisation préemptive de la clause dérogatoire. Elle a questionné la nécessité du projet de loi, estimant qu'il crée des problèmes là où il n'y en a pas, notamment en imposant des restrictions aux éducatrices en CPE, qui ne sont pas des employés de l'État. Elle a souligné les priorités réelles des Québécois – santé, éducation, logement – et déploré l'absence d'étude d'impact. Enfin, elle a discuté d'un projet de loi omnibus sur la sécurité publique, mentionnant des amendements concernant le registre des délinquants sexuels, les manifestations, et la reconnaissance des polices autochtones.

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M. Gagnon

M. Gagnon salue les interventions de la députée de Mille-Îles et de la députée de Mercier sur la transparence et les histoires touchantes en habitation. Il met en valeur les réalisations de son gouvernement dans sa circonscription de Jonquière : après un incendie majeur en 2022, un projet pilote de blocs modulaires a livré 52 logements à coût et délais respectés; une coopérative, Loge m'entraide, est en attente du financement fédéral; et un projet de 23 logements pour besoins particuliers à Chicoutimi a vu le jour après 20 ans. Il défend ensuite les mesures du projet de loi n° 31, sanctionné en février 2024, qui renforcent les droits des locataires : obligation pour le locateur d'obtenir l'autorisation du tribunal pour évincer, indemnités calculées sur la durée d'occupation, dommages-intérêts punitifs pour fausses informations, plafonnement du loyer dans les nouveaux immeubles pour cinq ans, protection contre les logements impropres, et représentation par une personne de choix. Il conclut que ce projet de loi simplifie la vie des locateurs et locataires.

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