SumInfo

Séance du 17 février 2026

Mme Zaga Mendez
11%
M. Paradis
10%
M. Grandmont
8%
M. Kelley
8%
M. Julien
6%

Résumé & points clés

11 cartes

Résumé de la séance

Le débat parlementaire du 17 février 2026 à l'Assemblée nationale du Québec a été marqué par plusieurs thèmes dominants. En période de questions, l'opposition a vivement critiqué le gouvernement caquiste sur le fiasco de la SAAQclic, l'opposition accusant le premier ministre et ses ministres d'avoir été informés des dépassements de coûts dès 2023, ce que le gouvernement a nié, renvoyant la responsabilité aux dirigeants de la SAAQ et à l'ancien gouvernement libéral. Le débat sur l'abolition du Programme de l'expérience québécoise (PEQ) a également été houleux, l'opposition et même des candidats à la chefferie de la CAQ réclamant une clause grand-père, tandis que le ministre de l'Immigration a défendu le nouveau Programme de sélection des travailleurs qualifiés (PSTQ) en blâmant Ottawa pour l'incertitude des permis de travail. Le troisième lien entre Québec et Lévis a été abordé, Québec solidaire dénonçant les coûts et l'absence de consensus, pendant que le ministre des Transports a reporté toute décision après la course à la chefferie de la CAQ. En motions sans préavis, une motion sur la réforme de la Loi sur le lobbyisme a été adoptée à l'unanimité. Deux projets de loi ont été adoptés sur le principe: le projet de loi n° 11 sur l'allègement réglementaire et le projet de loi n° 5 sur l'accélération des autorisations pour les grands projets, ce dernier ayant suscité de vives critiques de Québec solidaire quant aux risques environnementaux et démocratiques. Enfin, le projet de loi n° 111 modernisant la Loi sur les coopératives a été adopté définitivement avec l'appui de tous les partis.

Projet de loi n° 5 — Loi visant à accélérer l'octroi des autorisations requises pour la réalisation des projets prioritaires et d'envergure nationale

Le projet de loi n° 5, présenté par le ministre des Finances (CAQ), vise à accélérer l'octroi des autorisations pour des projets jugés prioritaires et d'envergure nationale, en créant un processus simplifié et une autorisation unique. La CAQ argue que cela renforcera l'autonomie et la prospérité du Québec. Le Parti libéral appuie le principe mais réclame des consultations préalables et une définition plus stricte des critères de désignation, notamment en matière d'acceptabilité sociale. Québec solidaire s'oppose fermement, dénonçant un contournement des normes environnementales, une concentration de pouvoirs discrétionnaires et une menace pour l'État de droit et les droits autochtones. Le deuxième groupe d'opposition (Parti Québécois) appuie le principe mais critique l'ampleur des pouvoirs accordés au ministre et l'absence de garanties pour les consultations et la reddition de comptes. Le principe est adopté sur division et le projet est déféré à la Commission des finances publiques.

Projet de loi n° 11 — Loi modifiant diverses dispositions principalement aux fins d'allègement du fardeau réglementaire et administratif

Dans le débat sur le principe du projet de loi n° 11, M. Kelley, député de Jacques-Cartier, exprime un soutien prudent. Il reconnaît que le projet de loi réduira le fardeau réglementaire de 200 millions de dollars, mais critique le gouvernement pour avoir ajouté 2,4 milliards de dollars de paperasse depuis 2018. Il cite des données de la Fédération canadienne des entreprises indépendantes : 90 % des entrepreneurs ressentent un stress lié aux règlements et 68 % ne recommanderaient pas de lancer une entreprise. Il soulève des problèmes concrets comme l'obligation de timbres pour les cidreries, l'interdiction d'acheter des pommes entre producteurs, et le fardeau linguistique découlant de la loi 96. Il mentionne aussi les préoccupations des municipalités sur le transport en commun et des Premières Nations sur la consultation et la gestion des forêts. Il annonce son vote favorable au principe, mais promet des amendements en étude détaillée.

Projet de loi n° 111 — Loi modernisant la Loi sur les coopératives et modifiant d'autres dispositions

Le ministre délégué au Développement économique régional, M. Girard, a présenté l'adoption finale du projet de loi n° 111, qui modernise la Loi sur les coopératives non financières. Il a souligné l'importance des coopératives au Québec et les quatre axes de la réforme : réaffirmation du caractère distinctif, insertion de nouvelles dispositions, amélioration de la gouvernance et harmonisation législative. La députée de Notre-Dame-de-Grâce, Mme McGraw, a salué la collaboration et listé quatre avancées : reconnaissance explicite du caractère distinctif, réserve pour ristournes éventuelles, notion de coopérative d'intérêt collectif et officialisation des coopératives à but non lucratif. Six amendements de l'opposition ont été adoptés. Le projet de loi a été adopté à l'unanimité.

