SumInfo

Séance du 19 février 2026

Mme Caron
22%
M. Leduc
6%
M. Charette
6%
Mme Setlakwe
5%
Mme Dufour
5%

Résumé & points clés

11 cartes

Résumé de la séance

Ce débat parlementaire couvre plusieurs enjeux d'actualité. L'opposition critique le gouvernement caquiste pour le fiasco SAAQclic, le fardeau fiscal des PME, l'explosion des coûts de la collecte sélective, le manque de transparence sur le projet Marinvest, l'inscription du droit à l'avortement dans la constitution, les compressions budgétaires en santé et la gestion des projets de transformation numérique. Le gouvernement défend son bilan, annonce des mesures d'atténuation et maintient ses positions. Le débat se conclut par l'adoption du principe du projet de loi n° 15, qui vise à alléger les processus réglementaires des ordres professionnels et à élargir les pratiques en santé. Les motions sans préavis sur la représentation féminine et d'autres sujets sont présentées, certaines adoptées, d'autres sans consentement.

Projet de loi n° 15 — Loi modifiant le Code des professions et d'autres dispositions principalement afin d'alléger les processus réglementaires du système professionnel et d'élargir certaines pratiques professionnelles dans le domaine de la santé et des services sociaux

Le projet de loi n° 15, deuxième volet de la modernisation du système professionnel, vise à alléger les processus réglementaires et à élargir certaines pratiques professionnelles dans le domaine de la santé et des services sociaux. Il modifie le Code des professions et 13 lois, édictant deux règlements. Les consultations ont suscité un accueil favorable des ordres professionnels, avec des notes élevées. Les principaux enjeux incluent l'élargissement des compétences des infirmières, sages-femmes, optométristes, diététistes, et psychothérapeutes, ainsi que des modifications pour permettre à Familiprix d'avoir une marque privée de médicaments. Des préoccupations sont soulevées sur la surfacturation des honoraires des pharmaciens et la fragmentation du marché des génériques. L'opposition (PLQ et QS) appuie le principe mais propose des bonifications, notamment sur les délais d'entrée en vigueur et l'inclusion d'autres professions (chimistes, orthophonistes). Le projet de loi est déféré à la Commission de la santé et des services sociaux pour étude détaillée.

Projets de transformation numérique de l'État #2

Lors du débat sur les projets de transformation numérique de l'État, la députée libérale Mme Setlakwe a interpellé le ministre de la Cybersécurité et du Numérique, M. Bélanger, au sujet des récentes recommandations du juge Gallant sur le fiasco SAAQclic. Elle a proposé la création d'une équipe d'élite ("SWAT team") pour renforcer l'expertise interne, réduire la dépendance aux firmes externes et améliorer la gouvernance des grands projets numériques, citant les échecs de SIFA, DSN et autres. Le ministre a répondu que son ministère travaille déjà dans ce sens, notamment avec la stratégie de souveraineté numérique et les suites du projet de loi n° 82. Il a mentionné des succès comme le portail 0-5 ans et le système de la CCQ, et a affirmé que tout est sous contrôle. En réplique, Mme Setlakwe a contesté cette affirmation, soulignant que le ministre manque de pouvoirs réels et que la ligne d'imputabilité reste floue, appelant à plus de transparence et de reddition de comptes.

Frais associés à la collecte sélective #2

Mme Dufour dénonce la hausse spectaculaire des coûts de la collecte sélective au Québec depuis la réforme de 2021, passant de 328 $ à 955 $ la tonne, soit neuf fois le coût de l'enfouissement. Elle souligne l'impact sur les entreprises (ex: Chocolats Vadeboncoeur, +250 %) et la baisse de service avec le passage aux deux semaines, risquant de décourager les citoyens. Le ministre Charette répond que le système est géré par les producteurs via Éco Entreprises Québec et annonce des ajustements réglementaires prochains. Mme Dufour réclame un mandat d'initiative pour étudier les causes des hausses.

Demander aux différentes formations politiques de poursuivre leurs efforts afin de faire progresser la représentation des femmes à l'Assemblée nationale

L'Assemblée nationale du Québec a adopté à l'unanimité une motion soulignant que la 43e législature compte le plus haut nombre de femmes élues de son histoire. La motion, présentée par Mme Boivin Roy et cosignée par plusieurs députés de différents partis, demande à toutes les formations politiques de poursuivre leurs efforts pour éviter tout recul et continuer à faire progresser la représentation des femmes à l'Assemblée. Le vote a eu lieu par scrutin électronique, avec 93 voix pour, 0 contre et 0 abstention. La motion sera envoyée aux permanences de tous les partis représentés.

Retrait de l'article portant sur le droit à l'avortement du projet de loi constitutionnelle

Le débat oppose Mme Labrie (Québec solidaire) au ministre de la Justice M. Jolin-Barrette (CAQ) au sujet de l'article 29 du projet de loi constitutionnelle, qui inscrit le droit à l'avortement. Mme Labrie demande le retrait de l'article, arguant qu'aucun groupe de femmes, médecin ou juriste ne l'appuie, et que la jurisprudence protège déjà l'avortement comme soin de santé. Elle invoque le danger d'ouvrir la porte à des restrictions et rappelle que l'ancienne ministre de la Condition féminine a reculé sur une initiative similaire. M. Jolin-Barrette défend l'article comme une protection contre les reculs observés ailleurs (ex. États-Unis avec l'invalidation de Roe v. Wade). Il affirme être à l'écoute des consultations terminées la veille et promet d'analyser les recommandations avant de décider. La discussion reste tendue, sans résolution immédiate.

Mme Caron

Mme Caron intervient sur le principe du projet de loi n° 15, qui vise à alléger les processus réglementaires du système professionnel et à élargir certaines pratiques dans le domaine de la santé et des services sociaux. Elle salue l'approche progressive du gouvernement, tout en soulignant que beaucoup de travail reste à faire, notamment sur les 870 règlements existants. Elle appuie l'élargissement des pratiques pour les infirmières, sages-femmes, optométristes, diététistes, et d'autres professionnels, tout en relatant des recommandations d'ordres professionnels pour améliorer l'accès aux soins. Elle attire l'attention sur des enjeux comme les honoraires pharmaceutiques élevés dans le secteur privé, les risques de fragmentation du marché des médicaments génériques si l'ouverture à des marques privées n'est pas suffisamment balisée, et l'importance d'un dossier de santé numérique pour assurer l'interdisciplinarité. Elle mentionne également des préoccupations sur l'opposabilité des règlements adoptés par les ordres et la nécessité de publicité des normes. Globalement, elle se dit favorable au principe du projet de loi.

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M. Leduc

M. Leduc, député de Québec solidaire, intervient sur le projet de loi n° 15, qu'il juge consensuel et bien accueilli par les ordres professionnels, mais perfectible. Il salue l'objectif d'alléger les processus réglementaires et d'élargir les pratiques pour améliorer l'accès aux soins. Il note une nouvelle culture de collaboration entre les ordres. Cependant, il propose plusieurs bonifications : élargir les pratiques des sages-femmes et des podiatres, encadrer les surfacturations des pharmaciens, permettre aux orthophonistes et audiologistes de vendre des appareils auditifs, et réduire le délai d'entrée en vigueur de 18 mois à 3 mois. Il met en garde contre l'argument d'un futur troisième projet de loi pour éviter d'améliorer celui-ci. Québec solidaire votera pour le principe et proposera des amendements.

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M. Charette

M. Charette intervient sur trois sujets principaux. D'abord, à propos du rapport sur la SAAQ, il affirme que le gouvernement a été floué par quelques personnes, que le nouveau PDG a présenté des excuses et que l'opposition sélectionne des extraits du rapport à son avantage. Ensuite, il défend le soutien aux médias locaux et régionaux dans le cadre du système de collecte sélective, soulignant les exemptions et remboursements accordés, et annonce des ajustements réglementaires à venir. Enfin, il explique la modernisation du système de recyclage géré par les producteurs (responsabilité élargie), qui a permis de résoudre la crise du recyclage, tout en reconnaissant des impacts financiers pour certaines entreprises. Le gouvernement travaille avec Éco Entreprises Québec pour atténuer ces effets et éviter un retour à l'enfouissement. Il critique aussi l'opposition pour ses questions répétitives et biaisées.

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Mme Setlakwe

Mme Setlakwe critique sévèrement le gouvernement caquiste pour le fiasco SAAQclic, estimé à au moins 1,1 milliard de dollars, et d'autres projets numériques en déroute (Lexius, guichet unique, SIFA). Elle rappelle que le Parti libéral a proposé en novembre un plan de redressement incluant une équipe d'élite (« SWAT team ») pour renforcer l'expertise interne, recommandation reprise par le juge Gallant. Elle somme le ministre de déposer un projet de loi pour créer cette équipe et dénonce l'absence d'imputabilité et de transparence dans la gestion des grands projets. Elle souligne que le gouvernement, majoritaire depuis huit ans, n'a pas pris les mesures nécessaires pour éviter ces gaspillages.

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Mme Dufour

Mme Dufour critique la réforme de la collecte sélective du ministre, qui a entraîné une explosion des coûts : de 328 $ à 955 $ la tonne, soit neuf fois plus cher que l'enfouissement. Elle souligne l'impact sur les médias et les entreprises, comme les Chocolats Vadeboncoeur (hausse de 250 %) et la fromagerie Boivin (500 %). Le changement de collecte aux deux semaines risque de décourager les citoyens. Elle a déposé un mandat d'initiative pour enquêter sur les causes. Elle corrige aussi une affirmation erronée du ministre concernant sa candidature rejetée par la CAQ.

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