Rapport de la Commission d'enquête sur la gestion de la modernisation des systèmes informatiques de la Société de l'assurance automobile du Québec #2

Lors du débat sur le rapport de la Commission d'enquête Gallant concernant la modernisation des systèmes informatiques de la SAAQ (SAAQclic), le député de Jean-Talon (M. Paradis) accuse le gouvernement caquiste d'avoir su dès 2021 les dépassements de coûts et d'avoir menti aux Québécois, citant les pages 495-496 du rapport. Le ministre des Transports (M. Julien) rejette ces accusations, imputant la crise à l'absence de contre-pouvoirs instaurée par le Parti québécois en 2014 et affirmant que le gouvernement a été victime de mensonges de la part de dirigeants de la SAAQ. La présidente rappelle à l'ordre M. Paradis pour un mot au lexique.

Souligner les Journées de la persévérance scolaire

L'Assemblée nationale a adopté à l'unanimité une motion soulignant les Journées de la persévérance scolaire, qui se dérouleront du 16 au 20 février 2026 sous le thème « La persévérance, ça mène loin ». La motion rend hommage aux élèves qui persévèrent malgré les défis, salue l'engagement des équipes-écoles, parents et organismes communautaires, et réitère que la persévérance scolaire repose sur la mobilisation de toute la collectivité québécoise.

Mme Zaga Mendez

Dans son intervention sur le principe du projet de loi n° 5, Mme Zaga Mendez s'oppose fermement au texte, qu'elle qualifie de « projet de contournement » plutôt que d'accélération. Elle dénonce l'absence de liste de projets, le manque de transparence et le risque de chèque en blanc pour les contribuables, citant l'exemple de Northvolt. Elle soulève plusieurs préoccupations : menace pour les terres agricoles (CPTAQ, UPA), atteintes irréversibles à l'environnement (travaux préliminaires avant évaluation), affaiblissement de l'État de droit et des contre-pouvoirs, absence de garanties pour les droits des Premières Nations, et centralisation des décisions au ministère des Finances. Elle critique la définition vague des projets stratégiques et l'incertitude juridique. Elle annonce que son groupe ne signera pas de chèque en blanc et qu'ils suivront le dossier de près en commission.

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M. Paradis

M. Paradis critique le gouvernement caquiste pour sa gestion du scandale SAAQclic, soulignant que le rapport Gallant démontre que le gouvernement savait depuis 2021 et a continué à cacher la vérité. Il propose une motion sur le recours à McKinsey et les lacunes de la loi sur le lobbyisme. Sur le projet de loi n° 5 (accélération des projets prioritaires), il annonce un vote favorable au principe mais émet des réserves quant aux pouvoirs discrétionnaires du ministre, au manque de reddition de comptes et à l'absence de consultation des Premières Nations. Il insiste sur le maintien des normes environnementales et sur la nécessité de solutions globales plutôt que de dérogations. Enfin, il relie le projet de loi n° 5 au projet de loi n° 11 sur l'allègement réglementaire, s'interrogeant sur la cohérence gouvernementale.

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M. Grandmont

M. Grandmont critique le projet de troisième lien, qu'il qualifie de symbole du naufrage du bon sens, et dénonce les positions de la CAQ et du Parti libéral. Il s'oppose fermement au projet de loi n° 5, qui vise à accélérer les autorisations pour des projets prioritaires, arguant qu'il affaiblit la protection de l'environnement, les droits des travailleurs et l'État de droit. Il propose plutôt d'investir dans le transport collectif et l'entretien des infrastructures, comme le pont de Québec. Il annonce que sa formation politique votera contre ce projet de loi.

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M. Kelley

Lors de son intervention, M. Kelley souligne que le projet de loi est un pas dans la bonne direction mais insuffisant face à l'augmentation du fardeau administratif sous la CAQ, qu'il chiffre à 2,4 milliards $ depuis 2018. Il cite des exemples concrets de paperasse excessive : les timbres obligatoires pour les cidreries, l'interdiction pour les producteurs de cidre d'acheter des pommes localement, les contraintes liées à la loi 96 (Office de la langue française), et les obstacles dans le transport en commun. Il évoque aussi les préoccupations des Premières Nations sur les consultations et la gestion forestière. Il note que le projet de loi réduirait le fardeau de 200 millions $, mais que beaucoup reste à faire. Il appuie le principe mais annonce des amendements en étude détaillée.

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M. Julien

M. Julien défend la position du gouvernement sur le rapport Gallant concernant la SAAQ, affirmant que des mensonges scients de quelques dirigeants, sans contre-pouvoir, ont causé le fiasco. Il rejette les accusations d'intervention politique, citant Me Tremblay. Il souligne que le fractionnement n'est pas conclu par le rapport. Concernant le troisième lien, il explique que le corridor central a été choisi en juillet, mais que la course à la chefferie de son parti crée une incertitude qui retarde l'appel aux consortiums. Il qualifie ce débat de sain et démocratique. Il met en avant les investissements records de 164 milliards en infrastructures, dont 85 % en maintien d'actif en transport, et les avancées en transport collectif (REM, ligne bleue, TramCité). Il critique le précédent gouvernement péquiste pour avoir affaibli la reddition de comptes en 2014.

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